Friday, May 25, 2007

Un narticle

Chers zamis,
Partagez-vous mon impression que la campagne des législatives n'existe pas ? Les voix de la pluralité démocratique, forcément étouffées entre les deux tours, devraient être reparties de plus belle depuis la fin de l'élection présidentielle. Pourtant, aujourd'hui on n'entend parler que le gouvernement (qui promet non seulement de raser gratis, mais aussi peigner, épiler, tondre, égaliser et lubrifier, avant de nous la mettre bien profond à coup de droite décomplexée dans la France qui se lève pauvre).
On a l'impression qu'il n'y a rien en face ; l'opposition serait anéantie, tétanisée. Un lapin dans les phares d'une bagnole. Un pêcheur thaï devant la vague bleue du tsunami. Certes le PS est dévasté, payant pas tant sa défaite (pas si lamentable) que ses guéguerres internes et son manque de soutien à Ségo. Mais y'a bien autre chose à gauche (et même à droite, merde!) ? J'ai pas franchement l'impression qu'ils aient dans les médias la place qu'ils mériteraient.
En parlant de mérite... (parfaitement subjectif parce que ça dépend toujours qui manie le bâton et la carotte) j'en viens au fait : la Ségo a perdu parce qu'elle n'a jamais été crédible pour contredire Sarko sur sa morale. Bin tiens, à force de braconner sur les terres du nain, elle s'est bien faite droit-de-cuissager.
Il faut dire que c'est devenu très difficile de contredire les arguments des pro-Sarko, à cause déjà de leur exaspérante inaptitude à se remettre en question (douter? mais t'es pédé ou quoi?), mais aussi de l'apparente cohérence de leur discours pseudo-pragmatique (action! changement!) en fait surtout bâti sur les idées reçues d'une idéologie malsaine, qui ont malheureusement conquis beaucoup de gens de bonne foi, droits et honnêtes.
Je vous recommande donc cet article qui recentre le débat sur la question de la morale, dont découlent toutes les autres en politique ; c'est un poil long (au moins celui-là on va pas nous le raser), mais de plus en plus pertinent au fil de la lecture : http://www.journaldumauss.net/spip.php?article93
Sur ce, a+ et bon ouik

PS : en parlant de morale !!! Je viens de m'étrangler devant les infos (
20h de France2, 25 mai) : le bouclier fiscal (voté depuis 2005) ne serait pas efficace car seulement 2% des contribuables concernés ont effectivement demandé à en bénéficier (info du Figaro!). Le problème est qu'à l'heure actuelle, ce système impose quand même au contribuable richissime de venir réclamer son cadeau au fisc, avec ainsi le risque d'attirer l'attention sur la façon dont il a obtenu et gère sa fortune. Si on enlève 1% de rupins qui acceptent - par conviction ou condescendance - de contribuer plus, 1% (et je suis large) dont le conseiller fiscaliste est étourdi ou feignant, et 1% qui ne peuvent plus demander parce qu'ils sont morts entretemps d'une crise de rire en pensant aux pauvres qui ont voté Sarko, il en reste quand même 95% qui auraient pu faire la demande mais qui n'ont pas la conscience tranquille ! Mais qu'ils se rassurent, le nouveau gouvernement leur a promis la suppression prochaine de cette fastidieuse formalité avec la possibilité de calculer eux-mêmes leur ristourne ! Incontestablement, une mesure sanitaire d'urgence pour améliorer la vie de cette population si vulnérable des bouclier-fiscalisables, qui rappelons-le représentent actuellement 0,15% des Français.
Décodage pour les autres : quand Sarko dit qu'il vous aime, c'est à la broche.

Wednesday, April 04, 2007

Ca part de là !

C'est officiel, y'a jamais eu autant d'inscrits en France sur les listes électorales, et si la participation suit (ce qui n'est pas gagné), le futur président de la république française pourra se vanter d'avoir mobilisé les foules. C'est le fruit de campagnes de sensibilisation et d'éducation peut-être, de l'électrochoc "Le Pen 2002" sans doute, du tapage médiatique évidemment. Sûrement pas de la qualité des candidats (quoique : "wahou, lui il parle vrai!" "oaah, elle, trop bonnasse!"), ni de la clarté de l'enjeu : la droite qui chasse sur les terres de la gauche, la gauche qui lorgne sur le fonds de commerce de la droite, et le centre qui n'a jamais fait autant d'émules.
Alors comme ça on pousse les gens à s'inscrire sur les listes électorales pour aller voter. Ca me rappelle les dizaines de milliers de "jeunes" entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2002, se retrouvant le pif boutonneux dans la merde fasciste, à se dire "ah bah flûte alors, si j'aurais su j'aurais voté au 1er tour", se promettant qu'on ne les y reprendrait plus, et on allait voir ce qu'on allait voir le moment venu. On a vu : aux législatives suivantes, raz de marée de droite, sur fond d'absention massive des jeunes partis bronzer. Ca m'a énormément déçu. J'attendais mieux. J'avais tort : c'est une évidence que seul le danger ressenti comme immédiat peut pousser les gens sans convictions à agir. Evidence qu'on peut résumer par l'axiome suivant : quand t'as fini de péter, le poil il se recolle au cul. But it's not my point.
My point is : si les gens ne veulent pas voter, s'ils ne savent pas pour qui voter, à quoi bon les y obliger ? Faudrait avoir une idée sacrément tordue de la démocratie ! Si on les pousse sans que ça vienne sincèrement d'eux, que signifiera ce vote ? Sûrement pas une expression de volonté. Et quelle chance pour qu'ils ne fassent pas une grosse connerie en votant dans le flou ou l'urgence ? Et on pourra même pas vraiment leur en vouloir, puisqu'ils votaient sans conviction ! Mais surtout, ils vont voter nécessairement pour quelqu'un qui ne les représente pas ! Peut-on envisager plus con, comme démocratie ? Au final, de qui est-ce que ça ferait le jeu, à part de ceux qui seront élus et qui se pavaneront avec leur pseudo-représentativité (je n'ose évoquer 82% de Chirac... bin tant pis, voilà c'est fait) alors que pas un électeur sur 10 ne connaît leur pensée, leur programme, leur personnalité ? Et après, que feront-ils de ces petits agneaux qui les ont gentiment élus mais qui ne s'intéressent pas à la politique ?
L'action de voter, et le contenu de ce vote, c'est le fruit d'une réflexion. Sur ceux qui s'abstiennent, combien le font pour de bonnes raisons, c'est à dire suite à une démarche réellement réfléchie et assumée ? C'est pas pour autant qu'il faut foutre la paix aux non-votants en se disant "le vote, autant le réserver à une élite qui sait voter (c'est à dire comme moi)". Il faut commencer par se demander pourquoi ils votent pas. Le genre de réflexion "bah une voix de plus, une voix de moins..." c'est évidemment pas satisfaisant, c'est le même genre qui amène à rester au pieu une minute de plus en se disant que c'est pas cette minute qui va nous mettre en retard (du vécu quotidien...). Idem pour "bah (oui, chez moi les agneaux, ils font "baaah"), bah moi je m'intéresse pas à la politique". Je suis pas sûr qu'ils réalisent que posséder un droit de vote individuel induit une putain de responsabilité vis à vis de la collectivité. Et que même s'ils pensent être en-dehors du jeu, leur non-voix a autant d'effet que la voix de n'importe quel autre : elle augmente l'impact de chacun des suffrages exprimés, et elle prive d'une voix le candidat qui en fait les représenterait le moins mal, ou mieux, qu'il auraient amené, par leur action jusque là, à les représenter. Quant au "tous pourris", peut-être bien mais contrairement aux vrais agneaux qui ne choisissent pas le berger, les citoyens ont les dirigeants qu'ils méritent. Qu'ils le veulent où non, ils ne peuvent pas échapper à cette responsabilité individuelle au devenir collectif : quoiqu'ils fassent, ils porteront une part du fardeau du résultat final. Alors autant s'impliquer. Et si on abstient, faut que ce soit une réelle décision, pleinement assumée.
Deuxième temps alors : comment s'intéresser, décrypter ? Le manque d'intérêt, c'est le plus souvent une méconnaissance. Aujourd'hui, les choix politiques ont des conséquences sur nos vies et sur le monde entier, du prix de l'essence à la pompe jusqu'aux cataclysmes. Y'a guère que les plaques tectoniques et les orbites célestes sur lesquels l'homme n'a pas d'influence, mais ça devrait se faire un jour. Par définition, on ne peut pas ne pas être concerné par une élection. C'est là que commencent les voeux pieux... : faire naître un intérêt pour les sujets, attiser, cultiver cet intérêt, lui donner des occasions de s'exprimer, le lier sans arrêt au concret. Confronter sans cesse les pensées, expliquer les enjeux qui sont derrière, qu'il existe une véritable différence, éthique, philosophique, entre la gauche et la droite. Comment ? Là, je sens que je vais réinventer la roue : les clubs, les partis, les blogs, et le café du commerce... mouais. L'éducation civique dans les écoles... bon début, mais trop tôt pour la plupart. Faudrait déjà avoir eu l'occasion d'une expérience professionnelle, d'exercer des responsabilités, pour s'intéresser vraiment à la politique (contrairement à l'intérêt pour le pouvoir, qui est inné). Toute personne majeure devrait déjà avoir eu ce début de vécu des réalités économiques et sociales. C'est l'intérêt d'instaurer un service civique, qui pourrait être obligatoire et un prérequis pour atteindre la majorité (qui ne serait plus nécessairement liée à l'âge).
Ensuite comment poursuivre l'effort, une fois entré dans la vie active ? La tête dans le guidon qui abrutit les uns, les montagnes de fric qui déconnectent les autres (ou les mêmes) : le boulot n'est pas en lui-même la garantie d'une construction d'un "soi" politque épanoui. L'entreprise n'est clairement pas non plus le lieu pour parler de politique, dans un débat libre, constructif et sans a priori. Ca n'est pas une critique, mais un constat : au mieux, elle est un lieu d'expérimentation, mais d'autant plus déformé qu'il est travaillé lui-même par des rapports de force dont la violence peut aller jusqu'à exclure le dialogue. A banir aussi, des lieux où les masses se rencontrent, pour écouter un leader d'opinion leur dire ce qu'ils ont envie d'entendre. Merci, pour ça y'a les églises. Par contre, je peux imaginer des universités où tout citoyen continuerait d'aller régulièrement écouter et discuter avec des professeurs, simples catalyseurs d'idées, qui amènent à réfléchir, à penser par soi-même, à remettre en cause constamment ses convictions... Au bout d'un moment de ce "travail" de la pensée, il y a nécessairement une réflexion propre qui se crée et se construit, une philosophie pratique qui non seulement permet, mais aussi incite naturellement à prendre les décisions par soi-même et en connaissance de cause. Qui aujourd'hui peut, en se regardant en face, revendiquer ce luxe ?
Enfin, les élections sont un moment important d'une démocratie, mais je me demande si c'est vraiment le plus important : si les électeurs ne restent pas constamment vigilants, les choses se décident de toute manière sans considération ni respect pour eux (à part, justement, à l'approche des élections suivantes). D'où l'intérêt de maintenir en éveil la conscience politique de tous les majeurs à travers ces "universités populaires".

Sunday, January 14, 2007

Voeux 2007


Courroucouccou à tous,

L'année c'est comme le Beaujolais, c'est la nouveauté qui se fête. Du coup me revoilà dans vos boîtes e-mails. Après parfois une longue absence.

Pour ceux que ça gonfle de lire in extenso mes élucubrations vaseuses, une fois encore je vous donne le résumé au début :

BONNE ANNEE, BONNE SANTE, MEILLEURS VOEUX, JE VOUS AIME !!

Vous le constatez, je n'ose même plus appeler ça Tokyo News. En fait de news, c'est devenu quasiment-annuel ; et c'est presque jamais Tokyo vu que ça fait belle lurette que je n'y raconte plus que mes vacances, en France ou ailleurs (vous allez voir, cette fois c'est ailleurs).

TOKYO-SEOUL-PUSAN-TOKYO
Pour le passage à l'an 2007, j'étais en Corée. Du Sud, je précise, c'est à dire la plus dangereuse, puisqu'avec le Japon, elle est la grande favorite pour se prendre le nouveau joujou nucléaire de sa soeur du Nord sur le coin de la tête. J'avais également peur d'y être mal vu en tant que Français, vu la sordide histoire de la maman expatriée à Séoul qui a congelé ses bébés. Heureusement pour moi, Zidane règne en maître indisputé de l'image de la France à l'étranger, au moins pour les autochtones que j'ai rencontrés là-bas. Ils avaient peut-être peur de prendre un coup de boule. Peut-être même les plus observateurs d'entre eux se disaient-ils que c'est à force de défoncer des cages thoraciques avec le front qu'était venue la calvitie. Surtout qu'on dit des Coréens qu'ils sont "les Italiens de l'Europe", parce qu'ils ont un tempérament bouillant et sanguin (ce qui est incorrect, ce sont les Espagnols qui ont le Sancho). Je craignais, enfin, la réputation de la bouffe locale qui explose les papilles, met les lèvres à vif et ronge les gencives. J'ai effectivement dégusté, et pas toujours dans le bon sens du terme. Le plus doux, c'était encore la pieuvre fraîchement découpée dont les tentacules encore "vivants" vous ventousent les dents, la langue et le palais.
Surtout que la bouffe était l'objectif principal de cette petite escapade de 3 jours organisée avec une dizaine de copains de mon club de taekwondo. Comme lors de mes 2 premiers séjours à Séoul, j'ai beaucoup apprécié la ville, moins stressée que Tokyo bien que tout aussi bordélique ou presque. En fait c'est assez similaire au Japon, et à la fois très différent. Et si nous, Occidentaux, avons du mal à distinguer les Coréens des Japonais (c'est quasiment impossible : on dirait des Chinois), dans les commerces de Séoul les touristes nippons se font repérer en un clin d'oeil. Par nécessité d'ailleurs, les commerçants parlent plutôt le japonais, alors que chez les jeunes c'est surtout l'anglais. Quant au caractère "latin" des Coréens, je crois que c'est parce qu'ils sont juste plus naturels et spontanés que les Japonais, moins commerçants et grossiers que les Chinois (je ne prétends pas connaître la Chine, mais c'est ce que j'en comprends).
Entre deux arrêts gastronomiques et une halte dans les magasins de souvenirs, nous faisions un peu de tourisme. Nous avons notamment visité le parc DaeJangGeum (ne comptez pas sur moi pour la prononciation), reconstitution de la Cour royale coréenne du XVe siècle, à 1 heure de route du centre de Séoul. En fait il s'agit du plateau de tournage d'une soupe-opérette historico-télévisée qui a rencontré il y a deux ou trois ans de ça un succès phénoménal en Asie. Une fois le feuilleton dans la boîte, plutôt que de démonter les bâtiments, la chaîne de télé productrice de la série et propriétaire du site a décidé de continuer à le rentabiliser. Le résultat est pas mal, ça fait un vrai village à peine moins grand que l'original, et même si on ne connaît pas l'histoire on peut visiter les différentes pièces, se faire photgraphier en costume d'époque, essayer les instruments de torture, mmh...
Autre visite, instructive : le musée de la guerre. Très intéressant, à condition de prendre un minimum de recul. Je m'attendais à quelque chose de pacifiste, genre "oh, chez nous beaucoup la guerre, ca pas bon, pas bon du tout, pays beaucoup souffrance, plus jamais ca, caca boudin la maîtresse en maillot de bain". Un peu comme le musée de La Bombe à Hiroshima qui condamne la guerre et dénonce l'armement nucléaire. A Séoul, c'est la désillusion : le site célèbre la bravoure au combat, l'héroïsme, les martyrs, les sacrifices patriotiques, et reconstitue les batailles avec une multitude de détails techniques sur les forces armées en place, manifestement uniquement destinés à ravir les nostalgiques de pan-pan boum-boum ta-ca-ta-ca-tac. C'était naïf de ma part d'oublier que ce pays ne sera officiellement en paix qu'une fois réunifié avec les fadas du Nord.
Le soir du 1er janvier, on s'est autorisés une soirée gastronomico-culturelle de luxe dans une bâtisse traditionnelle au centre de Séoul. Après avoir traversé une cour intérieure toute en pierre, nous nous installons à même le sol chauffé d'une grande salle à manger où nous attend un dîner censé être de la cuisine royale. Les tables sont déjà garnies d'une multitude de petits plats, qu'il nous faut engloutir rapidement pour faire de la place à des ribambelles d'autres, apportés inlassablement par le ballet des serveuses en costumes traditionnels. Bonne surprise, non seulement la bouffe n'est pas trop relevée, mais elle est très fine et aussi agréable à déguster qu'à regarder. Les couleurs vont du rouge violent du kimchi (chou fermenté qui accompagne quasiment tous les repas), au vert vif des légumes, en passant par l'orange crémeux de la soupe à la citrouille, le rose violacé du potage au navet, le jaune poussin des pousses de bambou en salade. Les recettes réussissent la prouesse d'être exotiques tout en étant savoureuses : anguille braisée à la cannelle, émincé de boeuf aux marrons fondants... Je me surprends à m'émerveiller sur ce menu, avec une petite pensée furtive pour ma chère maman qui doit se demander comment j'ai pu en arriver à célébrer ainsi les joies du palais malgré près d'un quart de siècle d'acharnement à m'inculquer l'obscurantisme gastronomique :)
Mon estomac est en train de demander grâce lorsqu'enfin on attaque les desserts, de vrais desserts, sucrés et fruités (pas comme ces honteux ersatz japonais à base de pâte de riz, de thé vert ou de haricots rouges). Puis on nous déplace dans une salle de spectacle pour la deuxième partie de soirée. Je m'attendais à digérer paisiblement devant quelques nourritures culturelles convenues, hermétiques et rapidement ennuyeuses comme la plupart des simagrées extrême-orientales (je ne sais pas si vous avez déjà assisté à du théâtre Nô, mais si on vous propose, évitez de répondre "yes"). Mais là encore, j'ai la bonne surprise de découvrir une diversité et une énergie qu'au Japon on ne retrouve guère que dans le tonnerre des démonstrations de taiko (tambours). Les chants et les danses se succèdent avec toujours un régal de couleurs à dominante bleues, jaunes, et rouges, qui sont celles de la fête en Corée, que je retrouve avec émotion plus de 4 ans après la cérémonie d'ouverture de la Coupe du Monde de football à laquelle j'avais assisté accompagné d'Isabelle. Certaines parties du spectacle sont plus lentes et sobres en apparence, comme cette complainte amoureuse récitée par une cantatrice digne et sensuelle, dont le style formel contrastait avec la hardiesse des paroles (nous avions les sous-titres) : "viens mon aimé goûter la chair rouge que je t'offre, et si tu n'aimes pas je te ferai essayer les abricots sauvages". Pas à dire, ça a une autre gueule que "chaud cacao" d'Annie Cordy ! (la chanteuse a une autre gueule aussi)
Le dernier jour, nous l'avons passé à Pusan, la deuxième ville de Corée. Pusan, c'est un port méridional, un peu la Marseille locale. On y a été pris en charge du début à la fin par le club local de taekwondo, avec qui nous avons fait un entraînement, tout en coréen, faut suivre... Expérience intéressante car très peu d'entre eux parlaient anglais (et moins encore japonais), mais une forte curiosité réciproque qui s'est rapidement transformée en sympathie. Forcément superficiel, mais authentique. Visiblement, ils voulaient faire les choses bien (je crois que mon prof de taekwondo est une sorte de sommité dans son domaine) et ont tenu à nous emmener... dans un resto japonais. C'était marrant de voir ces mastodontes - dont un ancien champion national de boxe et un ex-délégation olympique de lutte - aux petits soins avec nous, un peu empruntés.

NOEL AU JAPON, PAQUES AUX RABANES
Pour me consoler de passer cette année Noël loin de la famille, je me suis réfugié avec quelques copains à Kusatsu, petite station thermale de montagne au nord-ouest de Tokyo. Je n'ai jamais vu d'eaux plus sulfuriques (jaune-vert pâle, et ça sent l'oeuf pourri partout). Grâce au comité d'entreprise d'une amie, nous étions logés dans un chalet tout confort pour une bouchée de pain (rappelons quand même qu'ici la baguette est à 2 euros). Le programme c'était trempette dans les bains chauds et dans le jacuzzi du chalet, ballades autour de la ville, jeux de société, feu de cheminée, échanges de cadeaux, crêpes, fondue au fromage, fondue au chocolat, fondue à la fondue, fondue slip, les Bronzés fondue ski... Pas de fondue bourguignonne, qui reste l'apanage des repas de Noël chez mes parents à Lagnes, on n'y touche pas. Je veux dire, c'est très mangeable (hein, Maman, c'est qui qui se décarcasse!), mais c'est sacré.

BABY BOOM - MAMIE IN BLOOM
Tout à l'heure, je suis allé voir mon copain Masa, qui vient d'être papa pour la deuxième fois ! Un petit garçon nommé Senshin, tout calme, qui roule sur le monde un regard vieux de 10 jours mais déjà désapprobateur. Hier j'étais chez un collègue de bureau qui a un petite fille de 2 mois, et avant-hier je visitais un autre copain dont la femme japonaise a accouché en novembre. Où ça, la dénatalité au Japon ? M'enfin c'est pas comme ça que je vais faire des rencontres de jeunes filles célibataires (ET majeures)... quoique, hier soir, après plus de 2 ans de mitoyenneté en tout bien tout honneur, ma voisine (50 ans) a sonné chez moi pour m'inviter à rejoindre sa "wine party" où elle avait invité quelques amis, dont une "jeune" (40 ans?) designer dans les bras de laquelle elle voulait me pousser, avant de me draguer elle même éhontément. Je ne sais pas si la femme est l'avenir de l'homme, mais les vieux sont l'avenir des jeunes. C'est l'avènement du "silver power" !

ADIOS, BASTA, SAYONARA, ET TOUTE CETTE SORTE DE CHOSES
Pas fâché d'en avoir fini avec 2006. C'aura été une année de routine, plutôt improductive en terme de progression personnelle. Alors que sur mon crâne, cela fait bien longtemps que le front s'est stabilisé, professionnellement c'était un statu comme qui dirait très quo. Il y a bien eu le départ - salutaire - de mon ancienne chef, puis en octobre mon changement de poste au sein de la mission économique, des biens de conso au juridique, à l'occasion du renouvellement de mon contrat pour 3 ans. Mais concrètement, ça veut dire un peu plus de responsabilités, pas plus de salaire, et concernant les horaires effectifs de travail pas vraiment d'amélioration mais bon, mon pays a pris en charge une bonne partie de mes études, alors je lui dois bien quelques heures supp'. Par contre je ne vois toujours pas où ça va me mener. Je me dis que j'ai encore 2 bonnes années pour y réfléchir, mais c'est pas nécessairement gagné d'avance, étant donné que depuis que mon projet de vie n'a pas franchement évolué depuis cette année de CE2 où j'ai renoncé à devenir astronaute.

2006 fut une année de jachère sentimentale aussi. Les choses ont vraiment pris du temps à se tasser.
Au quotidien, le taekwondo reste ma distraction principale, j'arrive à suivre à peu près 2 entraînements sur 3 par semaine. C'est la première fois que je me tiens à un sport pendant plus de 12 mois - ça en fera bientôt 20 - et je constate quand même quelques petits progrès. Evidemment le grand écart, c'est pas pour demain, mais j'ai moins honte de mon équilibre, en fait je pourrais presque jouer dans une pub pour Evian (oui, je sais, la référence date d'un autre siècle...). Les cours de japonais par contre c'est parti complètement en brioche, et depuis que la santé de la mère de Kako, ma prof, s'est aggravée et nécessite une attention permanente de sa part, on arrive à se voir 1 ou 2 fois par mois maximum.

TANOSHIMI
Je me garderai bien, pour terminer, de tout pronostic sur l'année 2007, mais je me contenterai de me réjouir à l'idée de ce qu'elle pourra m'apporter (c'est le sens de "tanoshimi"). Par ailleurs, si l'on en croit les sondages, seulement 1 bonne résolution sur 3 survivant à la première semaine de l'année, je vais donc attendre Noël prochain pour en prendre. Si, d'après le calendrier chinois, 2006 était une année de chien, je découvre avec satisfaction que 2007 sera celle du cochon (ou du sanglier, suivant les pays).

Allez, t
ous ensemble avec moi : GROUIIIIIIIIIIKKK ! (^(..)^)