Comme je le disais à certains, samedi dernier, je suis allé au Tokyo Game Show, qui est sans doute le plus important salon mondial du jeu vidéo. Je n’ai malheureusement pas pu en profiter beaucoup, car je suis arrivé en milieu d’après-midi et ça fermait assez tôt. C’était à 1 heure et demie de train, vers Chiba, dans la banlieue est de Tokyo. J’ai voulu ramener quelques souvenirs, mais malheureusement la qualité des photos prises avec mon téléphone portable n’est pas terrible, il faudra vous contenter de ces modestes mots…
Le principe de ce salon est que les plus grands éditeurs de jeux (Capcom, Squaresoft, Bandai, Sega, Nintendo, Konami, Namco…) exposent des démonstrations de leurs prochains jeux, qui doivent sortir… juste avant Noël ! Pas cons ces Japs. Certaines démos sont jouables mais il faut souvent faire la queue pendant plus d’1/2h pour espérer toucher un paddle. Par ailleurs, plusieurs shows promotionnels sont organisés. Tout ça justifie l’entrée payante (1200 yens, soit 60 francs, pardon, 9,50 €, plus le train aller-retour pour Chiba).
Mais ça vallait le déplacement étant donné la qualité de certains jeux, les plus médiatiques étant surtout des ressucées de grands succès du genre, comme Metal Gear Solid sur Gamecube ou Puyo Puyo Fever. Le stand Capcom était mon préféré, avec notamment le prochain Bio Hazard et une nouveauté très prometteuse, Monster Hunter. La particularité de ces 2 jeux est qu’on peut y jouer à 4 simultanément (par Internet semble-t-il, donc prévoir un abonnement payant en supplément !). Très belle surprise aussi : Lineage II, un magnifique RPG médiéval-fantastique développé par NCSoft, un éditeur coréen dont je n’avais, en ce qui me concerne, jamais entendu parler.
Je vous passe rapidement des jeux que vous ne verrez sans doute jamais ailleurs qu’au Japon, du genre courses de chevaux, ou encore une simulation de bosôzoku, ces pseudo-rebelles nippons qui terrorisent les habitants des petites villes de campagne en jouant les caïds sur leurs motos customisées pour faire le plus de bruit possible. Pour vous dire s’ils sont dans le coup, ils ont encore la banane de Fonzy dans Happy Days.
Avec la surabondance des scènes cinématiques dans les jeux, les démos ressemblent de plus en plus à des bandes-annonces de films, et on croirait assister à un concours entre les éditeurs pour en mettre plein la vue aux milliers de fans déjà conquis par les épisodes précédents. On ressort de là complètement hébété, la bave aux lèvres, en psalmodiant en boucle « ils sont fous, ils sont fous… ». Bref, ça calme ! Et encore, j’ai raté la présentation de Half Life 2, mais il paraît qu’il déchire grave sa mère. De l’avis de copains qui ont eu la chance de le voir : « tu laisses tomber les autres jeux et tu économises pour t’acheter la carte graphique qu’il faudra pour faire tourner ce monstre ».
Il faut dire que le budget moyen de développement des jeux a triplé en quelques années, atteignant aujourd’hui environ 15 millions de dollars : on en sera bientôt au niveau des films hollywoodiens ! D’ailleurs, comme dans beaucoup de films d’animation, on beaucoup de vrais acteurs prêtent leur voix aux personnages, voire leurs traits : l’un des héros de Onimusha (Capcom), n’est autre que Jean Réno, qui doit sauver Paris (les décors sont très réalistes) de l’invasion de démons japonais !
Côté shows, mon timing était malheureusement trop mauvais pour que je puisse assister à aucun truc intéressant, mais parmi les innovations que j’ai eu le temps d’apercevoir, il y avait les jeux sur téléphone portable, qui sont en train d’exploser au Japon. C’est d’ailleurs un gros, gros nuage noir sur l’avenir de Nintendo, qui n’est parvenu à tenir ces dernières années que grâce au succès des consoles portables. Si les Japonais se mettent à jouer depuis leur keitai, la Game Boy Advance a du souci à se faire. On peut faire confiance quand même aux parents de Mario & Luigi pour trouver une parade assez rapidement.
Autre surprise sympa : les jeux sans manette. Celui que j’ai vu tourner était une sorte de Dungeon Master pour gamins, où le joueur dispose d’une épée en plastique qu’il agite plus ou moins habilement devant un capteur pour trucider les monstres à l’écran et ainsi accéder au tableau suivant.
Mais ça ne vaudrait pas le coup d’aller sur un salon comme ça si ce n’était que pour regarder les jeux : l’autre intérêt, c’est la faune qui y rôde[1] ! Max, avec qui j’étais allé au Comic Market de Tokyo (un peu la même chose, mais pour les mangas) sait de quoi je parle : en plus de l’inévitable cosplay, on trouve, d’un côté, les otakus : petits gros à lunettes pas coiffés, avec un duvet de moustache, le teint cireux à force de passer tout leur temps devant leur écran, enfermés physiquement dans leur chambre et mentalement dans leur monde virtuel où ils trouvent beaucoup plus de satisfaction que dans le monde réel. C’est peut-être eux qui ont raison… après tout, la folie est définie par la majorité pour qualifier une minorité qui ne pense pas comme elle (putain c’est pas de moi mais c’est beau !). Sauf que dans le cas du Tokyo Game Show, la majorité, c’est les otakus !
De l’autre, les stands des différentes sociétés sont garnis de Kyangal (abrégé nippon pour « Campain Girl »), c’est-à-dire des filles très très mignonnes et très très court vêtues (en gros il reste juste la place pour le nom de la marque), qui ne sont visiblement pas là pour tenir la conversation. Tant mieux, ce n’est pas ce que cherchent les otakus, qui se contentent de prendre ces potiches en photo sous toutes les coutures, si vous me permettez l’expression. Pensez bien que j’ai essayé, mais vu les capacités limitées de l’appareil photo intégré dans mon téléphone, ça ne donne pas grand chose…
Voilà, j’espère que ça vous aura donné envie de venir sur place l’an prochain !
[1] je crois que les salons européens du manga, genre Cartoonist, sont vraiment pas mal non plus pour ça
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