Friday, March 10, 2006

Il ne faut pas confondre "pas de cul" et "sans fondement".

Sunday, February 19, 2006

L'Internationale des croûtons

Autre unité qu'il faudrait organiser : celle des vieux. Il ne me paraît pas normal qu'avec autant de personnes qui ont des problématiques communes (maladie, proximité de la mort, pensions...), leur pouvoir d'achat et la part du gâteau gâteux électoral qu'ils représentent, ils soient autant marginalisés. On ne les entend pas. Je veux dire : au niveau national. Ils ne défilent pas dans la rue, n'ont pas de lobby particulier qui défende leurs intérêts. Ca ne les empêche pas de râler, mais en général c'est contre leur belle-fille plutôt que contre le gouvernement ou le grand capital, pour des histoires assez mesquines concernant les effets néfastes de la météo sur leurs articulations rouillées ou contre la marmaille du quartier qui joue bruillamment au foot contre le mur de leur chambre. Ils ont pourtant forcément des revendications plus nobles et collectives. Mais j'ai l'impression que quand on vieillit, il s'opère un repli individualiste. Je peux comprendre ce choix individuel, à défaut de l'accepter : pour la plupart d'entre eux, ils sont fatigués, désabusés, et n'ont pas d'intérêt rationnel à se battre pour l'avenir. A leur âge, mieux vaut nourrir une espérance égoïste dans l'existence d'une vie après la mort, qu'une aspiration à l'amélioration collective de la vie terrestre.
Mais quand même, ils manquent sérieusement d'organisation collective. J'espère que ça viendra maintenant que les baby boomers arrivent en retraite. Cette génération a pris l'habitude de revendiquer - même si elle n'a pas vraiment connu le manque - et a été celle qui a le plus rêvé à un avenir pacifiste au milieu d'éternels champs de fraises.
Ce n’est spas par pur altruisme gérontophile que j’en appelle à une plus grande considération envers les vieux dans notre société mais surtout parce que ce serait du gâchis qu'ils soient parvenus jusqu'à cet âge si tout ce qu'ils ont vécu et appris ne servait à rien : autant de ressources en terme d'expérience, de savoir faire, de mémoire, de sagesse… Brassens a cette chanson célèbre "l'âge n'y fait rien à l'affaire : quand on est con, on est con". Offspring aussi (oui, j'ai des goûts musicaux assez variés...), dans son morceau "Elders", interpèle nos aînés qui passent leur temps à nous dire quoi faire mais qui feraient mieux de commencer à suivre eux-mêmes leurs propres conseils : "how does it feel to be like you?".
Je suis donc pour l'utilité sociale des vieux. Sinon on ne va pas les supporter ! Ni nos nerfs ni nos finances. L'idée est bien de les faire bosser après l'âge de la retraite. Ca les aiderait déjà à se maintenir en forme mentale. Et ils y trouveraient sans doute une certaine fierté. Je suis sûr qu'il y a plein de vieux qui se sentent inutiles et dépassés, et qui croient qu'ils ne peuvent plus rien apporter à la société. D'ailleurs s'ils n'ont pas conscience qu'ils sont une charge, il faudrait le leur dire pour les inciter à vouloir continuer d'apporter leur contribution positive.
Sans aucune obligation bien sûr. En contrepartie, pour ceux-là qui ont envie d'aider, il faut leur leur faciliter la tâche. Ne serait-ce qu'en les faisant témoigner. Evidemment, pas de travaux physiques pénibles, ni de grandes responsabilités, ni d'horaires contraignants. Ca pourrait être des boulots de formation (soutien scolaire, intervenants dans les classes, les entreprises, les ANPE, les "banlieues"... les maisons de retraite aussi !), d'aide humanitaire de proximité, d'animation culturelle... Je pense que ça se fait déjà à une certaine échelle, mais le principe serait d’institutionnaliser et de faciliter ce système. Et même s'ils n'ont pas la pédagogie, les vieux peuvent être des témoins extrêmement précieux, ils sont des trésors vivants, grands ou petits, forts ou faibles, succès ou échec, ils ont tous un vécu dont on peut forcément apprendre. Comme chaque être humain, mais eux ils ont accumulé en moyenne plus de "valeur".

Pour finir, méditons l’expérience du Japon, laboratoire du monde en ce qui concerne les sociétés vieillissantes : les statistiques notent que la délinquance juvénile recule, mais ce qui augmente, c'est la délinquance... sénile ! Désormais 10% des délinquants ont plus de 65 ans... La plupart du temps les délits commis par cette population qui se paupérise le sont pour l'argent. Faites passer le message : ne laissons pas les vieux sur le bord du chemin, sinon ils vont nous rendre la vie impossible !

Inch' Allah by Allah Inc.

Alexandre Adler, le géopolitologue qui pède plus vite que son ombre, dans le bouquin qu'il a écrit pour que mes grands parents puissent me l'offrir ("Rendez-vous avec l'islam"), espère que face à l'islamisme mondialisateur va se dresser un modèle de démocratie musulmane porté par deux pays progressistes : Iran et Turquie. Autant pour ce dernier je dis pas, son besoin du soutien des USA et sa volonté d'entrer dans l'UE peuvent sans doute l'inciter à un certain pragmatisme. Mais l'Iran, pardon, avec ce barjo d'Ahmadinedjad qui reprend son programme nucléaire pour accélérer la solution finale en Israël ?!!
Malgré ça, la thèse de départ du bouquin sonne juste : le projet islamisme prend aujourd'hui le relai d'un projet pan-arabe qui a échoué. Il faut donc le remplacer, ou le faire renaître pour couper l'herbe sous le pied des radicaux. Mon idée, vague, d'unité arabe ce serait que justement c'est pas une unité musulmane. Si seulement ils pouvaient nous pondre une loi de séparation de la Mosquée et de l'Etat, et que la religion reste confinée à la sphère privée - parce qu'il y a partout des gens qui rêvent de démocratie, et la laïcité en est une condition - alors il faudrait trouver autre chose. Le monde s'organise aujourd'hui en blocs (USA, Europe, Chine...), l'espace arabe pourrait en être un autre. Prenons le cas de l'UE : ce bloc est porté par un projet politique en réaction à l'Histoire (la paix en Europe), organisé au départ surtout économiquement (CECA) et cimenté par une culture commune, religieuse certes (racines chrétiennes) mais pas seulement (féodalisme, Lumières...). De la même façon, pourquoi ne pas imaginer que le bloc arabe puisse être inspiré par le projet politique de retrouver sa grandeur passée, initié par des solutions concrètes à des problèmes économiques paralysants (eau, énergie), le tout dans le respect de son lien profond avec l'Islam, mais pas en son nom. Comme l'Europe, ça pourrait commencer par une alliance entre un petit nombre de pays "leaders", là ça rejoint peut-être l'idée d'A. Adler avec ses 2 gros pays qui peuvent s'apporter mutuellement pour servir ensuite de modèle, voire de locomotive, comme l'ont fait la France et l'Allemagne en leur temps.
Tiens faudrait voir si ça peut pas s'appliquer à l'Afrique aussi, mais là j'ai pas le temps, il faut que je rachète des yaourts.

Friday, February 17, 2006

Pourquoi je déteste les chainmails

Extrait d'un mail écrit à un pote...
(...) à la fin, comme TOUTES les "chaînes", t'incite à propager la chaîne pour qu'il t'arrive plein de trucs super, ça encore à la rigueur OK, mais en plus si tu fais pas ce qu'ils te disent ils te menacent carrément (genre "vous n'allez plus jamais niquer"). Je comprends tout à fait qu'on diffuse des blagues marrantes, j'aime bien même, mais les chaînes pour superstitieux, ben moi ça me gave, et j'explique pourquoi, et c'est pas la 1ère fois.
Déjà la superstition c'est prendre les gens pour des cons, et ça m'énerve de voir que mes amis (qui ne sont pourtant pas des cons) se laissent prendre. Tant que ça reste leur problème, à la rigueur tant pis pour eux j'ai rien à dire, mais le principe même du "chain mail" c'est exactement comme un virus, il t'incite à polluer la boîte aux lettres des autres pour pouvoir bénéficier des effets "magiques" du mail. Si on réfléchit 2 secondes, ça revient à FAIRE CHIER LE MAXIMUM DE MONDE POUR SERVIR SON SEUL INTERET PERSONNEL. C'est donc même pas question d'y croire ou pas (et personnellement je suis convaincu que c'est de la connerie, j'en ai la preuve), c'est une simple question de RESPECT. Au passage, comme par hasard, les gens qui passent ce genre de mail sont en général ceux qui ne donnent jamais de nouvelles et ne répondent pas (ou peu) aux mails perso...

Voilà c'est dit !

Sunday, January 29, 2006

Confidences de salon

La tisannière, satisfaite de son mari : "il est très bien mon thé", aurait-elle déclaré.

Saturday, January 28, 2006

TN 2006

(en photo : le marché de L'Isle-sur-la-Sorgue - cliquez dessus pour agrandir!)

Et walla, walla, nouvelle année, une bonne résolution : un nouveau Tokyo News.

Qui débarque sans prévenir.
Pourquoi maintenant et pas avant ? ou plus tard, ou jamais ? Ce sont des très mauvaises questions, je ne me remercie pas de me les être posées. Sans doute que j'attendais l'inspiration, et j'ai fini par me lasser. C'est toujours la même question au moment de s'atteler à la tâche : par quoi commencer ? C'était déjà terrible avant, devant les copies d'examen, m'enfin au moins il y avait une limite au temps imparti, à la quantité d'encre, au papier bien délimité avec ses carreaux et sa marge. Mais là, devant cette page virtuellement infinie, ces millions de pixels blancs, je vous dis pas l'angoisse. Alors rien à faire, il faut se lancer, laborieusement d'abord, puis de même que l'appétit vient en mangeant, que l'anémie vient en mangeant pas, que l'appéritif revient en rotant, que la petite vient en pleurant, l'"a" petit revient quand on désactive la touche "majuscules", que l'Amérique viendra en Iran, que l'amnistie vient en pardonnant, que l'amnésie vient en... euh, en quoi faisant, déjà ? que la bêtise vient trop souvent, et l'à-peu-près vient aux feignants, l'inspiration, elle, vient au tournant. En plus ce coup-ci c'est facile, il me suffit de commencer par vous souhaiter tout plein de bonnes choses pour 2006. Je crois que je ne vais plus écrire qu'une fois par an. Donc voilà, je vous souhaite, et de tout coeur, une magnirificobolante année à tous, je vous souhaite d'avoir plein de projets heureux et de vous donner les moyens de les atteindre et de recevoir le petit coup de pouce, de pied ou de cul, qui pousse au train quand on traîne les pieds.

Mon année à moi a commencé sous de belles étoiles. Celles du ciel pur et glacial de Provence, vitrifié par le Mistral qui gagne, rince la nuit et la fige dans un marbre polaire, au dessus de la terre bleutée de pleine lune pâle. A Lagnes, la baraque des parents est magnifique, enfin complète. Bien bourge et décorée avec bon goût.
Le jour de l'an c'était le ski où qu'on s'caille, le chalet chaleureux, et le resto de montagne où qu'on s'éclate la rate à la raclette. Bref, la récidive de l'an dernier, avec quelques absents et des nouvelles têtes : Miss Fantastic (la femme invisible, qu'on a pu voir parce qu'elle était en vacances) et les jumelles (la rouge et la blanche). Mes autres souvenirs de ce séjour français sont noyés de festins hospitaliers : la fondue savoyarde chez les tailladés, le couscous chez les autres tailladés, la galette chez les cousins, le chili de l'anniv de Nini. Sans compter les restos, pas en reste, et le reste justement c'était tournée de la famille. Le dernier jour, visite au marché de l'Isle sur la Sorgue pour rapporter en souvenir des bouts de Provence à caler dans ma valise. Une fois encore, toutes mes confuses à ceux que je n'ai pas eu (ou pris) le temps de voir : Mehdi t'es toujours à Martigues ? Benjy, Bordeaux c'est pas tout près non plus faut dire, Cyril et Glad on est pas passés loin cette fois...

J'ai repris le taf mercredi. Comme je rentrais après tout le monde, il fallait raccrocher le train en marche mais l'activité est, disons, raisonnable. Il y a d
u neuf dans mon équipe : Nicolas, notre volontaire international / veilleur stratégique, après 2 ans à la ME (il était arrivé peu après moi), vient d'être remplacé par un autre jeune, Benoît. Première impression plutôt bonne. En plus de ça, on vient de prendre un stagiaire, qu'il va falloir gérer pendant 3 mois, mais il a l'air assez débrouillard. Sinon les 3 assistantes, Akiko, Asako, et Yoko, alias mes chères Charlie's Angels, sont toujours fidèles au poste. Je suis plein de bonnes résolutions à leur égard, alors j'espère que cette année se passera encore mieux que l'an dernier. Quant à ma boss Sylvie, son départ est prévu en avril, je devrais la remplacer au moins provisoirement jusqu'en septembre. Vous aussi, vous aimeriez bien savoir ce qui se passera après ?
Pour l'instant mon principal souci est d'encaisser le décalage horaire. Classique, je sais qu'il me faudra 2 semaines avant de m'en remettre complètement, mais pour l'instant ça me permet d'être sur pied à 4h du mat. Un peu dur quand il y a des réceptions au bureau où on a du mal à virer les Japonais qui s'accrochent aux petits fours jusqu'à dix heures du soir. Durant cette semaine déjà bien entamée, la ME organisait deux petites sauteries, une où mon bigboss, qui s'appelle Jean-Yves (comme Cousteau ou Lafesse, mais en moins marrant), nous a présenté ses voeux ; et l'autre c'était la même chose mais avec nos contacts extérieurs VIP, là un vieux Japonais m'a tenu la jambe, c'était même pas moi qui l'avais invité (il bosse pour la filiale locale d'Europcopter) et maintenant il veut m'offrir à boire le coup chez lui, paraît-il que je lui ai ouvert les yeux sur le fait que les femmes japonaises étaient matérialistes... Le weekend arrivé, j'ai dormi 18 heures d'affilée. 1 tour de cadran et demi. Je me suis réveillé samedi en fin d'après-midi tout dépité de découvrir ce qui me restait du weekend, avec cette compensation de voir Tokyo sous la neige, bien 10cm de coton, et ça continuait à tomber dru. Première fois, de mémoire, que ça tient aussi bien. La mégalopole y gagne en esthétique, ce qui n'est pas qu'un moindre mal.

La vie au Japon n'étant pas seulement synonyme de boulot -dans mon cas du moins, parce qu'il y a des énergumènes par ici... - je vais aussi pouvoir reprendre des activités sympas : taekwondo, foot sale (mini-football à 5 contre 5) avec Masa et ses collègues de bureau, cours de japonais avec ma prof/amie Kako, enseignement du français à sa fille (si ça continue je vais devenir ami avec toute la famille, il manque plus qu'ils me présentent la grand'mère, paraît-il "la plus mignonne mémé du monde"), et, avec un peu de motivation, tarot avec les copains. Enfin, ne boudons pas les plaisirs simples : en ces temps de frisquette, j'ai découvert le bonheur de se poser dans un café avec un bon bouquin, histoire de se réchauffer les extrémités (je vous en prie...), y compris le bout de la langue qu'on se brûle délicieusement en sirotant son "caramel macchiato" ou en lapant son "caffè (sic) latte". Un vrai remède au spleen, il suffit de se laisser couler dans l'ambiance feutrée par la buée sur les vitres, les boiseries dorées et les volutes du café (si seulement ça avait le goût de son odeur!). Quand on refait surface et qu'on lève le nez de son bouquin, y a de quoi se distraire rien qu'à regarder les gens vivre : jeunes femmes qui gloussent en se repoudrant leur petit bout de nez, lycéens gouailleurs et débraillés, hommes d'affaires somnolents, couples muets enamourés, songeurs ou absorbés chacun par leur téléphone portable. Personne ne s'engueule, on ne sent aucune tension. Si la folie pointe parfois, elle est douce. Aucune agressivité nulle part, même pas -surtout pas- de la part des employés. Le service est invariablement aimable, rapide, efficace et discret. Avec la petite phrase qui fait plaisir : "prenez votre temps". Souverain. J'en ai fait 3 rien qu'aujourd'hui.

Côté lisage (ou lecturation), récemment 3 bouquins qui se lisent bien :
-L'Histoire de Pi (de Yann Martel) : le fils d'un directeur de zoo indien raconte son aventure sur un canot de sauvetage seul avec un tigre adulte ; c'est savoureux tout plein, drôle, inventif, avec une fin extrêmement étrange, troublante...
-Le bizarre incident du chien pendant la nuit (de Mark Haddon) : un enfant autiste mène une enquête ; ça peut s'apprécier à tous les âges, et ça a le mérite de vulgariser la maladie : l'autiste est le héros mais pas le sujet de l'histoire.
-Les Ritals : Cavanna, fils de maçon italien, raconte son enfance dans la banlieue Est des années 30. Ah le petit Chianti qu'on boit dans les ruelles, en maniant la truelle, du côté de Nogent ! Je n'ai pas encore fini de lire. C'est poésie, nostalgie, déconnade, le style est un pur délice, j'ai vérifié dans le dico, le vrai mot que je veux dire c'est "truculent". A souhait. C'est Zola vu par un Doisneau égrillard, Pagnol cuisiné à la tomate et au basilic arrosé au Fernet Branca, la guerre des boutons sur les pavés, pour la plage tu repasseras, le tout dans une idéalisation nostalgique proche du Big Fish de Tim Burton. Comme disait Coluche, "c'est beau la misère, surtout quand c'est bien fait..." (avant d'ajouter "...pour eux!")
Coïncidence (?), ces 3 bouquins, fictions ou biographie romancée, ce sont 3 ados qui racontent chacun leur vie.

Côté visionnage, j'ai essayé de profiter du cinoche, comme à chaque retour en France. Lord of War (avec Nicholas Cage) était bien décapant. L'histoire d'un marchand d'armes prétexte d'un docu-fiction édifiant sur ce trafic qui ne connaît pas la crise. Plusieurs de mes potes ne l'ont pas trouvé assez cynique... c'est que je dois être bien naïf, mais faut pas exagérer, on a vu des productions hollywoodiennes plus angéliques. A propos, vous êtes allés voir le dernier Besson ("Angel A") ? C'est l'arnaque, hein ! Pas étonnant qu'il crève de trouille devant la critique au point d'avoir entretenu le mystère marketing. Pas con, Besson : empêcher les critiques de voir le film c'est en assurer la promo à risque à zéro, pour un produit qui vaut à peine plus, et vole tellement bas qu'il ne parvient à enculer que les mouches à merde qui daignent se poser sur lui. Bon, je m'énerve, mais je l'ai eue mauvaise d'engraisser à la fois Pathé et Besson pour cette double bouse (même si j'aime bien Jamel) !

Histoire de terminer sur une note positive, voici mes projets pour les semaines à venir : partir au ski (snowboard plutôt), m'essayer à l'enseignement du français commercial à des Japonais, trouver des potes qui voudront bien partager ces quantités gastronomiques de saucisson que j'ai réussi à passer à la douane, ranger ma piaule, nettoyer ma cuisine, répondre aux dizaines de mails en retard et classer diverses paperasses administratives.

Des brouettes de bisous à tous

Inch'Allah !!

Tuesday, January 17, 2006

Sahel

Il est tellement maigre, on peut même pas dire que c'est un squelette : y'aurait pas la place pour la moelle.

Sunday, December 25, 2005

ET N'OUBLIEZ PAS D'ETEINDRE LE FEU DANS LA CHEMINEE !


Konnichiwa les gens !
J'espère que ça roule et que tout le monde s'apprête à passer un bon Noël.
Comme vous le savez peut-être, dans un Japon qui compte moins de 1% de chrétiens, Noël est une fête absolument pas religieuse... mais très importante. Ce pays s'est approprié sans problème pas mal de fêtes complètement extérieures à leur culture : Noël, St Valentin, Halloween... A chaque fois, c'est la grand messe marketing. Ils sont forts ces Ricains. OK les consommateurs ici sont naïfs et influençables, mais on va éviter de se moquer d'eux, vu que l'image du Père Noël tel qu'on le connaît aujourd'hui, c'est quand même Coca Cola qui nous l'a imposée. Et puis si c'est si bien passé, c'est aussi que les Japonais sont preneurs de toute occasion de faire la teuf, institutionnalisée de préférence.
... qu'ils adaptent ensuite à leur sauce (de soja). La spécificité de Xmas (c'est comme ça qu'ils appellent Noel), c'est qu'ici la coutume veut qu'on le passe en couple. Célibataire, tant pis pour ta gueule ! Depuis quelques jours, la Tour de Tokyo, symbole phallique s'il en est, s'habille par intermittences d'un coeur rose. Si Noël est bien une fête de l'amour, ce n'est pas celui de Dieu avec les hommes, c'est celui des humains entre eux. Et moi qui croyais que le X de "Xmas" était une simple abréviation pour le Christ (en croix), il semble surtout que ça présage de la fin de la soirée. Bref, c'est un Noël pas pour les enfants ! D'ailleurs on ne voit pas de bon Papa Noël barbu et ventripotent dans les rues commerçantes, mais des jeunes filles habillées de bonnets et de costumes rouges à fourrure blanche, très courts, je vous dis pas les courants d'air en plein décembre. Une façon d'inciter le célibataire à consommer aussi (tu vois, on t'oublie pas!).
Heureusement pour cette année, j'ai trouvé un plan de rattrapage : je réveillonne avec une poignée... de Français (et francophones). On va faire les courses ensemble l'après-midi, puis cuisiner, s'offrir des cadeaux et se faire rire le bide avec tout plein de bonnes choses. La journée du 25, je vais peut-être aller voir Masa et sa petite famille, histoire de goûter à la chaleur d'un vrai foyer (sniff !).
Ensuite le 26 je bosse, je dois bien ça à la France... avant de partir en vacances la rejoindre pour une petite vingtaine de jours ! Pour la première fois, je vais prendre British Airways, j'aurai peut-être même le temps de croiser une copine à Londres, au milieu de mon changement entre les aéroports Heathrow et Gatwick (c'est un peu comme Roissy et Orly), ça va être simple ça encore...
Un petit mot du temps. La capitale seule semble avoir été épargnée par des chutes de neige exceptionnelles sur l'ensemble du pays. Une fois encore, tout le monde se plaint du froid. Moi je trouve que ça va bien, on a des journées magnifiques et même la nuit la température ne descend pas en dessous de zéro. Il fait bon dans mon petit appart, baigné chaque matin d'un soleil qui se prend pour l'ami Ricoré à s'inviter chez moi au petit déjeuner.
Mercredi dernier c'était test de Taekwondo. Vu ma souplesse de rhinocéros arthritique, c'était pas brillant, mais j'espère quand même qu'ils me fileront la ceinture jaune. Résultats le mois prochain. Le prof et l'ambiance sont sympa et je ne veux pas abandonner malgré des progrès jusqu'ici ridicules.
Je viens de terminer une biographie de Romain Gary. Un type qui a écrit plus d'une trentaine de romans et est le seul à avoir reçu 2 fois le prix Goncourt, en prenant un pseudonyme : Emile Ajar. Si vous ne connaissez pas encore cet auteur, jetez-vous sur "La vie devant soi" (écrit sous ce même pseudo). La biographie de ce type que j'admirais aveuglément m'a laissé perplexe. D'abord le personnage n'est pas du tout aussi sympathique que son génie littéraire me l'avait fait croire. C'était un affabulateur, un manipulateur, un mythomane égocentrique et hypocondriaque, un séducteur pathologique qui a cocufié ses femmes sans s'embarrasser de trop de scrupules, et qui lorsqu'il était Ambassadeur, a menti avec talent en défendant pour la France un discours colonialiste profondément à l'encontre de ses convictions.
Mais c'était aussi un angoissé chronique qui habillait d'humour sa véritable désespérance du genre humain et de la marche du monde, ce qui me le rend plutôt sympathique. S'il a fini par se suicider, je crois que c'est parce qu'il avait peur de vieillir, mais aussi c'est parce qu'il avait le sentiment d'avoir terminé son oeuvre, d'avoir accompli ce pour quoi il était venu à la vie. Ses tous derniers mots : "Je me suis bien amusé. Au revoir et merci." C'est ce qui s'appelle réussir sa sortie, non ?
Bon, perso heureusement, j'en suis pas encore là !
J'espère voir un maximum d'entre vous lors de mon passage en France (du 27 décembre au 17 janvier). En attendant...
Je vous souhaite à tous UN EXCELLENT NOEL avec de vrais morceaux de marrons dans le cul de la dinde et des éviers pas trop bouchés !
Aurélien

Les Juifs ont (intérêt à avoir) de l'humour

En cette journée de Noël, inspiratrice d'amour de l'humanité, me vient une définition de "l'Hollocauste" : système de voyages organisés par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale ; ça a surtout attiré les Juifs paske c'était pas cher. D'où le nom : "le low cost".

Thursday, December 08, 2005

Nippo-Schizo

汚冷裏闇です。Dr. Jekyll & Mr. Hydeみたいに御礼利安の反対側だけど...

Friday, September 30, 2005

Frustration

J'ai enfin réussi à sortir avec la fille de mes rêves. Dommage que c'en était un.

Tuesday, September 20, 2005

Marche pas dans la mode, ça porte malheur

La mode a commencé lorsque les vassaux de tout poil ont cherché à imiter les atours du roi, inconsciemment pour s'approprier l'apparence du pouvoir, consciemment pour se faire bien voir de celui-ci. A part ça, rien ne prouve que la mode est affaire d'arrivistes et de lèche-culs.

Saturday, September 10, 2005

Faucons et vrais imbéciles

Il ne faut pas confondre "neocons" et "nouveaux beaufs".

Tuesday, July 19, 2005

Tokyo News, HS juin 2005













Dans l’épisode précédent, votre héros se préparait à venir passer 2 semaines de vacances en Provence, soit le quota annuel de congés payés d’un Japonais.
Il faut dire que, grâce à un sentiment de culpabilité savamment entretenu vis-à-vis des collègues, ils ne peuvent concevoir de passer plus de 3 jours consécutifs sans travailler. Moi-même, je culpabilise tellement que je me sens contraint à tenir une comptabilité rigoureuse de mes vacances : depuis 3 jours que je suis rentré, la température extérieure oscille entre 36 et 39 degrés. J’ai dormi en moyenne 9 heures par jour. Je me suis fait inviter 3 fois à la piscine, 1 baignade en bord de rivière, 2 barbecues. J’ai au compteur 2 indigestions, 3 insolations, et 1 méga coup de soleil cancérigène fluorescent dans le dos. Le bilan est nettement moins brillant côté fiesta et débauche : 0 gueule de bois à déplorer, 0 conquête féminine à célébrer. Je me rattrape par les loisirs : 5 films en salle. Il faut dire qu’avec la fête du cinéma, les places sont 6 fois moins chères qu’au Japon. J’ai vu, par ordre croissant d’intérêt : Brice de Nice (même ratage lors du passage à l’écran que Mr. Bean), Batman Begins (bof malgré la première partie), Les Poupées Russes (sympa en tous cas pour un célibataire qui approche la trentaine, vit entre deux pays, et doute sérieusement d’arriver un jour à se fixer sentimentalement), Garden State (un film américain mais beau et touchant), Sin City (à déconseiller aux personnes sensibles, mais terriblement réussi et original).

Mais place à votre feuilleton de l’été : voici le récit d’un récent périple de 4 jours avec 2 amies japonaises, chez les parents de l’une d’elles, qui habitent Kyushu (prononcer « kiouchou »). Des quatre îles principales du Japon, Kyushu est la plus méridionale, avec ce que ça implique de mer, de proximité culturelle avec la Chine et la Corée, et d’accent plein de soleil... C’est la terre de Fukuoka, de Nagasaki, l’autre martyre de la bombe
3 jours après Hiroshima (pour le message subliminal, c’est pile la date mon anniversaire^^). C’est le Japon où ont accosté les premiers étrangers occidentaux ayant visité ce pays (contrairement à une idée répandue, il y en a eu avant Saint François-Xavier, ce missionnaire du XVè ou XVIè, euh… arrondissement ?). L’île est à 6 heures de Tokyo en shinkansen, alors il vaut mieux prendre l’avion, c’est d’ailleurs moins cher. Les parents de cette amie japonaise, mi-fonctionnaires locaux, mi-agriculteurs, sont des Japonais des champs. Ils habitent ce que les Japonais des villes nomment « do-inaka » (= la « campagne profonde », avec la même légère connotation péjorative). Les habitations sont quand même regroupées en hameaux, rarement isolées.

La maison familiale est posée au milieu des rizières. Non loin, un torii (vous savez, ces portiques à l’entrée des lieux de culte shinto, un peu en forme de « pi (3,14) ») planqué dans un bosquet mène à un sanctuaire de bois sur pilotis, reconstruit après avoir brûlé à cause de collégiens maladroits qui y fumaient en cachette (je soupçonne l’histoire d’être suffisamment romancée ou rabâchée pour sa valeur morale). Le paysage général ne manque pas de charme, sans être non plus d’une beauté époustouflante : c’est plat, boueux, et en fait de végétation, au début j’ai cru qu’ils faisaient pousser des pylônes électriques. Quand donc se décideront-ils à enterrer les fils ? Pas demain selon toute apparence : outre les considérations de coût et les contraintes sismiques, les Japonais ne se montrent pas concernés outre mesure. Mes compagnons de voyage prétendent ne même plus voir les fils (ici, ignorer un problème suffit souvent à le résoudre ; c’est la méthode nia-coué, qui consiste à ignorer les inconnus dans un métro bondé pour rendre cette promiscuité supportable, ou encore ignorer collectivement un collègue pour le pousser à la démission). Ce qui n’empêche pas les cartes postales d’être retouchées pour ne pas voir tous ces câblages disgracieux.


Au Japon, la plupart des maisons individuelles sont entièrement reconstruites tous les 20 ou 30 ans, sur leurs anciennes fondations. Celle-ci a été refaite il y a 6 ans. Franchement grande pour un habitué des cages à lapins tokyoïtes. Le style est un savoureux compromis entre traditionnel et contemporain. La pièce dans laquelle nous dormons est sans doute la plus représentative du premier aspect : fusuma (portes coulissantes en bois) à chaque issue, décoration et mobilier minimalistes, omniprésence du bois, tatami (et les futons qui vont avec), butsudan (autel bouddhiste pour révérer les ancêtres) surplombé de grands portraits sepia des récents défunts de la famille, alcôve (dont j’ai oublié le nom technique) où l’on dispose certains objets de décoration en laque et de la décoration florale (ikebana). A côté de ça, ils ont des toilettes ultra modernes avec siège chauffant et jets nettoyeurs, un furo (baignoire) qui signale par quelques notes de musique que l’eau est à la bonne température, un détecteur à l’entrée qui gazouille pour accueillir tout visiteur (vite énervant vu les passages intempestifs du voisinage), de petites lumières à la base des marches qui s’allument automatiquement lorsqu’on s’approche de l’escalier... Cette « maison intelligente » est adaptée aux vieux « personnes à mobilité réduite », ce qui tombe bien car en plus des parents, elle abrite la grand-mère (« O-bâchan »). Enfin, le logis est protégé par deux chiens soi-disant de garde, sauf qu’ils sont remisés à l’arrière de la maison. Luna et Leo sont deux bons bâtards frère et sœur, gentils comme toutout. Pour l’anecdote, Leo c’est le verlan de mon diminutif japonais (Aurélien --> Auré --> Olé --> Leo). Ca a l’air tordu comme ça, mais la grand mère semblait prendre un malin plaisir à faire la confusion, par dyslexie ou taquinerie, je n’ai jamais trop su... Il faut dire que je suis vraiment très poilu pour les standards japonais (français aussi en fait).

Cette demeure très accueillante est un grand lieu de passage régulièrement visité par la famille (mon amie a un frère et une sœur, qui habitent dans le
coin) et les voisins et amis qui y viennent pour échanger les derniers potins et troquer deux litres de lait contre un sac de riz ou es aubergines qui sont la fierté de la grand-mère et de son potager (en un seul mot). Outre la qualité de l’accueil qui m’a été personnellement réservé (d’autant plus touchant que je les devinais aussi intimidés que moi, sinon plus), j’ai apprécié ces relations si précieuses, cette économie « parallèle », loin des considérations de marketing et de rentabilité dans lesquelles je baigne au quotidien. Durant ces 4 jours, nous ne sommes pas restés cloîtrés dans la baraque. Certes ce fut le lieu de quelques agapes, siestes gratinées et autres sommeils de plomb même pas dérangé par la coassophonie des grenouilles alentours (avez-vous déjà entendu un crapaud qui fait le même bruit qu’un portable sur vibreur ? très déstabilisant…).

Mais nous avons aussi pas mal visité la région.
1er jour, la côte nord-ouest et Fukushima : balade en voiture le long des côtes découpées, déjeuner dans un petit port de pêche avec restaurant de fruits de mer obligatoire. Quelques tables surélevées sur tatami (pas assez de recul et de souplesse pour m’asseoir confortablement), autour d’un bassin où barbote un élevage de seiches. Nouvel essai : le « ikizukuri » de seiche. La pauvre bestiole est préparée et dévorée vivante ! C’est paraît-il une preuve de fraîcheur très appréciée des Japonais. Comme les huîtres chez nous. Sauf que c’est déjà pour ça que je ne mange pas d’huîtres crues (il faut dire que je n’ai jamais eu l’occasion non plus). Alors que le mollusque nous dévisageait de son œil humide et lançait des SOS en agitant les tentacules, les 3 Japonaises qui m’accompagnent se régalaient en grappillant de leurs baguettes les morceaux prédécoupés de sa couche supérieure blanche et caoutchouteuse. Moi je n’ai pas eu le cœur et ai attendu qu’il nous revienne en tempura (beignets frits).

2ème jour, le Mont Aso : le grand air, le grand vert, sans câbles électriques, si ce n’est ceux du téléphérique qui mène au sommet de ce volcan en activité. Là nous attend une vue spectaculaire : l’intérieur du cratère, ceint par la caldeira, une découpe naturelle particulière dans le rocher multicolore. Le lac quasi-asséché laisse apparaître le fond du cratère, d’où émanent des fumées épaisses et menaçantes. Un responsable du site nous explique que cela fait une dizaine d’années qu’il n’avait observé une telle activité. Une partie de la visite est fermée au public, car le vent y a porté ce matin des gaz toxiques. A midi, on essaie une spécialité locale, le « curry-volcan » : le riz est en forme de cratère, d’où déborde la sauce. Très bien pour faire manger les gamins. Je me suis régalé.


3ème jour, les canaux de Yanagawa : descente bien agréable sur une barque, chargée d’une douzaine de touristes et menée par un gondolier intarissable de chansons et d’histoires sur tel arbre à fleurs, telle muraille, tel jardinet… Nous sommes accompagnés d’une autre amie japonaise et de ses deux petites filles de 2 et 4 ans, Yui et Mami, assez sages et pour tout dire adorables. On me les colle dans les bras et je ne saurais dire lequel était le plus mal à l’aise. Pour le déjeuner, passage obligé dans un restaurant dont la spécialité est l’anguille. Après la seiche, c’est la deuxième fois que je mange un plat auquel je m’étais pourtant juré de ne plus goûter, et que je suis agréablement surpris.


Le dernier jour, la jeunesse a été un peu mise à contribution pour la culture du riz. Il s’agissait juste de transporter les plants de riz (« ine
») élevés en pépinière jusqu’aux rizières (« tambo »). Etant l’un des rares initié aux vitesses manuelles, on m’a fait conduire un « keitora » (de « kei » qui signifie « léger » et « truck », camion ; encore un exemple de l’appropriation de l’anglais par le japonais pour créer quelque chose de complètement nouveau). Cette camionnette a deux places à l’avant et une benne à l’arrière (important pour la suite). Je fais mon baptême de conduite en vitesses manuelles avec volant à droite (on s’habitue vite, une fois qu’on a remonté et descendu 2 ou 3 fois sa vitre en cherchant à passer la seconde). Les copines m’ont assuré qu’il n’y avait aucune chance de se faire arrêter, il n’y a pas de policiers dans le coin. Ca faisait environ 3 minutes que je conduisais, j’avais déjà pris assez d’assurance pour faire des zigzags à 80 sur une route limitée à 40 pendant qu’une amie faisait l’idiote dans la benne à l’arrière, lorsque « pippipîîî », coups de klaxon : un motard qui nous fait signe de nous ranger sur le bas-côté. Sa mobylette crottée fait penser à un postier, si ce n’est la boîte en plastique posée sur le porte-bagages où est écrit « POLICE ». Il est ce qu’on appelle « O-mawari-san », l’îlotier protecteur d’une zone déterminée, et qui, dans cette campagne, doit sérieusement se tourner les pouces. Il commence à réprimander la copine dans la benne et demande les papiers du véhicule et du conducteur. Lorsque je descends, il pâlit : je dois être le premier étranger qu’il voit d’aussi près. Pour vous donner une idée, mon amie est une célébrité dans son village pour avoir vécu à l’étranger (Monaco) et parler anglais et français. O-mawari-san, qui ne doit pas avoir plus de 20 ans, a plutôt une bonne tête (pâle) mais je n’en mène pas large : complètement en vacances, j’ai laissé à la maison tous ces trucs qui d’habitude ne me quittent jamais : montre, téléphone portable et papiers. De toute façon, je n’ai que la photocopie d’une traduction de mon permis de conduire, dont je sais pertinemment qu’elle est périmée. Le policier commence à vouloir noter mon nom sur un calepin, mais il se décourage dès le prénom (déjà imprononçable pour les Japonais francophones). Puis il bafouille quelque chose à propos du permis international et avance timidement l’idée qu’il faudrait peut-être faire les vérifications qui s’imposent. Il appelle des renforts mais la voix féminine à l’autre bout de son portable, si elle l’interroge sur mes nationalité, sexe, profession… (toutes considérations dont j’imagine mal en quoi elles rentrent en compte dans le code de la route) ne semble pas plus au courant que lui de la marche à suivre dans ce cas particulier. C’est bientôt l’heure du déjeuner et O-mawari n’a pas l’air motivé pour faire le déplacement jusqu’à la maison, surtout pour effectuer un contrôle dont il nous avoue « ne pas très bien connaître » les tenants et aboutissants. La menace est passée. Reste au policier à sauver la face : il nous annonce sans rire que s’il nous laisse partir sans contravention, il s’agit bien d’un avertissement. Nous voilà rassurés sur l'efficacité de la police. Et moi qui ai failli croire que son incompétence et sa feignantise l’avaient lamentablement incité à fermer les yeux sur une série d’infractions flagrantes ! Nous nous empressons d’acquiescer en chœur. Il était temps de repartir, car inquiétée par notre retard, O-bâchan était déjà partie à notre rencontre dans sa « mémémobile », une chaise électrique améliorée, avec phares, clignotants, rétroviseur, panier à provisions, qui lui assure une bonne mobilité jusque dans les champs alentours ! Tout est bien qui finit bien, et on s’est marrés tout l’après-midi en se remémorant l’épisode.

Voilà c’était un TN un peu spécial, un hors-série « Lagnes News » (pour ceux qui ne connaissent pas, Lagnes c’est le petit village provençal où habitent mes parents, mon « do-inaka » à moi). J’espère que ça vous a plu, et vous dis à bienture pour de nouvelles aventôt.

TN premier semestre 2005

Chers tous,
Au bénéfice une rarissime conjonction d'éléments du destin, coup de chance, fruit du hasard, ironie du sort, concours de circonstances, good-karma, am-stram-gram, pic-et-pic-et boule de gomme, le TN renaît enfin. Tous les ingrédients sont là, et surtout les pâtes à la bolognaise, fidèles au rendez-vous, toujours présentes à mes côtés lorsque je me décide enfin à vous écrire, je ne crois plus à une coïncidence (même si je dois bien en bouffer 1 fois par semaine).
Je commencerai par le résumé : moi, ça va ! Vu que paraît-il, certains trouvent cette lecture un peu fastidieuse, ils peuvent s'arrêter là... Pour ceux qui veulent plus de détails, je vous préviens, ça n'est pas forcément croustillant !
Le moral est plutôt bon. Il faut dire que les éléments viennent nous rappeler que la vie est fragile et qu'on peut s'estimer content d'être seulement en vie : rien que ce soir, Tokyo a eu droit à pas moins de 3 tremblements de terre. Pas dévastateurs (je ne serais pas là pour l'écrire), mais nettement ressentis et dont l'épicentre était situé dans la baie de Tokyo, tout près des côtes. Pas loin de là où j'habite en fait (pour vous situer, dans mon adresse, "Minato-ku" signifie "l'arrondissement du port").
Dimanche je suis allé mettre mon bulletin dans l'urne à l'occasion du raffarindum sur la Constitution européenne. Pour une fois, j'ai essayé de moi aussi de m'intéresser à la campagne (assez sur le tard en fait). Au début c'était surtout pour me donner bonne conscience de citoyen... Très intéressant de voir comme les différences d'opinions ne correspondaient pas du tout aux failles habituelles entre les plaques tectoniques que sont les partis politiques (excusez-moi, je suis encore sous le choc). En tranchant à l'intérieur des clivages traditionnels, ce scrutin a déchiré des amitiés, des couples, des familles entières ! Bon, je devrais éviter d'aborder ici les sujets politiques, vu que la moitié d'entre vous s'en foutent et l'autre moitié je ne veux pas me brouiller avec ! Côté sujet de conversation à table, ça a dû servir de défouloir à ceux qui en ont ras-le-bol des émissions de télé-réalité... Bien sûr, après il faut voir le nombre de personnes qui ont vraiment essayé de répondre à la question posée... Moi, ce qui me met en colère, c'est surtout l'interprétation qui est faite des résultats, et qui ne laisse pas beaucoup d'espoir de voir changer les choses. Et quoiqu'on pense de ce qui est sorti des urnes, c'est une agréable surprise (pour moi en tous cas) de voir le taux de participation à 70% ! Beaucoup plus qu'ici. Au fait, le saviez-vous, à l'étranger les Français ont voté massivement (près de 80%) pour le oui. D'ailleurs, à l'entrée du bureau de vote du Consulat à Tokyo, il n'y avait que 2 affiches : "votez OUI (socialiste)" et "votez OUI (UMPiste)". Il paraît qu'ils n'avaient pas reçu les autres affiches... et dans la poubelle de l'isoloir s'entassaient les bulletins "NON".
Ayant enfin trouvé un club d'arts martiaux pas trop loin de chez moi, je me suis inscrit au taekwondo. Pas de bol, 1 semaine après, j'ai du faire un faux mouvement (même pas à l'entraînement en plus), sans m'en rendre compte sur le moment. J'ai commencé à avoir mal au niveau de l'épaule droite, puis la douleur s'est accentuée et 3 jours après je ne pouvais quasiment plus bouger le bras, et impossible de trouver une position supportable pour dormir. Ca m'a permis de méditer sur ma misère si j'étais un jour contraint à devenir gaucher. Je suis ensuite allé chez le médecin, qui à défaut de découvrir la cause, m'a donné des anti-douleur et anti-inflammatoires assez efficaces.
Côté "culture" (au sens large, c'est à dire bouquins, films, BD...) je suis dans ma période polars :
Memories of murder (film coréen qui a eu le grand prix du festival de Gerardmer)
Les racines du mal, de Maurice Dantec
Le cousin, avec Alain Chabat et Patrick Timsit
Pour la Golden Week (semaine fériée au Japon), je suis allé faire 2 jours de rando mémorable avec camping sauvage au bord d'un lac en compagnie d'un ami et deux copines, escalade de titan dans la neige (1000m de denivelé en 2h) et descente sur piste noire sans skis (la station était fermée), en terminant le périple par une fondue savoyarde avec 1 Lorrain, 1 Breton, 1 Suisse et sa copine Nippo-Thai, au programme pain francais, fromage fondu, vin blanc et liqueur de pomme faite maison par le grand père du Breton, du genre qui anésthésie la bouche, brûle l'estomac, vrille la cervelle et récure les chiottes, surtout quand on vomit dedans (pas moi, mais mon pote Breton oui, il avait confondu le dosage avec du cidre).
Le dernier weekend fut moins mouvementé mais assez sympathique, on s'est retrouvés avec quelques copains français et japonais dans un parc, pour un petit pique-nique, histoire de profiter d'un dernier jour de beau temps avant la saison des pluies, appelée Tsuyu (prononcer "tsouillou"), et qui revient chaque année pour qu'on lui souhaite "Happy birthday tsuyu". Oui, je sais, c'est assez mauvais mais ça me permet d'assurer une subtile transition avec le prochain paragraphe.
J'en profite donc pour souhaiter bon anniversaire à tous ceux que j'ai oubliés : 1er juin, 17 mai, 8 mai, 8 mai, 8 mai, 29 avril... et bien d'autres. OUI je sais j'ai oublié plein d'anniversaires, JE LE SAIS, mais si je commence à les citer, je prends le risque d'en oublier, et je ne vais pas pousser le vice à vous faire le coup 2 fois la même année. Alors, pour relativiser et vous donner une idée de l'éloignement mental qui me servira ici de circonstance atténuante, j'ajouterai juste que j'ai oublié de fêter jusqu'à l'anniversaire de mon propre père. Voilà, Papa, si tu me considères encore comme ton fils : bon anniversaire ! Et bonne retraite aussi, qui vient de commencer, la retraite la plus méritée que j'aie jamais vue (verrai-je un jour la mienne?). Qu'est-ce qu'une bonne retraite, me direz-vous ? Eh bien c'est une très mauvaise question, je ne vous remercie pas de me l'avoir posée, mais tant pis vous l'aurez voulu puisque vous voulez mon avis, je dirais qu'une bonne retraite, c'est la période située entre finir d'en baver au boulot et recommencer à baver de sénilité.
Je termine par la seule véritable nouvelle de ce TN (pour récompenser ceux qui sont arrivés jusqu'ici) : je devrais rentrer pour des congés en France fin juin-début juillet. Comme d'habitude, c'est court (2 semaines) et je ne pourrai sans doute voir tout le monde, mais pour ceux qui sont dans le sud à ce moment-là et qui ont envie de me voir, n'hésitez pas à m'écrire dès maintenant, on s'arrangera des retrouvailles !
Des grands bisous en long, en large et en travers.

Tokyo, 1er juin 2005.

News d'Tokyo, le nouveau 17 octobre 2004

La parution heundeurgraounde straykeussbaque avec un petit titre légèrement modifié, histoire d'échapper à la censure (faut dire qu'il y en a ils me font peur, avec leurs histoires de complot crypto-marxisto-rosicruço-maçonico-parano-rigolo). Car il faut le savoir : si vous n'avez pas plus souvent de mes nouvelles, c'est parce que les conditions de parution du TN sont toujours difficiles. Plus qu'un combat de chaque fois, c'est une conjonction astrologique d'éléments incontrôlables, car il me faut à la fois du temps et de l'inspiration, deux denrées rarissimes. Et ça ne s'arrange pas depuis que, pour rester indépendant, j'ai décidé d'abandonner mon sponsor (rappelez-vous, une célèbre marque de mouchoirs en papier propices aux épanchements lacrymaux). Ca n'a donc rien à voir, comme certaines mauvaises langues semblent vouloir le persifler, avec le fait qu'Isa rôde désormais avec insistance dans mes parages... Bon, en fait, si ! Mais voici que justice est faite : des nouvelles fraîches de notre vie commune à Tokyo.
Toujours victimes de notre attendrissement pour les animaux, nous sommes allés visiter le zoo de Tama, qui est situé en banlieue de Tokyo, à environ 1 heure de la gare de Shinjuku et, accessoirement, à 5 minutes à pied de l'Université Chuo, où j'ai passé 1 an en 1998-99, ça ne m'a pas rajeuni. Je le dis en fait surtout pour mes lecteurs tokyoïtes, ce jardin zoologique est de loin de meilleur que j'ai visité au Japon. Le cadre est très sympathique, car les animaux sont répartis sur un immense territoire (sauvé on ne sait comment des griffes des promoteurs de terrains de golf), valonné, boisé, et relativement peu bétonné. Il se parcourt bien à pied, mais un petit bus gratuit permet de le traverser plus rapidement dans sa longueur. Les animaux hébergés ont l'air plutôt heureux (sauf un ours neurasthénique, je ne sais pas ce que ça veut dire, mais ça sonne bien je trouve!), et on prend visiblement soin d'eux. Nous n'avons pas eu le temps de tout voir, mais nous nous sommes quand même attardés sur le coin "australien" (koalas & kangourous, de la volaille aussi mais on s'en fout) et surtout, le safari : le parc possède un immense enclos où gambadent zèbres, antilopes, autruches (rescapées du coin australien?) et girafes. C'est la première fois que j'en vois une galoper et, ceux qui l'ont vu seront peut-être les seuls à me croire, mais ça court AU RALENTI. Je ne plaisante pas ! Comme Steve Austin (l'homme qui valait... euh... combien ça fait déjà ? ah oui : 450 millions d'euros), mais là on ne voit pas le trucage. Pourtant j'ai essayé : c'est pas possible. Le clou du spectacle, c'est l'arène des lions, que l'on visite dans un bus spécial aux parois en verre, ce qui permet de voir les bestiaux de très, très près. Vous me direz, les lions sont des bêtes mais pas des cons, faudrait pas confondre : très rapidement, ils comprennent que le gros éléphant transparent est immangeable, malgré les 50 touristes à l'intérieur qui les photo-mitraillent et qui ont l'air bien appétissants. Du coup, pour garantir la venue des gros félins, le zoo fait accrocher des morceaux de bidoche à l'extérieur du bus, que les lions viennent becqueter en collant leurs babines à la vitre, pour le plus grand plaisir des visiteurs, qui font la même chose de leur côté (mais eux repartent le ventre vide - et qui c'est qui a l'air d'un con?). Impressionnants, les crocs et griffes de ces gros chats... petite pensée pour les premiers Chrétiens qui descendaient aussi dans des arènes pleines de lions à une époque où personne n'avait encore pensé à inventer l'autobus.
Sinon nos loisirs sont très innocents, voire studieux. Isa se rend régulièrement à la bibliothèque de l'Institut Franco-Japonais, où j'ai pris un abonnement qui permet d'emprunter bouquins, BDs, CDs, vidéos, revues et magazines (une carte postale pour qui m'expliquera la différence entre les 2 - et pas de "la revue est la femelle du magazine"... on m'a déjà fait le coup). C'est parfois un peu vieillot mais toujours réconfortant de retrouver de temps en temps un environnement culturel français. Et puis ce weekend, l'Institut organisait une vente de bouquins d'occasion que nous n'avons pas ratée. On essaie de consacrer du temps à la lecture. Isa est plongée dans Arsène Lupin (tant que ce n'est pas le contraire...), quant à moi je viens de terminer "Chien Blanc", de Romain Gary, un auteur découvert avec délice grâce à un pote qui m'avait recommandé (il prêche toujours d'ailleurs!) "La vie devant soi" (écrit sous le pseudo Emile Ajar). Excellentissime. Côté BD, Isa et moi avons dévoré la saga des Sambre. Et puis nous savourons quelques films : "28 jours après" (catastrophico-horreur bien éprouvant, avec une ambiance de jeu vidéo), "True Lies" (un classique, remake de La Totale, avec l'actuel gouverneur de Californie, pas prise de tête), "Catch me if you can" (savoureux policier, avec un bon Leonardo Di Carpaccio et un excellent Tom Hanks) et quelques français (Ma femme est une actrice, avec Charlotte Gainsbourg - bof ; La fille sur le pont, avec Vanessa Paradis et Daniel Auteuil - très bon !).
Avant de vous parler de la pluie et du PAS beau temps, une petite précision pour les non-résidents au Japon. Je fais partie, à mon corps défendant (encore une expression dont je ne saisis pas vraiment le sens et moins encore l'origine) d'une secte grandissante de Français exilés ici et qui soignent leurs névroses diverses, dont la frustration de n'avoir pas suivi des études de journalisme, en écrivant des mails collectifs à leurs familles et amis, ce qui au passage leur évite de se fendre de messages individuels où ils se répètent tellement qu'ils ne savent plus à qui ils ont écrit quoi (bon en fait là, je parle pour moi mais ça me déculpabilise de penser que les autres font pareil). D'ailleurs, comme il me semble avoir eu le loisir de l'indiquer dans ces colonnes, l'idée même n'est pas de moi. Aujourd'hui nous sommes au moins 4 à sévir dans une saine émulation. Or si les individualités sont différentes, le climat est le même pour tout le monde. Du coup, chacun y est déjà allé de son petit couplet sur le temps qu'il fait, dans un déluge (c'est le cas de le dire...) de détails techniques sur les numéros (ou la dénomination) des typhons et la magnitude des tremblements de terre, ou encore l'étude sociologique du rapport entre les Japonais, la nature, le fil des saisons et les conséquences sur l'assiette et le portefeuille (oui, je sais, ça paraît un peu décousu comme ça, mais ça vaut son pesant de topinambours). Autant de sujets passionnants, mais que, me retrouvant le dernier à tirer (une vieille habitude...), la crainte du plagiat m'interdit de paraphraser. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'Isa et moi étions à l'extérieur lors du typhon de samedi dernier (9 octobre), et que nous avons failli être balayés sur place, alors que nous essayions, en pateaugeant pathétiquement, d'atteindre un cinéma situé au bout d'une esplanade sur le toit d'un building. Tout l'étage avait été fermé à la fréquentation (les ascenseurs, sans doute trop trouillards, ne montaient plus jusque là), et en quelques secondes notre intimité n'avait plus aucun secret pour la pluie, dont on avait du mal à dire dans quel sens elle tombait. Nos parapluies, de toute façon rapidement hors d'usage, pliés par les bourrasques de vent, n'avaient pas plus de sens qu'un confetti pour couvrir une embarrassante érection dans un bal de nudistes. Quant aux tremblements de terre, Isa, qui en quinze mois à Osaka n'en avait pas ressenti un seul, a eu sa dose à Tokyo, et plutôt deux fois qu'une !
En attendant la fin du monde, Isa a débuté les cours de Salsa, dans une école à 5 minutes à pied de l'appartement qui lui a fait une excellente impression. Et puis elle va recommencer (dès demain) à enseigner le français, en cours particuliers, avec déjà 2 élèves : l'amie néo-zélandaise d'un ami français (l'apôtre de Romain Gary), et une autre qui n'est pas japonaise mais on ne sait pas encore ce que c'est (une fille, je crois). Une troisième victime devrait s'aligner à son tableau de chasse le mois prochain, qui est une de mes relations de boulot. D'ailleurs, je vous aurais bien raconté le mien, de boulot, mais le temps qui m'est imparti touche à sa femme, et je ne vais pas tarder à en faire autant.
Je vous souhaite à tous une santé excellente et la patate pour attaquer la semaine. Depuis le Japon, qui se trouve dans le futur par un phénomène de décalage horaire qui ne manque jamais de m'étonner, je puis d'ores et déjà vous prédire un happy end pour la semaine qui s'annonce puisque, si tout va bien, on devrait avoir droit à un weekend complet, avec de vrais morceaux de samedi dedans et, si vous êtes sages, un dimanche entier !

Photos Okinawa



Okinawa News (HS TN 25 septembre 2005)

Bonjour à tous !
Voici un avant-goût du récit de mes vacances à Okinawa avec Isa, d'ailleurs peut-être qu'il n'y aura pas d'après-goût si je ne trouve pas le temps (on appelle ça aussi "la motivation"^^) pour vous faire la version longue. Ce mail a donc pour objet de vous rassurer sur notre petite existence (non nous n'avons pas été victimes d'un typhon vengeur) et d'essayer de vous faire râler avec quelques photos du petit monde paradisiaque dans lequel nous avons évolué entre le 13 et le 19 septembre.
Le lendemain de l'arrivée d'Isabelle à Tokyo (11 septembre), elle rempile pour 2h30 de voyage direction Naha, l'aéroport d'Okinawa. Okinawa est un ensemble d'îles sub-tropicales (également appelées "Ryukyu" mais tout de suite ça sent moins le soleil) qui s'étendent entre le sud du Japon et Taiwan. Un cinquième du territoire est occupé par des bases militaires américaines, et ça ne fait pas trop plaisir à la population locale (surtout quand, en 1995, des bidasses en virée ont kidnappé une fillette de 12 ans pour la violer...).
Nous passons notre première nuit à Naha, sur l'île principale d'Okinawa, avant de nous rendre, le lendemain, sur l'archipel de Kerama, situé à 2h de ferry. Nous y passerons 1 semaine ensoleillée et crapuleuse, quoiqu'avec un rythme de vie très sain : levés tôt (mais si, 8h30 c'est tôt pour des vacances), repas bons et presque équilibrés (surtout quand préparés par les autochtones), sport (plongée, exploration sous-marine en palmes-masque-tuba, vélo...), et couchés avec les poules. Plus précisément, nous étions sur Zamami, une île d'une centaine d'âmes (si l'on considère que les chats, les chiens, les poissons et les araignées n'en ont pas) et juste assez grande pour avoir tous les jours des secrets à dévoiler.
J'ai fait mon baptême de plongée en bouteilles, accompagné d'Isa, qui a poursuivi par une plongée d'exploration dans des grottes à 15m de profondeur, ce que lui permet son brevet de plongée. Nous avons également fait le tour de l'île à vélo, où nous n'avons rencontré personne, excepté un petit vieux qui suivait le même parcours, tout seul, le bras en écharpe, dans une chaise roulante électrique ornée d'une ombrelle multicolore (genre le fou qui s'est échappé de l'asile). Surréaliste... Le reste du temps nous étions principalement à la plage, histoire de se faire cuire au soleil (3 jours après, j'ai la peau encore parée d'un beau rouge vif et ne devrais plus tarder à me cloquer) et d'observer des poissons multicolores pas du tout effrayés, venant à notre rencontre (sympa sauf quand il s'agit d'un serpent de mer) ou se poursuivant les uns les autres. Parmi la poiscaille observée : des poissons-clowns, des poissons-perroquets, des rascasses, une murène, une seiche, des méduses, une tortue de mer (grosse, donc) et tout un tas de bébêtes dont j'ignore le nom, même en français ; sans parler du corail et ses multiples formes et couleurs. Fascinant...
Nous étions logés les premiers jours dans une auberge un peu excentrée (à 15 mn du village), très sympa mais envahie le soir d'araignées grosses comme la main (oui, ouverte!), du plus mauvais effet lorsque découvertes dans la salle de bains, les toilettes ou les recoins de la chambre. On s'habitue, mais la première nuit on a dormi avec les yeux ouverts... (oui je sais, ça sert à rien dans le noir). On a fait connaissance avec le proprio de l'auberge, un quinqua d'Okinawa bourré, qui jouait du sanshin (une sorte de shamisen (un instrument japonais à 3 cordes)) et racontait des grivoiseries pour épater la galerie, en l'occurrence constituée d'Isa, de moi et d'une poignée de jeunes Japonais très sympas, plongeurs et amis de la nature. Nous avons terminé cette soirée bien arrosée sur la plage, pour observer les "lucioles de mer" (du planction phosphorescent).
La 2ème partie du séjour, nous avons émigré vers une autre pension, mieux équipée pour l'organisation de plongées en bouteille. Le staff était jeune, sympa et très serviable. Nous étions dans le village même, et avons pu y flâner le soir pour y croiser des couples en goguette, des familles Tanaka (Bidochon en japonais) amatrices de feux d'artifices au bord de l'eau, et des dizaines de chats se la coulant douce sous leurs airs faméliques. Au hasard d'une petite impasse, nous avons découvert un charmant restaurant "italien" tenu par un petit vieux édenté et prévenant, du genre maître vénéré d'arts martiaux qui s'est retiré au fin fond d'une petite île pour méditer sur les errements du monde.
D'une manière générale, si les paysages, sur- et sous-marins, étaient magnifiques, les gens étaient tout aussi agréables. Que ce soient les autres touristes (peu nombreux en cette période) ou les autochtones, tout le monde est très décontracté, et on est bien loin du stéréotype des Japonais sophistiqués, stressés et indifférents de la capitale. C'est là qu'on se rend compte que le bronzage et les tongs leur vont beaucoup mieux que le sur-maquillage et les costards-cravates. Sur l'île, tout le monde se salue, très naturellement. Les commerçants sont agréables sans obséquiosité ou "politesse automatique" (ceux qui connaissent le Japon sauront de quoi il est question).
Bref, la semaine est passée très, très vite mais aussi très agréablement. Un bon moyen de fêter mes retrouvailles avec Isa dans les meilleures conditions... Nous sommes revenus hier soir et avons enfin fait un peu de rangement dans l'appartement. Je me prépare à reprendre le... le... (non, je ne vais pas y arriver... c'est trop duuuuuuurrr !!)... le... LE... BOULOT (aaaaarrghghhgeuheueheuuu).... hem, demain, avec l'enthousiasme que vous imaginez, donc ! Quant à Isa, il s'agit désormais pour elle de trouver des leçons particulières de français à donner pour gagner quelques piécettes car ça douille à Tokyo !
En vous souhaitant un très bel automne à tous !!
Aurélien
PS : Bon eh bien finalement on va dire que c'est la version finale ! Par contre je n'ai toujours pas fait le récit de mes aventures dans le nord du Japon (mais j'ai les photos et mon carnet de voyage...), ni de celles vécues avec les 3 zouaves venus fin août me rendre visite... (tiens et s'ils le faisaient eux-mêmes? si leur carnet est retrouvé...;-))

TN janvier 2005

Aujourd’hui un court Tokyo News pour vous dire 2 choses :

Pour certains ce que je vais dire n’est déjà plus une nouvelle, mais voilà : Isabelle et moi ne sommes plus ensemble. Nous nous sommes séparés entre Noël et le Jour de l’An. Nous avons coupé les ponts, pour « faciliter » la transition, sans s’échanger aucune nouvelle. Sans doute reprendra-t-on contact dans quelque temps, une fois la page bel et bien tournée. En tous cas je l’espère. Pour ceux qui ont gardé son contact, vous pouvez lui transférer les Tokyo News, si elle le souhaite.

La bonne nouvelle maintenant. Je viens de découvrir une petite invention révolutionnaire : la téléphonie gratuite sur Internet. Le principe est simple : il suffit d’une connection à Internet et du logiciel « Skype » (qu’on trouve sur Internet, voir ci-dessous), et on peut se téléphoner sans rien payer en plus ! (on se parle et s’entend grâce aux micro et hauts-parleurs de l’ordinateur) Autant vous dire que le monde va se sérieusement rétrécir autour de moi ! Je pourrai dialoguer en direct avec ceux qui sont équipés, et ce pendant des heures (suivant disponibilités des intéressés !). Il ne me reste plus qu’à acheter une webcam, et vous aurez l’image en prime ! J’espère qu’ils vont arrêter là le progrès, bientôt on risque d’avoir les odeurs avec…

La procédure à suivre est plutôt simple et prend en général moins de 5 minutes... :

1) allez sur Internet à l’adresse http://www.skype.com/download.html

2) cliquez sur « Download Skype for Windows » et suivez les instructions !

3) vous venez ainsi de télécharger le programme ; il vous reste à l’installer, en cliquant sur le nouvel icône qui est apparu sur (normalement le « bureau » de) votre ordinateur, en suivant toujours les instructions. Mon pseudo sur Skype est « rocconut » (si vous voulez faire des essais) ;-)

Voilà, c’est très facile, mais n’hésitez pas à m’écrire si vous rencontrez des problèmes ou avez des questions en essayant cette manipulation.

A part ça j’ai repris le boulot depuis 3 bonnes semaines et rien ne semble avoir changé ni devoir changer. J’ai l’impression que l’année dernière va se reproduire à l’identique, ce qui n’est pas forcément un bon présage. Pour la vie privée, c’est plus incertain. Le célibat me permettra sans doute de réfléchir à beaucoup de choses et, je l’espère, de mûrir un peu. Côté copains, mes weekends sont toujours éclairés par la même bande d’amis français, mais, coup dur, plusieurs d’entre eux ont prévu de quitter le Japon au printemps. Masa, quant à lui, se mariera le 13 février (cérémonie restreinte avec les familles seulement). Quant au bébé, il est attendu en juillet.

Voilà. Au terme d’un weekend qui est encore passé très vite et sous le signe du beau temps, je suis d’attaque pour reprendre une dure semaine de labeur. Mais avant ça, je vais me gaver devant mon plat de pâtes-à-la-bolo, sempiternel et toujours aussi bon, en regardant un nouvel épisode de la série « 24 Heures ».

Je pense bien à vous tous, les amis du Japon que je vois plus ou moins souvent, ceux de France qui me manquez déjà malgré (à cause de?) les excellents moments partagés en France, la famille proche ou éloignée, les autres, vous aussi à qui je pense et qui traversez des moments particulièrement difficiles.

A bientôt par e-mail, lettre, téléphone, ou encore en rêve… tous les moyens sont bons !

TN décembre 2004

Tokyo, 12 décembre 2004. Ambiance : dimanche après-midi, pâtes au déjeuner, lessive, mauvais temps et froid. Autant dire que j'ai mangé des nouilles, dedans le linge pendouille, dehors ça mouille et je me gèle les pieds (aussi). Votre parution clandestine préférée est de retour. Ecrite silencieusement depuis ma cachette tokyoïte. L'heure est grave : Isa a disparu. Envolée. Mercredi matin, par la Lufthansa. De là à dire qu'elle a été déportée par les Boches, il n'y a qu'un pas, que je n'hésiterai pas à franchir, au nom de l'inimitié quasi-génétique qui nous lie aux Schleus, qu’on les considère comme notre ennemi héréditaire ou grand frère - de sang - européen. Ich liebe dich, moi non plus. Vous avez remarqué aussi comme, bien qu’on soit censés être sevrés depuis longtemps, on reste instinctivement attirés par les Teutons ?

Après 3 presque-mois à Tokyo pour son 4ème séjour au Japon, Isa a donc rejoint ses pénates provençales. Ici, c’est comme du vide partout. Dans l'armoire, dans la bibliothèque. Dans le frigo (c'est où déjà le supermarché ?). Dans le futon, désormais presque aussi froid. Il faut réapprendre à faire la lessive, le repassage, le lit, les courses, la cuisine (le ménage, j’ai jamais su). On perd difficilement les bonnes habitudes. Je continue à rabaisser la cuvette des toilettes après pissou, à me prendre les pieds dans ses cheveux, embusqués ça et là.

Maintenant que le quota de pleurnicheries est rempli, je peux vous avouer que je retrouverai bientôt Isabelle, car je rentre en France la semaine prochaine (arrivée prévue à Marignane samedi 18 au matin), pour y passer les fêtes (retour vers l’exil le 4 janvier). Et puis pendant son séjour, Isa et moi nous sommes ménagé un paquet de très bons moments. Outre ceux déjà relatés dans ces colonnes (Okinawa, le zoo de Tama…), nous avons visité les trois plus importants sites touristiques autour de Tokyo : Nikkô, Hakone et Kamakura. On a goûté aux saveurs d’Ishikawa-chô (la première chinatown du Japon, à Yokohama), avons visité un temple de Kawasaki (qui est une ville et pas seulement une marque, si vous m’autorisez). Partout, voyager en dehors des saisons touristiques était un vrai régal, et à chaque fois, nous avons fait un détour pour plonger avec délice dans des onsen, dont on regrettera juste leur non-mixité.

On a encore participé à la Nuit des Publivores, et on s’est fait un tas de bons restos (les désormais classiques yakiniku, yakitori, katsu-don et autres izakaya), en amoureux ou avec une bande de joyeux lurons.

J’ai aussi profité des conseils d’Isa pour remeubler l’appartement, en achetant une table basse, un meuble pour la buanderie (étagère à 7 niveaux pour entreposer médicaments et cosmétiques – en ce qui me concerne les 30 cm2 du réservoir de la chasse d’eau me suffisaient) et des luminaires plus chaleureux que les néons d’hôpital qui faisaient jusque là office d’éclairage. La table basse a notamment servi pour un nouveau rituel : 1 fois par semaine on se retrouvait pour une soirée tarot avec quelques copains, qui sont très complémentaires : l’un nous explique bruyamment la stratégie, l’autre compte amèrement les points et le troisième nous ôte tous nos complexes de débutants ; je ne donnerai pas les (pré)noms, parce que je ne veux vexer personne et surtout pas faire honte aux Bretons ;-)

Le reste du temps, j’ai eu beaucoup de travail, et si je m’efforçais de rentrer avant 20h, trop souvent c’était plus tard, sans compter que je n’ai pas pour autant arrêté les cours de jap hebdo (jeudi de 19 à 21h). En semaine on ne sortait donc quasiment pas, et on se rabattait sur des films : Solaris (rien pigé à la V.O.), The Man Who Knew Too Little (comédie sympatoche avec Bill Murray), The Hours (pas drôle mais très bon), The School of Rock (pas bon mais très drôle), The End Of Days (pour c’était notre quotat d’Arnold Schwarzenegger, ou Shuwa-chan, comme ils l’appellent ici), Snatch (à voir et à revoir), Sur mes lèvres (inhabituel, avec Vincent Cassel et Emmanuelle Devos), Something's gotta give (sorte de vaudeville avec Jack Nicholson et Diane Keaton, très original et touchant juste) et Howl’s moving castle (le dernier Miyazaki, toujours fascinant même si moins profond, comme le disait Isa). Et des livres : l’ensemble de l’œuvre de Maurice Leblanc n’a plus de secret pour elle, qui a dû lire tous les Arsène Lupin, ainsi que Howl’s moving castle en V.O., car le film est adapté d’un roman anglais ; quant à moi je n’ai pas fait dans le joyeux, avec Moi, l'enfant autiste (c’est le titre d’une autobiographie), L'angoisse du roi Salomon (un autre Romain Gary sous le pseudo d’Emile Ajar – un style toujours aussi jouissif) et L'automne à Pékin (Boris Vian, qui décidément a du mal à dissocier l’amour et la mort).

Sinon, vous vous souvenez de mon ami Masa, tombé amoureux d’une photo en avril, et ayant rencontré en juin la version en trois dimensions ? Eh bien, comment dire, il a fait tant et si bien que l’une des 3 dimensions (la largeur, pour être précis) ne devrait plus tarder à enfler. En clair : la fille, prénommée Sachiyo, est enceinte de lui, et ils vont se marier l’an prochain ! En japonais, on appelle ça « dekitchatta kekkon » : un mariage quelque peu forcé par l’arrivée d’un bébé. Incroyable. Masa est Mr. Incroyable. Je leur souhaite bien du courage car ils ne sont pas sortis du ryokan : les parents de Sachiyo, qui se sont trompés de siècle, voient d’un très mauvais œil que leur fille quitte la province pour s’installer dans la capitale avec un garçon qu’ils n’ont pas choisi eux-mêmes, d’autant plus que le salaire de ce dernier suffira difficilement à faire vivre 3 personnes. Souhaitons-leur tout plein de chance et de bonheur.

Bon, je ne vais pas partir en vacances sans dire un petit mot sur mon boulot. C’est toujours loin d’être reposant et exaltant, mais au moins c’est très varié. Ceci dit, ces 2 derniers mois ont surtout été marqués par l’organisation de réceptions à la Résidence de l’Ambassade. Ce type d’événements a lieu presque tous les jours, et lorsque c’est plus ou moins commercial, c’est la ME (le service économique de l’Ambassade, auquel j’appartiens) qui s’en occupe. Coup sur coup, notre service a ainsi dû préparer la remise de l’Ordre du Mérite à 2 personnalités japonaises pour leurs bons et loyaux services (l’une a été éclaboussée récemment par un scandale de faux-étiquetage, bien joué…), le lancement de l’édition japonaise du magazine l’Officiel de la Mode, la célébration de la nouvelle boutique tokyoïte de Jean-Paul Gaultier et la première de la nouvelle ligne féminine de Dynastar. Je vous rassure, la plupart des frais sont pris en charge par le client, mais quand même, il y a des types payés par l’Etat (dont moi) qui perdent leur temps à organiser ça. Et punaise, vous trouvez sans doute que l’administration française c’est procédurier, mais vu de l’intérieur, c’est bien pire… La récompense : pouvoir participer à ladite réception. Tu parles. Quand il y a une Isa qui m’attend à l’appartement, avec un bon plat de spaghettis-bolognaise et un bouquin ! C’est pas d’avoir serré la main de Jean-Paul Gaultier qui m’aura consolé. Remarquez, je préfère ça que lui faire la bise, et finalement j’ai moins peur d’y perdre des doigts que quand il s’agit d’un ministre.

Au niveau ambiance générale, vous savez peut-être que le Ministère de l’Economie et des Finances est l’un des plus avancés dans les réformes de tout genre, et ça rationnalise à tour de bras. En avril, Ubifrance (agence pour le développement international des entreprises, qui est le pendant en France des ME -Missions économiques- installées à l’étranger) a été « restructurée » : une partie du personnel déménagé de force à Marseille et une centaine d’emplois supprimés. Et depuis le 1er décembre, la Direction à laquelle j’appartenais n’existe plus, ayant été fondue avec le Trésor et la Direction de la Prévision dans une nouvelle Direction appelée DGTPE. Bref, le climat est plutôt à la réduction des effectifs et moi qui me tâtais pour faire carrière, je crois qu’on est en train de choisir pour moi. On n’a rien à envier au secteur privé...

Parmi les événements qui ont marqué le mois dernier : la réélection de Dabeuliou aux Etats-Unis. A croire que les électeurs américains ont hiberné ces 4 dernières années et ne se souviennent pas que le méchant dans Dallas s’appelait aussi Jr., l’escroc texan fou de pétrole et dangereux. L’exotisme, ici, c’est que Les journaux japonais sont en général pas mécontents de cette réélection. Quant à l’opinion publique, a priori elle n’est pas pro-Bush mais on ne les sent pas plus motivés que ça.

Le monde continue à tourner… pour l’instant. Il semble pourtant un peu désaxé, d’ailleurs j’ai remarqué, et je ne suis pas le seul, que la nuit tombait beaucoup plus tôt (environ 1 heure) que les autres années à la même époque. Est-ce le cas aussi en France, ou est-ce seulement le Japon, qui aurait été déplacé dans l’hémisphère nord à force de typhons et de tremblements de terre ? Tokyo a d’ailleurs essuyé la semaine dernière sa plus puissante tempête en quarante ans (copyright Olilop-Tokyo Connection). Pendant la nuit, à cause des gémissements sinistres de l’immeuble malmené par des bourrasques d’une force incroyable, difficile de fermer l’œil, quant aux oreilles elles n’ont malheureusement pas de paupières. Le lendemain, les rues désertes de Roppongi étaient jonchées de dizaines de cadavres de parapluies bon marché démembrés par la tempête.

Et tempête en décembre, t’en chies en janvier. Veuillez me passer cet aphorisme quelque peu irrévérencieux, mais bordel je le sens plus que prophétique ! Que cela ne nous empêche pas de passer d’excellentes fêtes, dont le but est d’oublier les horreurs de l’année en célébrant la joie d’y avoir survécu, et de se gonfler d’espoir pour celle à venir et de confit d’oie pour affronter les rigueurs de l’hiver. De la salade et des loukoums ! (la paix soit avec vous)