ossan's buloggu

Friday, May 25, 2007

Un narticle

Chers zamis,
Partagez-vous mon impression que la campagne des législatives n'existe pas ? Les voix de la pluralité démocratique, forcément étouffées entre les deux tours, devraient être reparties de plus belle depuis la fin de l'élection présidentielle. Pourtant, aujourd'hui on n'entend parler que le gouvernement (qui promet non seulement de raser gratis, mais aussi peigner, épiler, tondre, égaliser et lubrifier, avant de nous la mettre bien profond à coup de droite décomplexée dans la France qui se lève pauvre).
On a l'impression qu'il n'y a rien en face ; l'opposition serait anéantie, tétanisée. Un lapin dans les phares d'une bagnole. Un pêcheur thaï devant la vague bleue du tsunami. Certes le PS est dévasté, payant pas tant sa défaite (pas si lamentable) que ses guéguerres internes et son manque de soutien à Ségo. Mais y'a bien autre chose à gauche (et même à droite, merde!) ? J'ai pas franchement l'impression qu'ils aient dans les médias la place qu'ils mériteraient.
En parlant de mérite... (parfaitement subjectif parce que ça dépend toujours qui manie le bâton et la carotte) j'en viens au fait : la Ségo a perdu parce qu'elle n'a jamais été crédible pour contredire Sarko sur sa morale. Bin tiens, à force de braconner sur les terres du nain, elle s'est bien faite droit-de-cuissager.
Il faut dire que c'est devenu très difficile de contredire les arguments des pro-Sarko, à cause déjà de leur exaspérante inaptitude à se remettre en question (douter? mais t'es pédé ou quoi?), mais aussi de l'apparente cohérence de leur discours pseudo-pragmatique (action! changement!) en fait surtout bâti sur les idées reçues d'une idéologie malsaine, qui ont malheureusement conquis beaucoup de gens de bonne foi, droits et honnêtes.
Je vous recommande donc cet article qui recentre le débat sur la question de la morale, dont découlent toutes les autres en politique ; c'est un poil long (au moins celui-là on va pas nous le raser), mais de plus en plus pertinent au fil de la lecture : http://www.journaldumauss.net/spip.php?article93
Sur ce, a+ et bon ouik

PS : en parlant de morale !!! Je viens de m'étrangler devant les infos (
20h de France2, 25 mai) : le bouclier fiscal (voté depuis 2005) ne serait pas efficace car seulement 2% des contribuables concernés ont effectivement demandé à en bénéficier (info du Figaro!). Le problème est qu'à l'heure actuelle, ce système impose quand même au contribuable richissime de venir réclamer son cadeau au fisc, avec ainsi le risque d'attirer l'attention sur la façon dont il a obtenu et gère sa fortune. Si on enlève 1% de rupins qui acceptent - par conviction ou condescendance - de contribuer plus, 1% (et je suis large) dont le conseiller fiscaliste est étourdi ou feignant, et 1% qui ne peuvent plus demander parce qu'ils sont morts entretemps d'une crise de rire en pensant aux pauvres qui ont voté Sarko, il en reste quand même 95% qui auraient pu faire la demande mais qui n'ont pas la conscience tranquille ! Mais qu'ils se rassurent, le nouveau gouvernement leur a promis la suppression prochaine de cette fastidieuse formalité avec la possibilité de calculer eux-mêmes leur ristourne ! Incontestablement, une mesure sanitaire d'urgence pour améliorer la vie de cette population si vulnérable des bouclier-fiscalisables, qui rappelons-le représentent actuellement 0,15% des Français.
Décodage pour les autres : quand Sarko dit qu'il vous aime, c'est à la broche.

Wednesday, April 04, 2007

Ca part de là !

C'est officiel, y'a jamais eu autant d'inscrits en France sur les listes électorales, et si la participation suit (ce qui n'est pas gagné), le futur président de la république française pourra se vanter d'avoir mobilisé les foules. C'est le fruit de campagnes de sensibilisation et d'éducation peut-être, de l'électrochoc "Le Pen 2002" sans doute, du tapage médiatique évidemment. Sûrement pas de la qualité des candidats (quoique : "wahou, lui il parle vrai!" "oaah, elle, trop bonnasse!"), ni de la clarté de l'enjeu : la droite qui chasse sur les terres de la gauche, la gauche qui lorgne sur le fonds de commerce de la droite, et le centre qui n'a jamais fait autant d'émules.
Alors comme ça on pousse les gens à s'inscrire sur les listes électorales pour aller voter. Ca me rappelle les dizaines de milliers de "jeunes" entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2002, se retrouvant le pif boutonneux dans la merde fasciste, à se dire "ah bah flûte alors, si j'aurais su j'aurais voté au 1er tour", se promettant qu'on ne les y reprendrait plus, et on allait voir ce qu'on allait voir le moment venu. On a vu : aux législatives suivantes, raz de marée de droite, sur fond d'absention massive des jeunes partis bronzer. Ca m'a énormément déçu. J'attendais mieux. J'avais tort : c'est une évidence que seul le danger ressenti comme immédiat peut pousser les gens sans convictions à agir. Evidence qu'on peut résumer par l'axiome suivant : quand t'as fini de péter, le poil il se recolle au cul. But it's not my point.
My point is : si les gens ne veulent pas voter, s'ils ne savent pas pour qui voter, à quoi bon les y obliger ? Faudrait avoir une idée sacrément tordue de la démocratie ! Si on les pousse sans que ça vienne sincèrement d'eux, que signifiera ce vote ? Sûrement pas une expression de volonté. Et quelle chance pour qu'ils ne fassent pas une grosse connerie en votant dans le flou ou l'urgence ? Et on pourra même pas vraiment leur en vouloir, puisqu'ils votaient sans conviction ! Mais surtout, ils vont voter nécessairement pour quelqu'un qui ne les représente pas ! Peut-on envisager plus con, comme démocratie ? Au final, de qui est-ce que ça ferait le jeu, à part de ceux qui seront élus et qui se pavaneront avec leur pseudo-représentativité (je n'ose évoquer 82% de Chirac... bin tant pis, voilà c'est fait) alors que pas un électeur sur 10 ne connaît leur pensée, leur programme, leur personnalité ? Et après, que feront-ils de ces petits agneaux qui les ont gentiment élus mais qui ne s'intéressent pas à la politique ?
L'action de voter, et le contenu de ce vote, c'est le fruit d'une réflexion. Sur ceux qui s'abstiennent, combien le font pour de bonnes raisons, c'est à dire suite à une démarche réellement réfléchie et assumée ? C'est pas pour autant qu'il faut foutre la paix aux non-votants en se disant "le vote, autant le réserver à une élite qui sait voter (c'est à dire comme moi)". Il faut commencer par se demander pourquoi ils votent pas. Le genre de réflexion "bah une voix de plus, une voix de moins..." c'est évidemment pas satisfaisant, c'est le même genre qui amène à rester au pieu une minute de plus en se disant que c'est pas cette minute qui va nous mettre en retard (du vécu quotidien...). Idem pour "bah (oui, chez moi les agneaux, ils font "baaah"), bah moi je m'intéresse pas à la politique". Je suis pas sûr qu'ils réalisent que posséder un droit de vote individuel induit une putain de responsabilité vis à vis de la collectivité. Et que même s'ils pensent être en-dehors du jeu, leur non-voix a autant d'effet que la voix de n'importe quel autre : elle augmente l'impact de chacun des suffrages exprimés, et elle prive d'une voix le candidat qui en fait les représenterait le moins mal, ou mieux, qu'il auraient amené, par leur action jusque là, à les représenter. Quant au "tous pourris", peut-être bien mais contrairement aux vrais agneaux qui ne choisissent pas le berger, les citoyens ont les dirigeants qu'ils méritent. Qu'ils le veulent où non, ils ne peuvent pas échapper à cette responsabilité individuelle au devenir collectif : quoiqu'ils fassent, ils porteront une part du fardeau du résultat final. Alors autant s'impliquer. Et si on abstient, faut que ce soit une réelle décision, pleinement assumée.
Deuxième temps alors : comment s'intéresser, décrypter ? Le manque d'intérêt, c'est le plus souvent une méconnaissance. Aujourd'hui, les choix politiques ont des conséquences sur nos vies et sur le monde entier, du prix de l'essence à la pompe jusqu'aux cataclysmes. Y'a guère que les plaques tectoniques et les orbites célestes sur lesquels l'homme n'a pas d'influence, mais ça devrait se faire un jour. Par définition, on ne peut pas ne pas être concerné par une élection. C'est là que commencent les voeux pieux... : faire naître un intérêt pour les sujets, attiser, cultiver cet intérêt, lui donner des occasions de s'exprimer, le lier sans arrêt au concret. Confronter sans cesse les pensées, expliquer les enjeux qui sont derrière, qu'il existe une véritable différence, éthique, philosophique, entre la gauche et la droite. Comment ? Là, je sens que je vais réinventer la roue : les clubs, les partis, les blogs, et le café du commerce... mouais. L'éducation civique dans les écoles... bon début, mais trop tôt pour la plupart. Faudrait déjà avoir eu l'occasion d'une expérience professionnelle, d'exercer des responsabilités, pour s'intéresser vraiment à la politique (contrairement à l'intérêt pour le pouvoir, qui est inné). Toute personne majeure devrait déjà avoir eu ce début de vécu des réalités économiques et sociales. C'est l'intérêt d'instaurer un service civique, qui pourrait être obligatoire et un prérequis pour atteindre la majorité (qui ne serait plus nécessairement liée à l'âge).
Ensuite comment poursuivre l'effort, une fois entré dans la vie active ? La tête dans le guidon qui abrutit les uns, les montagnes de fric qui déconnectent les autres (ou les mêmes) : le boulot n'est pas en lui-même la garantie d'une construction d'un "soi" politque épanoui. L'entreprise n'est clairement pas non plus le lieu pour parler de politique, dans un débat libre, constructif et sans a priori. Ca n'est pas une critique, mais un constat : au mieux, elle est un lieu d'expérimentation, mais d'autant plus déformé qu'il est travaillé lui-même par des rapports de force dont la violence peut aller jusqu'à exclure le dialogue. A banir aussi, des lieux où les masses se rencontrent, pour écouter un leader d'opinion leur dire ce qu'ils ont envie d'entendre. Merci, pour ça y'a les églises. Par contre, je peux imaginer des universités où tout citoyen continuerait d'aller régulièrement écouter et discuter avec des professeurs, simples catalyseurs d'idées, qui amènent à réfléchir, à penser par soi-même, à remettre en cause constamment ses convictions... Au bout d'un moment de ce "travail" de la pensée, il y a nécessairement une réflexion propre qui se crée et se construit, une philosophie pratique qui non seulement permet, mais aussi incite naturellement à prendre les décisions par soi-même et en connaissance de cause. Qui aujourd'hui peut, en se regardant en face, revendiquer ce luxe ?
Enfin, les élections sont un moment important d'une démocratie, mais je me demande si c'est vraiment le plus important : si les électeurs ne restent pas constamment vigilants, les choses se décident de toute manière sans considération ni respect pour eux (à part, justement, à l'approche des élections suivantes). D'où l'intérêt de maintenir en éveil la conscience politique de tous les majeurs à travers ces "universités populaires".

Sunday, January 14, 2007

Voeux 2007


Courroucouccou à tous,

L'année c'est comme le Beaujolais, c'est la nouveauté qui se fête. Du coup me revoilà dans vos boîtes e-mails. Après parfois une longue absence.

Pour ceux que ça gonfle de lire in extenso mes élucubrations vaseuses, une fois encore je vous donne le résumé au début :

BONNE ANNEE, BONNE SANTE, MEILLEURS VOEUX, JE VOUS AIME !!

Vous le constatez, je n'ose même plus appeler ça Tokyo News. En fait de news, c'est devenu quasiment-annuel ; et c'est presque jamais Tokyo vu que ça fait belle lurette que je n'y raconte plus que mes vacances, en France ou ailleurs (vous allez voir, cette fois c'est ailleurs).

TOKYO-SEOUL-PUSAN-TOKYO
Pour le passage à l'an 2007, j'étais en Corée. Du Sud, je précise, c'est à dire la plus dangereuse, puisqu'avec le Japon, elle est la grande favorite pour se prendre le nouveau joujou nucléaire de sa soeur du Nord sur le coin de la tête. J'avais également peur d'y être mal vu en tant que Français, vu la sordide histoire de la maman expatriée à Séoul qui a congelé ses bébés. Heureusement pour moi, Zidane règne en maître indisputé de l'image de la France à l'étranger, au moins pour les autochtones que j'ai rencontrés là-bas. Ils avaient peut-être peur de prendre un coup de boule. Peut-être même les plus observateurs d'entre eux se disaient-ils que c'est à force de défoncer des cages thoraciques avec le front qu'était venue la calvitie. Surtout qu'on dit des Coréens qu'ils sont "les Italiens de l'Europe", parce qu'ils ont un tempérament bouillant et sanguin (ce qui est incorrect, ce sont les Espagnols qui ont le Sancho). Je craignais, enfin, la réputation de la bouffe locale qui explose les papilles, met les lèvres à vif et ronge les gencives. J'ai effectivement dégusté, et pas toujours dans le bon sens du terme. Le plus doux, c'était encore la pieuvre fraîchement découpée dont les tentacules encore "vivants" vous ventousent les dents, la langue et le palais.
Surtout que la bouffe était l'objectif principal de cette petite escapade de 3 jours organisée avec une dizaine de copains de mon club de taekwondo. Comme lors de mes 2 premiers séjours à Séoul, j'ai beaucoup apprécié la ville, moins stressée que Tokyo bien que tout aussi bordélique ou presque. En fait c'est assez similaire au Japon, et à la fois très différent. Et si nous, Occidentaux, avons du mal à distinguer les Coréens des Japonais (c'est quasiment impossible : on dirait des Chinois), dans les commerces de Séoul les touristes nippons se font repérer en un clin d'oeil. Par nécessité d'ailleurs, les commerçants parlent plutôt le japonais, alors que chez les jeunes c'est surtout l'anglais. Quant au caractère "latin" des Coréens, je crois que c'est parce qu'ils sont juste plus naturels et spontanés que les Japonais, moins commerçants et grossiers que les Chinois (je ne prétends pas connaître la Chine, mais c'est ce que j'en comprends).
Entre deux arrêts gastronomiques et une halte dans les magasins de souvenirs, nous faisions un peu de tourisme. Nous avons notamment visité le parc DaeJangGeum (ne comptez pas sur moi pour la prononciation), reconstitution de la Cour royale coréenne du XVe siècle, à 1 heure de route du centre de Séoul. En fait il s'agit du plateau de tournage d'une soupe-opérette historico-télévisée qui a rencontré il y a deux ou trois ans de ça un succès phénoménal en Asie. Une fois le feuilleton dans la boîte, plutôt que de démonter les bâtiments, la chaîne de télé productrice de la série et propriétaire du site a décidé de continuer à le rentabiliser. Le résultat est pas mal, ça fait un vrai village à peine moins grand que l'original, et même si on ne connaît pas l'histoire on peut visiter les différentes pièces, se faire photgraphier en costume d'époque, essayer les instruments de torture, mmh...
Autre visite, instructive : le musée de la guerre. Très intéressant, à condition de prendre un minimum de recul. Je m'attendais à quelque chose de pacifiste, genre "oh, chez nous beaucoup la guerre, ca pas bon, pas bon du tout, pays beaucoup souffrance, plus jamais ca, caca boudin la maîtresse en maillot de bain". Un peu comme le musée de La Bombe à Hiroshima qui condamne la guerre et dénonce l'armement nucléaire. A Séoul, c'est la désillusion : le site célèbre la bravoure au combat, l'héroïsme, les martyrs, les sacrifices patriotiques, et reconstitue les batailles avec une multitude de détails techniques sur les forces armées en place, manifestement uniquement destinés à ravir les nostalgiques de pan-pan boum-boum ta-ca-ta-ca-tac. C'était naïf de ma part d'oublier que ce pays ne sera officiellement en paix qu'une fois réunifié avec les fadas du Nord.
Le soir du 1er janvier, on s'est autorisés une soirée gastronomico-culturelle de luxe dans une bâtisse traditionnelle au centre de Séoul. Après avoir traversé une cour intérieure toute en pierre, nous nous installons à même le sol chauffé d'une grande salle à manger où nous attend un dîner censé être de la cuisine royale. Les tables sont déjà garnies d'une multitude de petits plats, qu'il nous faut engloutir rapidement pour faire de la place à des ribambelles d'autres, apportés inlassablement par le ballet des serveuses en costumes traditionnels. Bonne surprise, non seulement la bouffe n'est pas trop relevée, mais elle est très fine et aussi agréable à déguster qu'à regarder. Les couleurs vont du rouge violent du kimchi (chou fermenté qui accompagne quasiment tous les repas), au vert vif des légumes, en passant par l'orange crémeux de la soupe à la citrouille, le rose violacé du potage au navet, le jaune poussin des pousses de bambou en salade. Les recettes réussissent la prouesse d'être exotiques tout en étant savoureuses : anguille braisée à la cannelle, émincé de boeuf aux marrons fondants... Je me surprends à m'émerveiller sur ce menu, avec une petite pensée furtive pour ma chère maman qui doit se demander comment j'ai pu en arriver à célébrer ainsi les joies du palais malgré près d'un quart de siècle d'acharnement à m'inculquer l'obscurantisme gastronomique :)
Mon estomac est en train de demander grâce lorsqu'enfin on attaque les desserts, de vrais desserts, sucrés et fruités (pas comme ces honteux ersatz japonais à base de pâte de riz, de thé vert ou de haricots rouges). Puis on nous déplace dans une salle de spectacle pour la deuxième partie de soirée. Je m'attendais à digérer paisiblement devant quelques nourritures culturelles convenues, hermétiques et rapidement ennuyeuses comme la plupart des simagrées extrême-orientales (je ne sais pas si vous avez déjà assisté à du théâtre Nô, mais si on vous propose, évitez de répondre "yes"). Mais là encore, j'ai la bonne surprise de découvrir une diversité et une énergie qu'au Japon on ne retrouve guère que dans le tonnerre des démonstrations de taiko (tambours). Les chants et les danses se succèdent avec toujours un régal de couleurs à dominante bleues, jaunes, et rouges, qui sont celles de la fête en Corée, que je retrouve avec émotion plus de 4 ans après la cérémonie d'ouverture de la Coupe du Monde de football à laquelle j'avais assisté accompagné d'Isabelle. Certaines parties du spectacle sont plus lentes et sobres en apparence, comme cette complainte amoureuse récitée par une cantatrice digne et sensuelle, dont le style formel contrastait avec la hardiesse des paroles (nous avions les sous-titres) : "viens mon aimé goûter la chair rouge que je t'offre, et si tu n'aimes pas je te ferai essayer les abricots sauvages". Pas à dire, ça a une autre gueule que "chaud cacao" d'Annie Cordy ! (la chanteuse a une autre gueule aussi)
Le dernier jour, nous l'avons passé à Pusan, la deuxième ville de Corée. Pusan, c'est un port méridional, un peu la Marseille locale. On y a été pris en charge du début à la fin par le club local de taekwondo, avec qui nous avons fait un entraînement, tout en coréen, faut suivre... Expérience intéressante car très peu d'entre eux parlaient anglais (et moins encore japonais), mais une forte curiosité réciproque qui s'est rapidement transformée en sympathie. Forcément superficiel, mais authentique. Visiblement, ils voulaient faire les choses bien (je crois que mon prof de taekwondo est une sorte de sommité dans son domaine) et ont tenu à nous emmener... dans un resto japonais. C'était marrant de voir ces mastodontes - dont un ancien champion national de boxe et un ex-délégation olympique de lutte - aux petits soins avec nous, un peu empruntés.

NOEL AU JAPON, PAQUES AUX RABANES
Pour me consoler de passer cette année Noël loin de la famille, je me suis réfugié avec quelques copains à Kusatsu, petite station thermale de montagne au nord-ouest de Tokyo. Je n'ai jamais vu d'eaux plus sulfuriques (jaune-vert pâle, et ça sent l'oeuf pourri partout). Grâce au comité d'entreprise d'une amie, nous étions logés dans un chalet tout confort pour une bouchée de pain (rappelons quand même qu'ici la baguette est à 2 euros). Le programme c'était trempette dans les bains chauds et dans le jacuzzi du chalet, ballades autour de la ville, jeux de société, feu de cheminée, échanges de cadeaux, crêpes, fondue au fromage, fondue au chocolat, fondue à la fondue, fondue slip, les Bronzés fondue ski... Pas de fondue bourguignonne, qui reste l'apanage des repas de Noël chez mes parents à Lagnes, on n'y touche pas. Je veux dire, c'est très mangeable (hein, Maman, c'est qui qui se décarcasse!), mais c'est sacré.

BABY BOOM - MAMIE IN BLOOM
Tout à l'heure, je suis allé voir mon copain Masa, qui vient d'être papa pour la deuxième fois ! Un petit garçon nommé Senshin, tout calme, qui roule sur le monde un regard vieux de 10 jours mais déjà désapprobateur. Hier j'étais chez un collègue de bureau qui a un petite fille de 2 mois, et avant-hier je visitais un autre copain dont la femme japonaise a accouché en novembre. Où ça, la dénatalité au Japon ? M'enfin c'est pas comme ça que je vais faire des rencontres de jeunes filles célibataires (ET majeures)... quoique, hier soir, après plus de 2 ans de mitoyenneté en tout bien tout honneur, ma voisine (50 ans) a sonné chez moi pour m'inviter à rejoindre sa "wine party" où elle avait invité quelques amis, dont une "jeune" (40 ans?) designer dans les bras de laquelle elle voulait me pousser, avant de me draguer elle même éhontément. Je ne sais pas si la femme est l'avenir de l'homme, mais les vieux sont l'avenir des jeunes. C'est l'avènement du "silver power" !

ADIOS, BASTA, SAYONARA, ET TOUTE CETTE SORTE DE CHOSES
Pas fâché d'en avoir fini avec 2006. C'aura été une année de routine, plutôt improductive en terme de progression personnelle. Alors que sur mon crâne, cela fait bien longtemps que le front s'est stabilisé, professionnellement c'était un statu comme qui dirait très quo. Il y a bien eu le départ - salutaire - de mon ancienne chef, puis en octobre mon changement de poste au sein de la mission économique, des biens de conso au juridique, à l'occasion du renouvellement de mon contrat pour 3 ans. Mais concrètement, ça veut dire un peu plus de responsabilités, pas plus de salaire, et concernant les horaires effectifs de travail pas vraiment d'amélioration mais bon, mon pays a pris en charge une bonne partie de mes études, alors je lui dois bien quelques heures supp'. Par contre je ne vois toujours pas où ça va me mener. Je me dis que j'ai encore 2 bonnes années pour y réfléchir, mais c'est pas nécessairement gagné d'avance, étant donné que depuis que mon projet de vie n'a pas franchement évolué depuis cette année de CE2 où j'ai renoncé à devenir astronaute.

2006 fut une année de jachère sentimentale aussi. Les choses ont vraiment pris du temps à se tasser.
Au quotidien, le taekwondo reste ma distraction principale, j'arrive à suivre à peu près 2 entraînements sur 3 par semaine. C'est la première fois que je me tiens à un sport pendant plus de 12 mois - ça en fera bientôt 20 - et je constate quand même quelques petits progrès. Evidemment le grand écart, c'est pas pour demain, mais j'ai moins honte de mon équilibre, en fait je pourrais presque jouer dans une pub pour Evian (oui, je sais, la référence date d'un autre siècle...). Les cours de japonais par contre c'est parti complètement en brioche, et depuis que la santé de la mère de Kako, ma prof, s'est aggravée et nécessite une attention permanente de sa part, on arrive à se voir 1 ou 2 fois par mois maximum.

TANOSHIMI
Je me garderai bien, pour terminer, de tout pronostic sur l'année 2007, mais je me contenterai de me réjouir à l'idée de ce qu'elle pourra m'apporter (c'est le sens de "tanoshimi"). Par ailleurs, si l'on en croit les sondages, seulement 1 bonne résolution sur 3 survivant à la première semaine de l'année, je vais donc attendre Noël prochain pour en prendre. Si, d'après le calendrier chinois, 2006 était une année de chien, je découvre avec satisfaction que 2007 sera celle du cochon (ou du sanglier, suivant les pays).

Allez, t
ous ensemble avec moi : GROUIIIIIIIIIIKKK ! (^(..)^)

Sunday, May 28, 2006

Sunday Blues Medicine : Miss Meteo

Dimanche 28 mai 2006. Encore un de ces weekends tokyoïtes à regarder comme c'est moche une mégalopole sous la pluie. Heureusement il reste les merveilles de l'auto-suggestion : que diriez-vous d'un pti coup de méthode Coué ?
Vu sur la chaîne Internet Gyao (c'était LE grand titre de la catégorie "News/Business") : une nénette adorable et à la bonne humeur communicative nous annonce avec son sourire désarmant que, au cas où l'on aurait pas remarqué, il fait chaud et humide, avec des précipitations. C'est le phénomène Tsuyu, qui s'écrit "梅雨" (les caractères signifient littéralement "la pluie des prunes"), et se prononce "tsouillou", en fait
la saison des pluies japonaise, qui s'entête à revenir chaque année pour qu'on lui souhaite "happy birthday Tsuyu" (je l'ai déjà faite, mais je ne m'en lasse pas...). N'est-ce pas charmant ? Alors qu'en français on appelle ça un temps de merde, ça encourage moins à mettre le nez dedans, je veux dire dehors.
Au Japon, au contraire, Miss Meteo nous annonce que ces conditions sont idéales
pour la reproduction, la ponte et l'éclosion des lucioles, qui en raffolent. Comme des petites folles des idoles, elles se collent le popol en vol ou à même le sol et convolent loin des rigoles des mégapoles. Ces fripouilles grouillent dans les citrouilles où elles se papouillent la bouille et s'embrouillent sans trouille que ça mouille (un petit jeu au passage : quel est l'anagramme de "luciole"? indice dans la phrase précédente...). Les Japonais sont très sensibles au romantisme de ces bébêtes dont l'arrière-train s'illumine pour pouvoir observer les papillons dans l'obscurité.
Conclusion : la présentatrice finit par
nous montrer elle-même son petit derrière, garni de deux grosses étoiles brillantes, en disant : "ça ne vous dirait pas de partir à la chasse aux fesses lumineuses?". On comprend que les Japonais, qui sont des gens très attachés aux détails, adorent méticuler les mouches.

Thursday, May 11, 2006

Revue de presse

Une série de réflexions, plus ou moins légères, en réaction à l'actualité : coups de gueule, insolites, espoirs... Je ne suis pas sûr que ça ait vraiment un intérêt de les publier comme ça, tout d'un bloc, étant donné que l'inconvénient de l'actualité, c'est que ça se périme tout de suite, m'enfin je ne savais pas ou les placer. A lire tout d'un coup ça peut être indigeste, mais je vous invite à butiner de temps en temps...

Et toujours pas de Big One.
7/05/06, JT France2 : premier titre : une gamine de 5 ans disparaît à Eyguières. Putain, elle était dans la classe de mon filleul. On apprendra plus tard son assassinat par étouffement. Le principal suspect est un ami de la famille, qui a tenté de se zigouiller pendant l'interrogatoire.
Leucodystrophie. Une maladie orpheline. Le gamin a 16 ans et son état mental se détériore depuis sa naissance. Il arbore le sourire des débiles mentaux, un sourire d'une effrayante ironie bien involontaire. Il est dans un fauteuil roulant et ses bras sont ceux d'une marionnette désarticulée. L'extraordinaire dignité de sa mère, qui s'occupe irréprochablement de son calvaire, consciencieusement aggripée au fol espoir que soit découvert un moyen de guérison. Le courage touchant de sa petite soeur, qui remporte un prix à l'école pour avoir fait connaître cette maladie. Et encore, si on en parle à la télé, c'est parce que le parrain de l'association c'est Zidane. Le même qui en intro du JT faisait de la pub pour des assurances. Une fois encore, l'argent est le nerf de la guerre contre le Mal, celui qui ronge les humains. Il en faudrait des fort-thunes pour financer la recherche, embaucher plein de jeunes chercheurs qui feraient des recherches utiles, relancer les filières de formation scientifique, poursuivre dans la connaissance des forces et faiblesses du mystère humain. Je me demande, entre la thune que les richissimes reversent à ce type d'oeuvres caritatives et celle qui leur est nécessaire à combler leurs véritables besoins, quelle part est la plus grande...

4/05/06, JT France2 : élections au Tchad sur fond d'une menace de guerre civile depuis qu'on a découvert du pétrole là-bas. L'actuel Président IDRISS DEBY est sûr de se succéder (l'opposition ne participe pas au scrutin). Il porte blouson en jean et casquette blanche. Bien que louche, il bénéficie du soutien de la France qui a envoyé des militaires le soutenir contre la rébellion, pour l'instant non engagés officiellement dans des combats. Au passage, je savais pas que c'était francophone, le Tchad.
Sur le calendrier Geo Jeunesse offert par Isa (oui, je sais c'est plus vraiment de la revue de presse) : l'Okapi. Chez cet animal, les pattes arrières, et seulement elles, sont rayées noir et blanc. C'est pour se faire enculer par les zèbres ?
28/04/06, France Inter : un juge des enfants qui s'appelle M. Salasse (phonétique).
17/04/06, France Inter : émission sur les mafias en Europe. Pourquoi Provenzano, le chef de Cosa Nostra, recherché depuis plus de 40 ans, n'a été arrêté que fin de semaine dernière ? Il était revenu depuis quelque temps en Sicile, mais pourquoi juste maintenant ? C'est parce que suite aux élections législatives italiennes et à la polémique sur les résultats, Berlusconi n'est plus vraiment au pouvoir et son adversaire Prodi ne l'est pas encore tout à fait : les mafias étant complètement imbriquées au système politique, quand on est dirigeant politique, il faut pouvoir se dédouaner pour limiter les représailles. Le reste de l'émission, que j'écoute en ce moment, est passionnant et évite les lieux-communs avec des réponses précises, des questions et des idées excellentes. En fin de compte assez déprimants : les intervenants sont très cyniques. Exemple : on connaît déjà le successeur de Provenzano, il s'appelle Matteo Messina De Naro. Toutes les grandes mafias ont plus d'un siècle et ont survécu à toutes les vicissitudes, le mal est complètement enraciné. 80% des commerçants de Palerme payent le racket, même niveau depuis longtemps. J'imagine que les 20% restants appartiennent directement à la mafia. Les 4 mafias du sud de l'Italie prélèveraient 30 milliards d'euros (estimation évidemment) sur l'économie. Certes, mais elles doivent bien réinjecter quelque part. Au Japon la crise financière s'est aussi appelée "Récession Yakuza" (perte de 16% du PNB !!), lesquels ont forcé les institutions bancaires à leur prêter de l'argent, prêts bidons qu'ils n'ont pu rembourser. Dans cette émission, on parle aussi de détournement de fonds publics par manipulation de marchés publics, de trafic de stupéfiants, de prostitution, mais pas de contrefaçon, tiens !
Le même jour, au Zapping de Canal+ : des trisomiques aident à encadrer... des autistes. Ils sont les seuls à pouvoir - non pas les encadrer...! mais - les toucher, à réussir à communiquer, jouer avec les autistes. Le journaliste pose la question : et si ces enfants mongoliens, dont la science traque la différence, trouvaient ainsi leur utilité ? La justification de leur existence sur Terre ?
14/04/06, JT France 2 : David Pujadas annonce la 1ère célébration de Pâques du Pape Benoît XVI "avec la cérémonie du lavement... (pause bien marquée) de pieds".
La moitié du ciment produit mondialement l'est pour la Chine. Les architectes français y sont très appréciés. L'Opéra de Shanghai a été réalisé par un Français. Mais les ouvriers chinois aussi on les aime : ils construisent 2 étages par semaine, contre 1 étage par mois en France.
Accident de la route (le lendemain de l'annonce d'une nouvelle campagne sécurité routière). 4 morts. J'allais dire "seulement"... En aurait-on parlé si l'accident n'avait pas eu lieu dans un bled qui s'appelle Mortel de Maille (phonétique) ?
Un jardinier qui recycle les ordures ménagères pour se faire du compost. En aurait-on parlé s'il n'avait pas eu un gros accent de plouc ?
Boutique pour touristes au nord de la Norvège : on y vend des peaux d'ours polaire... importées du Canada. Détail sympa : la Norvégienne qui témoigne est une Black !
6/04/06, France Inter : une témoin au procès du meurtrier de Sohane, brûlée vive, est appelée à la barre ; "sur le grill", précise le journaliste.
Le Monde : polémique pour savoir si Saddam Hussein doit être pendu tout de suite après le verdict de son procès qui se tient actuellement (massacre de 148 personnes d'un village chiite), ou bien s'il faut attendre le jugement des autres affaires, bien pires encore en nombre de victimes (ex : 100 000 Kurdes génocidés...). Si l'on attend, il aura besoin de vivre vieux...
4/04/06, extrait d'un bouquin de Hervé Kempf ("La Révolution Biolithique", 1998, http://franceweb.fr/ingirum/biolithique/) :
"Il y a quelques douze mille ans, les sociétés humaines ont commencé à passer d'un mode de subsistance basé sur la chasse et la cueillette à une économie reposant sur l'élevage et l'agriculture - en bref, du prélèvement à l'exploitation. Il devint possible de constituer des réserves alimentaires, de s'affranchir des contraintes écologiques. Cette mutation, qui a définitivement transformé l'organisation des sociétés humaines fut baptisée de révolution néolithique par l'archéologue australien Gordon Childe dans les années 1930." C'est le début de la propriété, et donc du bordel.
2/04/06. Ahhhhh, le CPE. Magnifique, le CPE.
Bien sûr, la droite au pouvoir c'est une belle saloperie pour le social. Mais elle ne fait rien d'autre qu'appliquer sa politique de droite. C'est le fonctionnement de la démocratie : on a les dirigeants qu'on mérite. Il y a une certaine ironie à entendre les jeunes gueuler parce que soit disant on décide sans eux. Mais où étaient-ils, les 9 et 16 juin 2002, quand on leur a demandé d'élire l'assemblée nationale actuelle ? Entre les deux tours de l'élection présidentielle, j'avais été ému par les réactions à l'accession de Le Pen : de nouvelles vocations étaient nées, les djeunz allaient prendre leur avenir en main, rien ne serait plus comme avant. J'avais osé croire à ce "sursaut citoyen". On avait fait pénitence : Chirac était élu à 82%, et par ceux-là mêmes qui le détestent, la couleuvre était dure à avaler. Mais moins de 50 jours après, on avait l'occasion rêvée de se rattraper et de passer à l'action : les législatives. Résultat ? 36% d'absention au 1er tour, 40% au 2ème, déroulent à l'UMP le tapis rouge. On s'est amputé un membre gangréné, mais on laisse crever le malade sans pansement. Alors tu penses, la rééducation... Certes la plupart des jeunes qui vont en chier à cause du CPE n'avaient pas encore le droit de vote à cette époque. Mais est-il intellectement honnête de croire qu'ils auraient eu une attitude fondamentalement différente, y compris en terme d'absentéisme, pardon, d'abstinence, pardon bis, d'abstention ?
Un article dans "Le Grand Soir" a failli m'avoir. Il cherche à démontrer que le chiffre d'1 jeune sur 4 au chômage martelé par le gouvernement est faux, puisqu'il ne tient compte que de la population active, soit un peu plus d'1/3 chez les 15-24 ans, alors que Villepin prend l'air de s'adresser à tous les jeunes, seuls 8% de cette classe d'âge est victime directe du chômage. Le problème est que l'auteur compare ensuite choux et carottes, en disant que ce 8% est même inférieur au taux de chômage national... dont la définition est bel et bien la population active non employée.
Le véritable problème est en fait le chômage des jeunes non-qualifiés, pour lesquels le système scolaire a échoué. Alors, pourquoi le CPE ne deviendrait-il pas une mesure d'exception, qui s'adresse à ces cas particuliers mais pas négligeables ?* Je ne dis pas que ces jeunes en échec méritent la précarité, d'ailleurs il est inacceptable que le CPE n'exige aucune justification aux licenciements, et que la période d'essai puisse dépasser 12 mois, ce qui est déjà trop long. Je ne présage pas non plus de l'efficacité d'une telle mesure, qui resterait marginale car ce sont les mentalités qu'il faut changer pour qu'un patron accepte d'embaucher un jeune "difficile". L'échec scolaire ne présagera jamais d'une vie facile, si l'on veut rester dans le cadre légal. Alors plutôt que de pousser au crime en maintenant ces jeunes à l'extérieur de notre système de répartition des richesses, il faut leur donner une "deuxième chance". Y compris à ceux qui s'en sont exclus d'eux-mêmes, mais veulent se rattraper.
Julien Dray, sur France Inter, rappelle que le CPE était censé être une solution suite aux émeutes dans les banlieues fin 2005. C'est d'autant plus décourageant de voir des jeunes de banlieues frapper sur les manifestants qui revendiquent aussi pour eux.
30/03/06 (LeMonde) : "Abbas [Mahmoud, président de l'Autorité palestinienne] rejette "catégoriquement" la séparation unilatérale prônée par Kadima [le nouveau parti centriste qui vient de remporter les élections législatives en Israël]" ; certes, mais "unilatéral" ça veut justement dire qu'on ne te demande pas ton avis !
Extrait d'un mail à Ben : tu as sans doute eu vent (hahaha) de cet article : "Le bruit des éoliennes menace-t-il la santé des riverains ? Cette question a priori surprenante est souvent soulevée par des associations opposées à l'implantation de ces machines de plus de 100 mètres de haut. A la suite d'une requête de l'Association pour la protection des sites des abers (Finistère) en mars 2005, l'Académie de médecine a étudié le sujet. Son rapport, rendu le 23 mars, devrait amener les milieux éoliens à se poser des questions." (la suite sur : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-755690@51-755822,0.html). Entre ça et l'intox (re-hahaha) sur la fumée de oinj plus nocive que celle des cigarettes, j'ai l'impression qu'il y en a qui profitent de ce que vous retenez le CPE à la porte, pour rentrer par la fenêtre...
29/03/06 (JT F2) : Un Chilien irradié subit a première vue avec succès une greffe de cellules souches qui doit permettre à sa peau nécrosée de se régénérer. Pour l'instant, la douleur, en principe impossible à calmer même à la morphine, aurait complètement disparu.
24/03/06 (JT F2) : Un Afghan condamné à mort pour s'être converti à une autre religion (le catholicisme). Dénoncé par ses parents, sympa. Une religion dont on ne peut sortir librement, c'est une secte.
Une bonne nouvelle : l'ETA annonce "un cessez-le-feu permanent". Espoir.
Enorme prise de cocaïne par des policiers. Enfin, mieux vaut dire "saisie", parce que "prise" ça prête à confusion (alors les gars, on soigne un petit coup de blues ?).
8/03/06 (JT F2) : chats touchés par la grippe aviaire. Seul le premier en est mort, chez les 3 suivants le virus a disparu et le chat a guéri. Ca sert d'avoir 7 vies.
Deux nutritionnistes font une découverte extraordinaire en faisant les courses : ça alors, les produits moins chers sont moins bons pour la santé. Le plus abruti des deux, qui est aussi le plus imbu de lui-même, dont le bouquin est passé en images subliminales au début du reportage, balance : "ça veut dire que les pauvres mangent moins bien que les riches ?" La recherche avance. Et ce rebelle de lancer à la face des méchants, depuis son fauteuil de cabinet-où-qu'on-voit-papy-mamy-qui-payent-beaucoup-pour-maigrir-un-peu : "[faire attention à ce que l'on mange] même si ça ne fait pas plaisir à certains, c'est augmenter sa longévité et sa qualité de vie". Le Florent Brunel de la bouffe.
Parité des femmes : en France malgré les beaux discours ça n'évolue pas beaucoup. Mais pour faire du journalisme objectif, on va comparer avec l'étranger : au hasard... l'Arabie Saoudite !! Histoire de rabattre le caquet de bobonne qui commençait à lâcher sa serpillère parce qu'elle écoutait le JT !
Abandon de la licence globale sur Internet.
Scoop scientifique : découverte d'une nouvelle espèce, une première : un crustacé velu ! La fibre scientifique germe dans l'esprit des enfants en primaire. S'ils continuaient à s'y intéresser par la suite, ils sauraient que la moule poilue existe depuis longtemps.
Et pour rester dans le registre, on clôture par l'annonce d'un film sur l'écrivain gay Truman Capote. L'un dans l'une dans l'autre...
28/02/06 (JT F2) : sans transition après le sujet sur Mme Humbert qui vient de bénéficier d'un non-lieu après avoir euthanasié son fils, on passe aux canards qui se font piquer... une vaccination contre la grippe aviaire.
24/02/06 (Gyao business) : Hiroshi MIKITANI, président fondateur en 1997 de RAKUTEN. A fondé aussi, en 2004, une équipe de baseball (les Sendai Eagles). Comme Horiemon, souvent présenté comme son rival, il ne porte pas la cravate.
14/02/06 (Gyao business) : Kazumasa TERADA, 41 ans, patron de SAMANTHA THAVASSA, qui a été listé à la Bourse de Tokyo (Mothers) en décembre. Prétention de devenir une marque mondiale. A fondé l'etp en 1994, parce qu'il en avait marre de travailler pour les marques des autres (importait des "petites" marques étrangères). Utilise Victoria Beckham pour la promo. Avantage par rapport aux marques "historiques" (LV, Hermes...) = possibilité d'une activité de vente par téléphonie mobile. Un autre Horiemon ? Prône une croissance "sans compromis" et porte la chemise 2 boutons ouverts. Poignée de main virile entre Japonais.
(je sais plus quelle newsletter en anglais sur le Japon ) : le Japon, laboratoire du monde : la délinquance juvénile recule, mais ce qui augmente, c'est la délinquance... sénile ! : désormais 10% des délinquants ont plus de 65 ans. La plupart du temps les délits commis par cette population qui se paupérise le sont pour l'argent.
9/02/06 LeFigaro/LeMonde : putain de Figaro. Histoire d'accompagner la nouvelle loi de Sarkozy, ils te balancent, en Une, et sans même faire semblant d'être neutres "EN 2005, 81 285 étrangers se sont installés en France pour motifs familiaux et seulement 11 467 pour motifs professionnels". Croisement avec les données du Monde : on s'aperçoit qu'en valeur absolue, les regroupements familiaux n'augmentent pas, et auraient même fortement diminué sur les 15 dernières années (loi Pasqua de 1993 et loi Sarkozy de 2003). De plus, plus d'un RF (non, c'est pas "République française"...) sur deux concerne uniquement le conjoint. Seulement 1 sur 4 conjoint + enfants. Par contre, les mariages donnant droit à un titre de séjour sont en explosion (dont combien sont des mariages blancs?).
Autre exemple : version Figaro = "Nicolas Sarkozy [...] pour un meilleur contrôle des flux migratoires" ; version Le Monde "Selon un rapport gouvernemental, l'immigration s'est stabilisée depuis 2004". Vraiment trop des bâtards !! L'approximation au service de l'idéologie. En fait, grâce à sa natalité dynamique, la France est, parmi les grands pays d'Europe, le seul où l'immigration ne joue pas un rôle majoritaire dans la croissance démographique.
Et Villepin qui n'a rien entendu des protestations dans la rue (c'est comme ça depuis Raffarin Ier...), décide de recourir au 49-III pour faire passer sa saloperie de CPE. BATARDS je vous dis !
6/02/06 Zapping : une personne prononce le mot "bombe" dans un stade de Manille. 73 morts, plus de 400 blessés dans la cohue qui s'est ensuivie. Putain faudrait que la mort ait la décence d'arrêter l'humour noir.
2/02/06 Figaro : le président de Mittal Steel (numéro1 de la sidérurie), le racheteur potentiel d'Arcelor (numéro2) est un indien qui s'appelle vraiment Monsieur Mittal. En tous cas il est pas doué en orthographe. Par ailleurs, le groupe Nippon Steel (numéro3) pourrait être le "Chevalier Blanc" d'Arcelor pour le sauver de cette OPA agressive. On a fait mieux, comme blanc. Un peu pisseux. En tous cas après Danone l'an dernier, c'est à nouveau le front commun, patriotisme économique et tout. Que va coûter cette mobilisation ? (au demeurant louable car elle pourrait permettre de sécuriser des emplois) Les cellules qui composent le capitalisme essaient de s'entretuer. Tendance du capitalisme à s'autodétruire ?
A part ça, l'Iran se fout de la gueule des "grands", pas du tout intimidé par les pressions pour qu'il abandonne son programme nucléaire. On apprécie toute l'efficacité du récent discours de Chirac sur les frappes nucléaires françaises (cf. 20/01/06).
31/01/06 France Inter, le 13h : juste après avoir annoncé que les chances de retrouver l'alpiniste Jean-Christophe Lafaille, le journaliste parle de la Coupe Dévisse... Et juste après encore, annonce de la rediffusion des Bronzés font du ski (comme promo des Bronzés 3). PUTAIN c'est pas possible que ce soit pas fait exprès !
30/01/06 France2 ; "L'Abbé Wiel refuse de participer à la curée [de l'audition du juge Burgaud, de l'affaire d'Outreau]"
29/01/06, France Inter, "Rue des Entrepreneurs". Une révélation : l'économie sociale. Si j'ai bien compris, ce sont des entreprises qui s'insèrent très bien dans l'économie de marché, sont viables économiquement, mieux, font des profits, MAIS la grosse différence avec le capitalisme "pur" (kapital über alles), c'est l'utilisation de ces profits : ils ne rémunèrent pas des actionnaires uniquement motivés par l'augmentation de leurs ressources, mais sont réinvestis pour servir une stratégie de moyen/long terme. Les salariés sont sociétaires : ce sont eux qui détiennent le capital de la société, ils élisent leur personnel dirigeant.
Ex : Chèque-déjeuner, les mutuelles... Ex d'une etp où les non cadres sont rémunérés au dessus du marché et les cadres en dessous. Ils l'acceptent car font partie d'un projet commun qui les séduit, auquel ils participent, qui les écoute et les respecte.
Ce modèle économique n'a pas vocation à remplacer le capitalisme classique, avec lequel il peut tout à fait être en concurrence par ailleurs, mais à cohabiter avec lui, ainsi qu'avec le secteur public, qui reste indispensable pour réguler et s'occuper de secteurs non rentables. Mais l'économie sociale a jusqu'ici été trop discrète, car n'a pas cherché à communiquer aussi bien que l'économie capitaliste et n'a pas su se doter de structures de financement aussi performantes.
Il faut lire davantage Alternatives Economiques.
C'est à rapprocher des entreprises capitalistes qui s'achètent une image en finançant des actions humanitaires, mais en fin de compte ne changent rien à leurs méthodes et leur raison d'être qui est de dégager le profit maximum pour rémunérer leurs actionnaires. La cause humanitaire est ainsi un moyen (=budget pub) et non un but. Ex : Danone, Microsoft, McDonald's... Au forum de Davos aujourd'hui (Le Monde), Bill Gates a aligné 600 millions de dollars pour la lutte contre la tuberculose, et Bono convainc les entreprises de financer les actions contre le sida en Afrique, en échange d'un label "humanitaire" sur leurs produits. C'est une façon cynique, et efficace -du moins à court terme- de profiter du système capitaliste pour servir des causes justes. Bien mieux que des belle paroles et intentions non suivies d'actes. Mais le capitalisme porte intrinsèquement en lui l'aggravation des disparités de revenu, qui sont à l'origine des injustices et frustrations, et la recherche de la richesse pour elle-même qui incite les détenteurs du pouvoir à maintenir les autres dans la merde. Ce n'est donc pas satisfaisant.
Triste mais à noter : "L'alpiniste Lafaille est porté disparu dans l'Himalaya". On peut dire qu'il est tombé dedans quand il était grand.
28/01/06 : beaucoup de battage en ce moment à propos de la législation française sur le téléchargement gratuit. Toute fin 2005, le Parlement a voté contre le projet du gouvernement de mise en place d'une "licence globale" = droit à payer pour pouvoir télécharger tout ce qu'on veut. Un équivalent de la redevance télé. L'argent de la licence serait redistribué à tous les artistes et maisons de disques pour compenser la perte des droits d'auteurs et ventes de disques (idem pour la vidéo). Je n'ai pas encore entendu l'argument que c'est injuste car tout le monde n'utilisera pas la licence (et parmi ceux qui le font, pas de la même façon), ça veut peut être dire que l'achat de la licence se fera sur une base volontaire, et pas automatiquement au moment de chaque contrat avec un fournisseur d'accès. De toute façon il semble qu'il s'agisse d'une mauvaise loi (définition d'une mauvaise loi : qui ne satisfait personne) et qu'elle doive être rediscutée.
Moi je ne téléchargeais pas jusqu'à récemment, mais je m'y suis mis cette semaine. Voilà comment je pense garder ma conscience propre : en musique, je ne télécharge que des titres individuels, pas d'albums complets. Et j'ai remarqué un truc avec certains morceaux téléchargés gratuitement : lorsque je les joue sur Media Player, en bas à droite s'affiche un lien qui me permet d'acheter l'album. Ainsi quelqu'un (les majors ? auto-discipline?) a trouvé pour le peer to peer une mesure pour moi tout à fait acceptable car non répressive et la pub est supportable. Les séries qui sont déjà passées à la télé ("24"), même si à la télé leur "gratuité" est réservée à ceux qui ont la chaîne Fox, et qui doivent se taper les pubs. Et des films de cul, pour les producteurs desquels je ne vais pas pleurer.
-sinon je viens de lire dans L'Express : le rite de tremper son croissant dans le café vient de la défaite de l'armée turque ("la Horde") à Vienne, fin XVIIe.
25/01/06, JT 13h France2 : vague de froid en Europe ; la production française de mimoza endommagée ; ah, et aussi, on allait oublier : 53 morts en Pologne
Très fort : le pétrole est devenu tellement cher que les forages français (ex : Seine et Marne) deviendraient rentables ! (coût d'exploitation = 2 MEUR / mois)
Energies renouvelables : géothermie : des tuyaux à 60cm de profondeur dans la terre suffisent pour capter sa chaleur ; utilisé comme énergie de chauffage
Le tourisme va bien, et encore mieux ; la France est toujours la 1ere destination mondiale, 75 millions de visiteurs / an ; tourisme culturel
Tennis : "Jean qui rit et Jean qui pleure" = Sébastien Grosjean et... Amélie Mauresmo.
20/01/06 : Ben Laden menace à nouveau les USA mais leur propose une trève sous conditions ; réponse des USA sans surprise : "on ne négocie pas avec les terroristes, on les anéantit". Vas-y, on te regarde. Et Chirac qui réaffirme l'importance de la force de dissuasion nucléaire de la France, au moment même où ce fou de Bachar-Al Hassad (Syrie) accueille à bras ouvertrs ce barge d'Ahmadinejad (Iran), en l'encourageant dans sa politique nucléaire.
Dans la série "des fois aussi y'a bon dans l'actu" :
JT FR2 19/01/06 : Un reportage sur la culture de la coca en Bolivie ; le journaliste s'appelle "Coq" / L'école de la 2ème chance pour se rescolariser quand on n'a pas le bac (1/3 de réussite) / La sonde New Horizons vient de décoller de Cap Canaveral direction Pluton ; arrivée prévue en 2015.
17/01/06. Et si les partisans du retour de la monarchie votaient Ségolène Royal ?
Putain de bordel de merde, la droite fait tout pour qu'on s'enferme dans un duel Sarko/Villepin, histoire de nous refaire le coup de 2002 avec un choix impossible au 2eme tour.
Lu dans "L'Express" du 17/11/05", interview d'un dignitaire du régime Jordanien : "Les fantassins auteurs d'atrocités sont le plus souvent les fruits pourris d'une majorité silencieuse". Le reste est du même acabit : très lucide et intellectuellement rafraîchissant.
Vu dans "Le Monde" interactif le 22/12/05 : un article signé "Philippe ASKENAZY". Je le propose pour le Guiness dans la catégorie "nom paradoxal" : ashkénaze ou nazi, y'a un moment il faut choisir son camp.
Matin du 20/12/05 toujours : hier j'ai vu dans le JT de France 2 un reportage sur les clowns d'hôpitaux, qui viennent coller leur nez rouge à celui des enfants pour leur faire oublier leurs malheurs par le rire ; qui est une thérapie excellente, valable pour plein de maladies.
Autre chose qui pourrait soulager très, très efficacement l'esprit des patients mâles en âge de procréer, ce serait un soutien sexuel : des infirmières ou plutôt des professionnelles extérieures à l'hosto (pour éviter tout un tas de problèmes) câlineraient, masturberaient et plus-si-affiniteraient les patients.
En dérivant le concept, au maximum du cynisme, les nazis auraient pu envoyer des clowns dans les camps de concentration pour soulager la détresse psychologique des déportés. Et pour ceux qui rigolent pas : une séance de chambre à gaz hilarant. Après tout "les Juifs ont de l'humour".
Matin du 20/12/05 : mamaji ; en tamil, "tonton" se dit "mama" et "ji" ajouté à la fin est une marque de respect ; en japonais, "ji" signifie "tonton" et est utilisé avec 2 marques de respect, une devant et une derrière (comme la queue), pour donner "ojisan". Et "mama" signifie "maman.
Dans la série "des fois aussi y'a bon dans l'actu" :
JT FR2 20/12/05 : les clowns d'hôpitaux, qui viennent coller leur nez rouge à celui des enfants pour leur faire oublier leurs malheurs par le rire.
JT FR2 12/12/05 : une Pakistanaise vient d'être sortie vivante de sous les décombres de sa baraque, détruite par le séisme qui a dévasté le Cachemire IL Y A DEUX MOIS. Sacré coup de pub pour Allah.
Actu du 11/12/05 : Sommet de HongKong (OMC). Sortie de KingKong (Peter Jackson). Dans les deux cas, c'est à la fois un jeu et beaucoup de cinéma. Mais l'un est voué à l'échec, l'autre au succès.
A 2 pas de là (Canton), la police chinoise tire sur des paysans qui manifestent, dans la répression la plus violente depuis Tiananmen. La France vient de fourguer 120 Airbus à Pékin. Vive la mondialisation.
News du 29/11/05 :
-des jeunes dans une cité dégradent un ascenseur. Sarko promet de réduire la fracture... sociale, elle.
-encore 2 séismes meurtriers dans le monde (Iran et Chine), faisant plus d'une dizaine de morts chacun ; et le Japon, jusqu'ici, ça va, jusqu'ici, ça va... Comme la vie : on passe la sienne à s'inquiéter pour elle en se foutant de celle de ceux qui crèvent pour de vrai.
Automne 2005 : A quelque chose malheur est bon : l'atterrissage en catastrophe du vol Air France au Québec, et la mort de 152 Martiniquais dans le crash d'un avion de la West-Caribbean, nous auront au moins permis d'entendre des accents français rigolos trop souvent boudés par les media.

Sunday, April 30, 2006

Aujourd'hui c'est la Saint Robert. Pléonasme.

Friday, March 10, 2006

Il ne faut pas confondre "pas de cul" et "sans fondement".