Autre unité qu'il faudrait organiser : celle des vieux. Il ne me paraît pas normal qu'avec autant de personnes qui ont des problématiques communes (maladie, proximité de la mort, pensions...), leur pouvoir d'achat et la part du gâteau gâteux électoral qu'ils représentent, ils soient autant marginalisés. On ne les entend pas. Je veux dire : au niveau national. Ils ne défilent pas dans la rue, n'ont pas de lobby particulier qui défende leurs intérêts. Ca ne les empêche pas de râler, mais en général c'est contre leur belle-fille plutôt que contre le gouvernement ou le grand capital, pour des histoires assez mesquines concernant les effets néfastes de la météo sur leurs articulations rouillées ou contre la marmaille du quartier qui joue bruillamment au foot contre le mur de leur chambre. Ils ont pourtant forcément des revendications plus nobles et collectives. Mais j'ai l'impression que quand on vieillit, il s'opère un repli individualiste. Je peux comprendre ce choix individuel, à défaut de l'accepter : pour la plupart d'entre eux, ils sont fatigués, désabusés, et n'ont pas d'intérêt rationnel à se battre pour l'avenir. A leur âge, mieux vaut nourrir une espérance égoïste dans l'existence d'une vie après la mort, qu'une aspiration à l'amélioration collective de la vie terrestre.
Mais quand même, ils manquent sérieusement d'organisation collective. J'espère que ça viendra maintenant que les baby boomers arrivent en retraite. Cette génération a pris l'habitude de revendiquer - même si elle n'a pas vraiment connu le manque - et a été celle qui a le plus rêvé à un avenir pacifiste au milieu d'éternels champs de fraises.
Mais quand même, ils manquent sérieusement d'organisation collective. J'espère que ça viendra maintenant que les baby boomers arrivent en retraite. Cette génération a pris l'habitude de revendiquer - même si elle n'a pas vraiment connu le manque - et a été celle qui a le plus rêvé à un avenir pacifiste au milieu d'éternels champs de fraises.
Ce n’est spas par pur altruisme gérontophile que j’en appelle à une plus grande considération envers les vieux dans notre société mais surtout parce que ce serait du gâchis qu'ils soient parvenus jusqu'à cet âge si tout ce qu'ils ont vécu et appris ne servait à rien : autant de ressources en terme d'expérience, de savoir faire, de mémoire, de sagesse… Brassens a cette chanson célèbre "l'âge n'y fait rien à l'affaire : quand on est con, on est con". Offspring aussi (oui, j'ai des goûts musicaux assez variés...), dans son morceau "Elders", interpèle nos aînés qui passent leur temps à nous dire quoi faire mais qui feraient mieux de commencer à suivre eux-mêmes leurs propres conseils : "how does it feel to be like you?".
Je suis donc pour l'utilité sociale des vieux. Sinon on ne va pas les supporter ! Ni nos nerfs ni nos finances. L'idée est bien de les faire bosser après l'âge de la retraite. Ca les aiderait déjà à se maintenir en forme mentale. Et ils y trouveraient sans doute une certaine fierté. Je suis sûr qu'il y a plein de vieux qui se sentent inutiles et dépassés, et qui croient qu'ils ne peuvent plus rien apporter à la société. D'ailleurs s'ils n'ont pas conscience qu'ils sont une charge, il faudrait le leur dire pour les inciter à vouloir continuer d'apporter leur contribution positive. Sans aucune obligation bien sûr. En contrepartie, pour ceux-là qui ont envie d'aider, il faut leur leur faciliter la tâche. Ne serait-ce qu'en les faisant témoigner. Evidemment, pas de travaux physiques pénibles, ni de grandes responsabilités, ni d'horaires contraignants. Ca pourrait être des boulots de formation (soutien scolaire, intervenants dans les classes, les entreprises, les ANPE, les "banlieues"... les maisons de retraite aussi !), d'aide humanitaire de proximité, d'animation culturelle... Je pense que ça se fait déjà à une certaine échelle, mais le principe serait d’institutionnaliser et de faciliter ce système. Et même s'ils n'ont pas la pédagogie, les vieux peuvent être des témoins extrêmement précieux, ils sont des trésors vivants, grands ou petits, forts ou faibles, succès ou échec, ils ont tous un vécu dont on peut forcément apprendre. Comme chaque être humain, mais eux ils ont accumulé en moyenne plus de "valeur".
Je suis donc pour l'utilité sociale des vieux. Sinon on ne va pas les supporter ! Ni nos nerfs ni nos finances. L'idée est bien de les faire bosser après l'âge de la retraite. Ca les aiderait déjà à se maintenir en forme mentale. Et ils y trouveraient sans doute une certaine fierté. Je suis sûr qu'il y a plein de vieux qui se sentent inutiles et dépassés, et qui croient qu'ils ne peuvent plus rien apporter à la société. D'ailleurs s'ils n'ont pas conscience qu'ils sont une charge, il faudrait le leur dire pour les inciter à vouloir continuer d'apporter leur contribution positive. Sans aucune obligation bien sûr. En contrepartie, pour ceux-là qui ont envie d'aider, il faut leur leur faciliter la tâche. Ne serait-ce qu'en les faisant témoigner. Evidemment, pas de travaux physiques pénibles, ni de grandes responsabilités, ni d'horaires contraignants. Ca pourrait être des boulots de formation (soutien scolaire, intervenants dans les classes, les entreprises, les ANPE, les "banlieues"... les maisons de retraite aussi !), d'aide humanitaire de proximité, d'animation culturelle... Je pense que ça se fait déjà à une certaine échelle, mais le principe serait d’institutionnaliser et de faciliter ce système. Et même s'ils n'ont pas la pédagogie, les vieux peuvent être des témoins extrêmement précieux, ils sont des trésors vivants, grands ou petits, forts ou faibles, succès ou échec, ils ont tous un vécu dont on peut forcément apprendre. Comme chaque être humain, mais eux ils ont accumulé en moyenne plus de "valeur".
Pour finir, méditons l’expérience du Japon, laboratoire du monde en ce qui concerne les sociétés vieillissantes : les statistiques notent que la délinquance juvénile recule, mais ce qui augmente, c'est la délinquance... sénile ! Désormais 10% des délinquants ont plus de 65 ans... La plupart du temps les délits commis par cette population qui se paupérise le sont pour l'argent. Faites passer le message : ne laissons pas les vieux sur le bord du chemin, sinon ils vont nous rendre la vie impossible !