Tuesday, July 19, 2005

TN janvier 2004

Le nouveau retour du Tokyo News, auquel une fois encore on ne croyait plus, victime de l’éternel dilemme: on ne peut pas vivre les choses et les raconter en même temps. D’un point de vue professionnel, c’est quelque chose qu’a visiblement du mal à comprendre mon bigboss, fanatique du reporting, pour employer l’anglicisme que ce type plus manager que fonctionnaire, et plus directif que compréhensif, nous assène à tour de réunions, au demeurant aussi insipides que chronophages. Et d’un point de vue privé, c’est un paradoxe que j’ai bien du mal à gérer. De fait, ce mois de janvier 2004 a été riche en événements assez intenses, globalement positifs, mais qui ne m’ont laissé le temps ni de m’ennuyer ni de vous raconter ma vie dans les détails. Du coup, j’ai l’impression de ne commencer l’année que maintenant. C’est donc avec un mois de retard que je reprends contact avec la plupart d’entre vous et que je vous présente mes voeux de bonheur pour 2004. Et il ne me reste déjà plus que 11 mois pour accomplir mes nouvelles « bonnes résolutions », que je n’ai d’ailleurs pas encore définies mais enfin c’est une autre histoire...

Isabelle vient de partir. Je l’ai raccompagnée samedi matin (31/01) à l’aéroport de Narita, d’où son vol Air France est parti à 12h35. Petit serrement de coeur, mais pas d’effusions pour ces enièmes adieux, qui n’en étaient d’ailleurs sans doute pas, puisque nous devrions nous revoir dans quelques mois, et resterons en contact d’ici-là.

Quand Isabelle est arrivée au Japon, le 9 janvier, j’étais déjà en congés depuis 1 semaine. J’en ai profité pour aller faire du snowboard avec Olivier, mon ancien collègue CSN d’Osaka, qui a lui aussi émigré à Tokyo, où il apprend le japonais et enseigne le français. Nous sommes partis 4 jours à Hakuba, une station de la région de Nagano. Logés dans un ryokan (auberge japonaise) très confortable, donnant sur la place centrale du petit village, à 5 minutes des pistes en bus, nous avons mené une vie saine et vertueuse : sport sur les pistes toute la journée, bain chaud au onsen de l’auberge (source d’eau chaude naturelle), nourriture abondante et équilibrée. En fait j’ai rarement autant bâffré... à chaque repas, nous dévorions jusqu’au dernier d’une quinzaine de plats japonais, grands et petits ; sauf au petit déjeuner, où seul le nattô (haricots gluants fermentés dont l’odeur rappelle la chaussette de GI après 5 jours de marche forcée dans les marécages) avait raison de notre appétit, ce qui n’empêchait pas l’auberge de nous en resservir tous les matins. Le temps était magnifique, sauf une journée de brouillard bien épais (on n’y voyait pas à 5 mètres) avec de sporadiques chutes de neige (et d’abondantes chutes de corps). Et surtout : pratiquement personne sur les pistes, tout le monde ayant pris des congés plus ou moins forcés juste avant, pour o-shôgatsu, le Nouvel an japonais (qui dure 3 jours). Bref : que du bonheur...

Je n’étais pas encore remis de mes courbatures, qu’Isa a débarqué à Tokyo pour 3 semaines, dont la première coïncidait avec mes dernières vacances. Nous avons consacré les 3 premiers jours au repos pour l’un et l’autre, à quelques visites dans Tokyo, et à un rêve que nous n’avions pu réaliser auparavant, car il faut réserver ses places plusieurs semaines à l’avance : la visite du Musée des Studios Ghibli, ceux-là mêmes qui ont produit des chefs d’oeuvres de l’animation japonaise comme Nausicaa, Le Château dans le Ciel, ou plus récemment Princesse Mononoké et Le Voyage de Chihiro.

Le lendemain (13/01), nous sommes partis de Tokyo pour un voyage dans le Japon de l’Ouest, avec dans l’idée de commencer par 2 jours de visite de Kanazawa, une ville moyenne au bord de la Mer du Japon, puis de continuer par quelques jours à Osaka, afin de revoir quelques amis que nous avons laissés là-bas. Mais dès le début du voyage, c’est la tuile : lors d’un changement de train, je perds mon portefeuille, qui a glissé de ma poche. Bilan rapide : outre une multitude de cartes de fidélité plutôt inutiles, j’ai perdu 15 000 yens (120 euros), ma carte bleue, ma carte bancaire japonaise, mon permis de conduire et surtout mon précieux passeport que je garde toujours sur moi, ce qui est une grosse bêtise (pour rester poli...), bien fait pour moi. Même si je gardais l’espoir qu’on me le retrouve, comme cela est fréquent au Japon, dans l’immédiat l’absence de portefeuille remet en cause nos vacances. Il ne reste que quelques milliers de yens à Isa, ce qui sera insuffisant pour payer l’hôtel, sans compter les autres frais. Heureusement, il nous reste les billets de train, y compris le trajet retour. Tant pis, nous écourterons notre séjour à Kanazawa, mais on va se débrouiller pour ne pas se priver de ces vacances dont nous avions un grand besoin, et une énorme envie (comme le Nesquik).

Le voyage en train jusqu’à Kanazawa, à travers les montagnes puis le long de la Mer du Japon, est à la fois spectaculaire et déprimant : c’est la première fois que nous quittons la mégalopole orientale, et la « face nord », couverte de neige et battue par des vents d’une violence étonnante, nous semblerait presque hostile. La voie ferrée trace son chemin au milieu de hameaux industriels sinistrement déserts. Arrivés en début d’après-midi à la gare de Kanazawa, on s’organise : une dame de l’office de tourisme, très gentille, nous guide dans les démarches à faire. Je fais opposition sur mes cartes de crédit et me fais envoyer un peu d’argent d’un ami par la poste, juste avant la fermeture (heureusement qu’on n’était pas en France...). Il me reste à faire ma déclaration de perte à la police locale. Nous prenons le bus à la nuit tombée et nous retrouvons bientôt dans la salle d’attente du commissariat central, où les bandes dessinées et les photos de tanuki (sorte de raton-laveur japonais prétendument magique) ne font pas très sérieux. Les policiers qui nous accueillent non plus. Ils sont gentils, légèrement amusés et visiblement pas pressés.

Enfin, à la nuit tombée, sous un vent terrible qui retourne les parapluies et projette sur nous quelques premiers flocons de neige, nous rejoignons le petit ryokan que j’avais réservé. Nous y sommes accueillis sans enthousiasme excessif, ce qui contraste avec les débordements de politesse louables mais souvent à la limite du ridicule et auxquels les Japonais nous avaient habitués jusque là, au moins dans les commerces. L’auberge traditionnelle est simple mais authentique. Il doit y avoir moins d’une dizaine de chambres, mais il semble que nous soyons quasiment les seuls locataires, et nous pourrons profiter d’un bon furo (bain japonais) pour nous tous seuls ! Il fait froid, mais au bout de quelques minutes de chauffage au maximum, la chambre devient un lieu très agréable, où l’on peut enfin desserrer les fesses après tout ce stress, y’a plus rien qui presse... sauf nos estomacs qui crient « famine, famiiine ! ». Nous demandons à l’aubergiste une adresse pour manger pas trop cher, vu l’état de nos finances. Elle passe un coup de téléphone, et l’affaire est réglée : une amie à elle, grand’mère qui tient un petit boui-boui dans le coin, accepterait de nous préparer à manger pour moins de 1000 yens par personne (8 euros). Lorsque nous entrons dans la gargotte en question, nous sommes quelque peu sceptiques : il s’agit d’un bar minuscule de 6 places au plus, où de la jolie vaisselle japonaise voisine avec une décoration d’un goût hasardeux, et animé par la télé en fond ainsi que quelques vieux un peu miteux qui se servent de la bière directement dans le frigo. De l’autre côté du comptoir se tient la « mama », dont le visage rouge indique qu’elle n’aime pas laisser ses clients boire tous seuls... Mais lorsque, 1 heure plus tard, nous ressortons, nous nous sommes fait de nouveaux amis, et accessoirement nous avons le ventre plein de takenoko-gohan (riz aux pousses de bambou), de mariné de navet, algues et poisson fondant. Finalement, Takako (c’est le petit nom de la vieille) nous aura fait le tout pour 1000 yens à deux, en nous offrant, en plus, de la viande, du fromage, le thé, de la bière, des bonbons pour la route, et un bon bout de conversation bien sympathique ! Les gens de Kanazawa ont en commun avec les Coréens une chaleur humaine et un accent traînant et chantant... peut-être parce que les deux régions se font face ? Excellent souvenir en tous cas, qui réchauffe le coeur et le corps. Elle est à toi, cette chanson, toi la mémé de Kanazawa qui sans façons...

Le lendemain, nous avons un plan de bataille chargé : il nous faut visiter Kanazawa dans la journée, avant de rentrer à Osaka. Pendant cette journée, nous allons rentabiliser chaussures de neige, gants, anoraks et parapluie. Le temps est étrange, avec des mini tempêtes de neige et des moments de grand beau temps en alternance... voire en simultané ! La neige elle-même est bizarre, on dirait de gros morceaux de polystyrène, qui rebondissent par terre ou sur nos parkas quand il nous tombent dessus à l’improviste. En une journée, grâce au bus qui dessert les principales destinations touristiques, nous arrivons à visiter ce que nous voulons : le Kenrokuen (l’un des 3 plus célèbres jardins du Japon, effectivement magnifique malgré le froid), le quartier de Teramachi et son Myôryûji (ancien temple appartenant à une secte qui en a fait une place forte, truffée de chausses-trapes et de passages secrets, qui lui ont valu son surnom de « maison des ninjas »), le quartier des samouraïs (visite d’une maison), pause à midi pour un okonomi-yaki (omelette japonaise) excellent et vraiment pas cher, puis visite du Oyama-jinja (ancien château reconverti en sanctuaire, doté d’un jardin particulièrement charmant), et enfin, à la nuit tombée, le quartier de geishas de Chaya-higashi (visite d’une maison et des alentours). Autant vous dire que dans le train qui nous emporte vers Osaka, on dort à poings fermés (et enfin dégelés).

A Osaka, nous logeons chez Motomi, une amie d’Isabelle rencontrée dans son cours de danse lorsque nous habitions encore là-bas. Comme de nombreux Japonais célibataires, Motomi habite encore chez ses parents. Ceux-ci nous reçoivent comme des rois, et en plus d’avoir un toit gratuit, nous avons l’impression d’appartenir à la famille. Nous y passerons 3 jours et 4 nuits, durant lesquels nous serons nourris, enfin, gavés par une mère qui semble dévouée corps et âme à sa cuisine, et un père qui nous grondait presque sous prétexte qu’on ne mangeait pas assez (et pourtant on faisait des efforts) ! Ils nous ont aussi emmenés dans un izakaya (échoppe japonaise entre le bar et le restaurant), puis dans un onsen public très grand. Après le bain, Isabelle et Motomi sont allées se faire masser, tandis que j’essayais un fauteuil de massage automatique d’une efficacité étonnante, avec le frère de Motomi. Le samedi (17/01), cette dernière nous a emmenés en voiture à Tsuboyama, un site perdu dans les montagnes de Nara, préfecture voisine. Nous avons bien cru que ce serait notre tout dernier voyage : Motomi conduit mal, et le mot est faible. Nous l’avons tout d’abord prise pour une inconsciente, jusqu’à ce qu’en chemin elle nous annonce, avec un aplomb et une lucidité qui forcent le respect : « de toute façon, je sais que je vais mourir bientôt d’un accident de voiture ». Heureusement, ce jour n’est pas encore venu, et nous avons donc pu admirer, à Tsuboyama, un paysage mystifiant, époustouflant : caché dans la montagne, mêlé à la forêt, se trouve un temple qui tente de renouer avec le bouddhisme originel, en cultivant ses relations avec l’Inde. Cela donne un résultat surprenant dans l’architecture, avec un mélange de pagodes aux couleurs chatoyantes, de fresques hindoues garnies d’arabesques peu communes aux temples japonais, et un bouddha couché (autre particularité) qui semblait dormir paisiblement, à moitié enfoui sous la neige. Celle-ci décuplait le charme du lieu, et nous découvrions ces merveilles au fur et à mesure de notre avancée dans le brouillard. De retour à la réalité, nous avons été invités par les gens du temple à préparer avec eux le mochi (friandise en pâte de riz) pour le lendemain, qui était un jour spécial d’offrandes. Nous avons donc maladroitement apporté notre maigre contribution, nous mettant de la farine partout, aux côtés de vieillards aveugles bien plus efficaces que nous. Le fondateur du temple, aujourd’hui décédé, avait en effet entrepris de recueillir des personnes âgées mal- ou non-voyantes, et le temple est réputé pour soigner les maladies de la vue. Je ne sais pas si c’est efficace, mais du moins ces gens y trouvent-ils un foyer, de la nourriture et de la chaleur humaine. Encore une expérience qui met du baume au coeur...

Bon, je m’arrête là pour ce soir. J’essaierai cette semaine de compléter ce récit, mais là j’en ai marre... Je n’ai pas envie de reprendre le boulot, mais je sais que je ne suis pas le seul. Alors bon courage à nous tous et à bientôt !

(SUITE)

La semaine dernière, je vous ai lâchement abandonnés alors que Motomi, Isabelle et moi étions en train de préparer du mochi avec des vieux aveugles (pardon, des personnes du troisième âge non-voyantes, dit-on en langage politiquement correct) dans un temple eneigé (pardon, recouvert d’une forme solide de H2O). Il faut croire que cette visite en des lieux sacrés aura eu des effets bénéfiques, puisque nous sommes arrivés au bout du chemin du retour sains et saufs, malgré les efforts déployés par Motomi dans plusieurs tentatives d’accidents. Je crois avoir compris qu’elle se guide aux coups de klaxon que lui adressent les autres automobilistes dans leurs réflexes de survie. Nous arrivons donc à bon port, juste à temps pour retrouver, dans un restaurant, une dizaine d’amis, japonais et français. Pour notre dernière virée à Osaka, nous avons en effet organisé un petit dîner de yakiniku (viande grillée, de boeuf principalement), malgré la psychose de certains sur l’ESB, relancée récemment par la découverte de cas aux Etats-Unis, dont on fait semblant d’être surpris... Et encore, c’était avant la grippe du poulet ! Enfin, ça ne nous a pas empêché de passer une soirée très sympathique, mais bien trop courte pour profiter de ces amis précieux, dont on ne sait pas quand on les reverra. D’autant que, comme la plupart des soirées au Japon, celle-ci s’est terminée prématurément lorsque, après un bref passage dans un café, tout le monde s’est dépêché d’aller attraper le dernier métro (à Osaka, vers 23h30 ; à peine plus tard à Tokyo). L’autre solution aurait été de faire une nuit blanche, mais ça nous aurait condamné à passer le lendemain à nous reposer – nous sommes plus si jeunes... – or nous avions d’autres projets.

Le lendemain, nous partons donc d’Osaka tôt – pour un dimanche – et notre shinkansen arrive à Tokyo en fin de matinée. Nous sommes le 18 janvier, un dimanche, et le lendemain je reprends le boulot. Histoire d’en profiter jusqu’au bout, nous passerons ce dernier après-midi sur un salon de l’animation japonaise, dont nous avions appris l’existence presque par hasard. On y trouve entre autres des bandes-annonces de futurs chefs-d’oeuvre du genre (pour ceux que ça intéresse : Apple Seed, Innocence par les créateurs de Ghost in the Shell), des rétrospectives, des conférences, des stands où les artistes dédicacent à tour de bras... ou encore les fameux cosplay, ces adultes qui se déguisent en personnages de leurs films ou séries de dessins animés préférés, hauts en couleurs, à tous les sens du terme. En gros, les attractions vivantes sont presque plus nombreuses que les visiteurs « normaux », dont nous estimions faire partie.

La reprise du boulot n’a pas été ce qu’il est convenu d’appeler une franche partie de rigolade. Semaine chargée, et surtout pas la tête à ça. Difficile de s’y remettre ! Mais une fois rentré le soir, déconnection : on se regarde un film, en vidéo (Nausicaa, Le Château dans le Ciel, Victor Victoria, Mad Dog & Glory...) ou au cinéma (Last Samurai), on dîne avec un copain japonais (Masa, pour ceux qui le connaissent). Et le weekend, nous continuons à visiter Tokyo : un parc par-ci (Ueno et son zoo, Yoyogi et ses cosplay – encore ! – déjà évoqués dans le TN de novembre 2003), un aquarium par là (Tokyo Sea Life Park, moins commercial que le Tokyo Disney Sea qui s’est installé tout proche)... sans oublier bien sûr l’indispensable karaoke, dont nous ne nous sommes pas privés ! Les 2 dernières semaines du séjour d’Isabelle sont ainsi passées agréablement... et malheureusement bien vite.

Pour sa dernière soirée (vendredi 30/01), nous sommes allés visiter Shimokitazawa, un quartier jeune et sympa de Tokyo. Un peu excentré, cet endroit qui s’anime vers les 22 heures regorge de petits restaurants pas trop chers, de bars originaux et de boutiques de fringues branchées. Pour le dernier resto d’Isabelle au Japon, nous avons jeté notre dévolu et déchaîné notre appétit tout d’abord sur de la nourriture bien japonaise (buta-katsu-teishoku), avant de satisfaire notre ama-kuchi (goût pour les sucreries) avec un passage au Mister Donut du coin. Le seul regret d’Isabelle aura été de quitter le Japon sans avoir regoûté au tchoko-pafé (de « chocolate parfait », un dessert dont le nom ne présage rien de bon pour le régime) qui l’avait tant séduite lors de son précédent séjour.

Le lendemain, je raccompagne Isa à l’aéroport (cf. épisode précédent). Je passerai le reste du weekend à faire des corvées (qui a dit « Tokyo News » ?) utiles, mais qui n’aident pas à remonter le moral, du genre ménage, lessive et autres trucs qui s’étaient accumulés depuis 3 semaines...

Depuis, pas grand chose de passionnant. Je mène ma petite barque sur la mer du boulot, où la houle m’emporte parfois dans le creux de la vague, sans coup de tabac trop méchant pour l’instant. Juste une légère impression de voguer en eaux troubles et une petite inquiétude face à un horizon un peu flou qui pourrait bien cacher de gros nuages noirs annonciateurs de tempête... L’île de stabilité où Isabelle et moi nous sommes donnés rendez-vous pour 3 semaines était paradisiaque, mais un peu artificielle, sachant d’avance qu’elle était qu’une escale dans une Odyssée où nous ne faisons que nous croiser. Car à la différence d’Ulysse, j’ai déjà cédé depuis bien longtemps ma raison aux sirènes du Japon. J’essaie désormais de maintenir le cap bien droit entre Charybde et Scylla, et vogue la galère. Oups, j’ai laissé filer ma métaphore un peu loin, désolé pour ceux qui ont le mal de mer...

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