Bonjour à tous !
Voici un avant-goût du récit de mes vacances à Okinawa avec Isa, d'ailleurs peut-être qu'il n'y aura pas d'après-goût si je ne trouve pas le temps (on appelle ça aussi "la motivation"^^) pour vous faire la version longue. Ce mail a donc pour objet de vous rassurer sur notre petite existence (non nous n'avons pas été victimes d'un typhon vengeur) et d'essayer de vous faire râler avec quelques photos du petit monde paradisiaque dans lequel nous avons évolué entre le 13 et le 19 septembre.
Le lendemain de l'arrivée d'Isabelle à Tokyo (11 septembre), elle rempile pour 2h30 de voyage direction Naha, l'aéroport d'Okinawa. Okinawa est un ensemble d'îles sub-tropicales (également appelées "Ryukyu" mais tout de suite ça sent moins le soleil) qui s'étendent entre le sud du Japon et Taiwan. Un cinquième du territoire est occupé par des bases militaires américaines, et ça ne fait pas trop plaisir à la population locale (surtout quand, en 1995, des bidasses en virée ont kidnappé une fillette de 12 ans pour la violer...).
Nous passons notre première nuit à Naha, sur l'île principale d'Okinawa, avant de nous rendre, le lendemain, sur l'archipel de Kerama, situé à 2h de ferry. Nous y passerons 1 semaine ensoleillée et crapuleuse, quoiqu'avec un rythme de vie très sain : levés tôt (mais si, 8h30 c'est tôt pour des vacances), repas bons et presque équilibrés (surtout quand préparés par les autochtones), sport (plongée, exploration sous-marine en palmes-masque-tuba, vélo...), et couchés avec les poules. Plus précisément, nous étions sur Zamami, une île d'une centaine d'âmes (si l'on considère que les chats, les chiens, les poissons et les araignées n'en ont pas) et juste assez grande pour avoir tous les jours des secrets à dévoiler.
J'ai fait mon baptême de plongée en bouteilles, accompagné d'Isa, qui a poursuivi par une plongée d'exploration dans des grottes à 15m de profondeur, ce que lui permet son brevet de plongée. Nous avons également fait le tour de l'île à vélo, où nous n'avons rencontré personne, excepté un petit vieux qui suivait le même parcours, tout seul, le bras en écharpe, dans une chaise roulante électrique ornée d'une ombrelle multicolore (genre le fou qui s'est échappé de l'asile). Surréaliste... Le reste du temps nous étions principalement à la plage, histoire de se faire cuire au soleil (3 jours après, j'ai la peau encore parée d'un beau rouge vif et ne devrais plus tarder à me cloquer) et d'observer des poissons multicolores pas du tout effrayés, venant à notre rencontre (sympa sauf quand il s'agit d'un serpent de mer) ou se poursuivant les uns les autres. Parmi la poiscaille observée : des poissons-clowns, des poissons-perroquets, des rascasses, une murène, une seiche, des méduses, une tortue de mer (grosse, donc) et tout un tas de bébêtes dont j'ignore le nom, même en français ; sans parler du corail et ses multiples formes et couleurs. Fascinant...
Nous étions logés les premiers jours dans une auberge un peu excentrée (à 15 mn du village), très sympa mais envahie le soir d'araignées grosses comme la main (oui, ouverte!), du plus mauvais effet lorsque découvertes dans la salle de bains, les toilettes ou les recoins de la chambre. On s'habitue, mais la première nuit on a dormi avec les yeux ouverts... (oui je sais, ça sert à rien dans le noir). On a fait connaissance avec le proprio de l'auberge, un quinqua d'Okinawa bourré, qui jouait du sanshin (une sorte de shamisen (un instrument japonais à 3 cordes)) et racontait des grivoiseries pour épater la galerie, en l'occurrence constituée d'Isa, de moi et d'une poignée de jeunes Japonais très sympas, plongeurs et amis de la nature. Nous avons terminé cette soirée bien arrosée sur la plage, pour observer les "lucioles de mer" (du planction phosphorescent).
La 2ème partie du séjour, nous avons émigré vers une autre pension, mieux équipée pour l'organisation de plongées en bouteille. Le staff était jeune, sympa et très serviable. Nous étions dans le village même, et avons pu y flâner le soir pour y croiser des couples en goguette, des familles Tanaka (Bidochon en japonais) amatrices de feux d'artifices au bord de l'eau, et des dizaines de chats se la coulant douce sous leurs airs faméliques. Au hasard d'une petite impasse, nous avons découvert un charmant restaurant "italien" tenu par un petit vieux édenté et prévenant, du genre maître vénéré d'arts martiaux qui s'est retiré au fin fond d'une petite île pour méditer sur les errements du monde.
D'une manière générale, si les paysages, sur- et sous-marins, étaient magnifiques, les gens étaient tout aussi agréables. Que ce soient les autres touristes (peu nombreux en cette période) ou les autochtones, tout le monde est très décontracté, et on est bien loin du stéréotype des Japonais sophistiqués, stressés et indifférents de la capitale. C'est là qu'on se rend compte que le bronzage et les tongs leur vont beaucoup mieux que le sur-maquillage et les costards-cravates. Sur l'île, tout le monde se salue, très naturellement. Les commerçants sont agréables sans obséquiosité ou "politesse automatique" (ceux qui connaissent le Japon sauront de quoi il est question).
Bref, la semaine est passée très, très vite mais aussi très agréablement. Un bon moyen de fêter mes retrouvailles avec Isa dans les meilleures conditions... Nous sommes revenus hier soir et avons enfin fait un peu de rangement dans l'appartement. Je me prépare à reprendre le... le... (non, je ne vais pas y arriver... c'est trop duuuuuuurrr !!)... le... LE... BOULOT (aaaaarrghghhgeuheueheuuu).... hem, demain, avec l'enthousiasme que vous imaginez, donc ! Quant à Isa, il s'agit désormais pour elle de trouver des leçons particulières de français à donner pour gagner quelques piécettes car ça douille à Tokyo !
En vous souhaitant un très bel automne à tous !!
Aurélien
PS : Bon eh bien finalement on va dire que c'est la version finale ! Par contre je n'ai toujours pas fait le récit de mes aventures dans le nord du Japon (mais j'ai les photos et mon carnet de voyage...), ni de celles vécues avec les 3 zouaves venus fin août me rendre visite... (tiens et s'ils le faisaient eux-mêmes? si leur carnet est retrouvé...;-))
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