Sunday, January 29, 2006

Confidences de salon

La tisannière, satisfaite de son mari : "il est très bien mon thé", aurait-elle déclaré.

Saturday, January 28, 2006

TN 2006

(en photo : le marché de L'Isle-sur-la-Sorgue - cliquez dessus pour agrandir!)

Et walla, walla, nouvelle année, une bonne résolution : un nouveau Tokyo News.

Qui débarque sans prévenir.
Pourquoi maintenant et pas avant ? ou plus tard, ou jamais ? Ce sont des très mauvaises questions, je ne me remercie pas de me les être posées. Sans doute que j'attendais l'inspiration, et j'ai fini par me lasser. C'est toujours la même question au moment de s'atteler à la tâche : par quoi commencer ? C'était déjà terrible avant, devant les copies d'examen, m'enfin au moins il y avait une limite au temps imparti, à la quantité d'encre, au papier bien délimité avec ses carreaux et sa marge. Mais là, devant cette page virtuellement infinie, ces millions de pixels blancs, je vous dis pas l'angoisse. Alors rien à faire, il faut se lancer, laborieusement d'abord, puis de même que l'appétit vient en mangeant, que l'anémie vient en mangeant pas, que l'appéritif revient en rotant, que la petite vient en pleurant, l'"a" petit revient quand on désactive la touche "majuscules", que l'Amérique viendra en Iran, que l'amnistie vient en pardonnant, que l'amnésie vient en... euh, en quoi faisant, déjà ? que la bêtise vient trop souvent, et l'à-peu-près vient aux feignants, l'inspiration, elle, vient au tournant. En plus ce coup-ci c'est facile, il me suffit de commencer par vous souhaiter tout plein de bonnes choses pour 2006. Je crois que je ne vais plus écrire qu'une fois par an. Donc voilà, je vous souhaite, et de tout coeur, une magnirificobolante année à tous, je vous souhaite d'avoir plein de projets heureux et de vous donner les moyens de les atteindre et de recevoir le petit coup de pouce, de pied ou de cul, qui pousse au train quand on traîne les pieds.

Mon année à moi a commencé sous de belles étoiles. Celles du ciel pur et glacial de Provence, vitrifié par le Mistral qui gagne, rince la nuit et la fige dans un marbre polaire, au dessus de la terre bleutée de pleine lune pâle. A Lagnes, la baraque des parents est magnifique, enfin complète. Bien bourge et décorée avec bon goût.
Le jour de l'an c'était le ski où qu'on s'caille, le chalet chaleureux, et le resto de montagne où qu'on s'éclate la rate à la raclette. Bref, la récidive de l'an dernier, avec quelques absents et des nouvelles têtes : Miss Fantastic (la femme invisible, qu'on a pu voir parce qu'elle était en vacances) et les jumelles (la rouge et la blanche). Mes autres souvenirs de ce séjour français sont noyés de festins hospitaliers : la fondue savoyarde chez les tailladés, le couscous chez les autres tailladés, la galette chez les cousins, le chili de l'anniv de Nini. Sans compter les restos, pas en reste, et le reste justement c'était tournée de la famille. Le dernier jour, visite au marché de l'Isle sur la Sorgue pour rapporter en souvenir des bouts de Provence à caler dans ma valise. Une fois encore, toutes mes confuses à ceux que je n'ai pas eu (ou pris) le temps de voir : Mehdi t'es toujours à Martigues ? Benjy, Bordeaux c'est pas tout près non plus faut dire, Cyril et Glad on est pas passés loin cette fois...

J'ai repris le taf mercredi. Comme je rentrais après tout le monde, il fallait raccrocher le train en marche mais l'activité est, disons, raisonnable. Il y a d
u neuf dans mon équipe : Nicolas, notre volontaire international / veilleur stratégique, après 2 ans à la ME (il était arrivé peu après moi), vient d'être remplacé par un autre jeune, Benoît. Première impression plutôt bonne. En plus de ça, on vient de prendre un stagiaire, qu'il va falloir gérer pendant 3 mois, mais il a l'air assez débrouillard. Sinon les 3 assistantes, Akiko, Asako, et Yoko, alias mes chères Charlie's Angels, sont toujours fidèles au poste. Je suis plein de bonnes résolutions à leur égard, alors j'espère que cette année se passera encore mieux que l'an dernier. Quant à ma boss Sylvie, son départ est prévu en avril, je devrais la remplacer au moins provisoirement jusqu'en septembre. Vous aussi, vous aimeriez bien savoir ce qui se passera après ?
Pour l'instant mon principal souci est d'encaisser le décalage horaire. Classique, je sais qu'il me faudra 2 semaines avant de m'en remettre complètement, mais pour l'instant ça me permet d'être sur pied à 4h du mat. Un peu dur quand il y a des réceptions au bureau où on a du mal à virer les Japonais qui s'accrochent aux petits fours jusqu'à dix heures du soir. Durant cette semaine déjà bien entamée, la ME organisait deux petites sauteries, une où mon bigboss, qui s'appelle Jean-Yves (comme Cousteau ou Lafesse, mais en moins marrant), nous a présenté ses voeux ; et l'autre c'était la même chose mais avec nos contacts extérieurs VIP, là un vieux Japonais m'a tenu la jambe, c'était même pas moi qui l'avais invité (il bosse pour la filiale locale d'Europcopter) et maintenant il veut m'offrir à boire le coup chez lui, paraît-il que je lui ai ouvert les yeux sur le fait que les femmes japonaises étaient matérialistes... Le weekend arrivé, j'ai dormi 18 heures d'affilée. 1 tour de cadran et demi. Je me suis réveillé samedi en fin d'après-midi tout dépité de découvrir ce qui me restait du weekend, avec cette compensation de voir Tokyo sous la neige, bien 10cm de coton, et ça continuait à tomber dru. Première fois, de mémoire, que ça tient aussi bien. La mégalopole y gagne en esthétique, ce qui n'est pas qu'un moindre mal.

La vie au Japon n'étant pas seulement synonyme de boulot -dans mon cas du moins, parce qu'il y a des énergumènes par ici... - je vais aussi pouvoir reprendre des activités sympas : taekwondo, foot sale (mini-football à 5 contre 5) avec Masa et ses collègues de bureau, cours de japonais avec ma prof/amie Kako, enseignement du français à sa fille (si ça continue je vais devenir ami avec toute la famille, il manque plus qu'ils me présentent la grand'mère, paraît-il "la plus mignonne mémé du monde"), et, avec un peu de motivation, tarot avec les copains. Enfin, ne boudons pas les plaisirs simples : en ces temps de frisquette, j'ai découvert le bonheur de se poser dans un café avec un bon bouquin, histoire de se réchauffer les extrémités (je vous en prie...), y compris le bout de la langue qu'on se brûle délicieusement en sirotant son "caramel macchiato" ou en lapant son "caffè (sic) latte". Un vrai remède au spleen, il suffit de se laisser couler dans l'ambiance feutrée par la buée sur les vitres, les boiseries dorées et les volutes du café (si seulement ça avait le goût de son odeur!). Quand on refait surface et qu'on lève le nez de son bouquin, y a de quoi se distraire rien qu'à regarder les gens vivre : jeunes femmes qui gloussent en se repoudrant leur petit bout de nez, lycéens gouailleurs et débraillés, hommes d'affaires somnolents, couples muets enamourés, songeurs ou absorbés chacun par leur téléphone portable. Personne ne s'engueule, on ne sent aucune tension. Si la folie pointe parfois, elle est douce. Aucune agressivité nulle part, même pas -surtout pas- de la part des employés. Le service est invariablement aimable, rapide, efficace et discret. Avec la petite phrase qui fait plaisir : "prenez votre temps". Souverain. J'en ai fait 3 rien qu'aujourd'hui.

Côté lisage (ou lecturation), récemment 3 bouquins qui se lisent bien :
-L'Histoire de Pi (de Yann Martel) : le fils d'un directeur de zoo indien raconte son aventure sur un canot de sauvetage seul avec un tigre adulte ; c'est savoureux tout plein, drôle, inventif, avec une fin extrêmement étrange, troublante...
-Le bizarre incident du chien pendant la nuit (de Mark Haddon) : un enfant autiste mène une enquête ; ça peut s'apprécier à tous les âges, et ça a le mérite de vulgariser la maladie : l'autiste est le héros mais pas le sujet de l'histoire.
-Les Ritals : Cavanna, fils de maçon italien, raconte son enfance dans la banlieue Est des années 30. Ah le petit Chianti qu'on boit dans les ruelles, en maniant la truelle, du côté de Nogent ! Je n'ai pas encore fini de lire. C'est poésie, nostalgie, déconnade, le style est un pur délice, j'ai vérifié dans le dico, le vrai mot que je veux dire c'est "truculent". A souhait. C'est Zola vu par un Doisneau égrillard, Pagnol cuisiné à la tomate et au basilic arrosé au Fernet Branca, la guerre des boutons sur les pavés, pour la plage tu repasseras, le tout dans une idéalisation nostalgique proche du Big Fish de Tim Burton. Comme disait Coluche, "c'est beau la misère, surtout quand c'est bien fait..." (avant d'ajouter "...pour eux!")
Coïncidence (?), ces 3 bouquins, fictions ou biographie romancée, ce sont 3 ados qui racontent chacun leur vie.

Côté visionnage, j'ai essayé de profiter du cinoche, comme à chaque retour en France. Lord of War (avec Nicholas Cage) était bien décapant. L'histoire d'un marchand d'armes prétexte d'un docu-fiction édifiant sur ce trafic qui ne connaît pas la crise. Plusieurs de mes potes ne l'ont pas trouvé assez cynique... c'est que je dois être bien naïf, mais faut pas exagérer, on a vu des productions hollywoodiennes plus angéliques. A propos, vous êtes allés voir le dernier Besson ("Angel A") ? C'est l'arnaque, hein ! Pas étonnant qu'il crève de trouille devant la critique au point d'avoir entretenu le mystère marketing. Pas con, Besson : empêcher les critiques de voir le film c'est en assurer la promo à risque à zéro, pour un produit qui vaut à peine plus, et vole tellement bas qu'il ne parvient à enculer que les mouches à merde qui daignent se poser sur lui. Bon, je m'énerve, mais je l'ai eue mauvaise d'engraisser à la fois Pathé et Besson pour cette double bouse (même si j'aime bien Jamel) !

Histoire de terminer sur une note positive, voici mes projets pour les semaines à venir : partir au ski (snowboard plutôt), m'essayer à l'enseignement du français commercial à des Japonais, trouver des potes qui voudront bien partager ces quantités gastronomiques de saucisson que j'ai réussi à passer à la douane, ranger ma piaule, nettoyer ma cuisine, répondre aux dizaines de mails en retard et classer diverses paperasses administratives.

Des brouettes de bisous à tous

Inch'Allah !!

Tuesday, January 17, 2006

Sahel

Il est tellement maigre, on peut même pas dire que c'est un squelette : y'aurait pas la place pour la moelle.