Sunday, February 19, 2006

Inch' Allah by Allah Inc.

Alexandre Adler, le géopolitologue qui pède plus vite que son ombre, dans le bouquin qu'il a écrit pour que mes grands parents puissent me l'offrir ("Rendez-vous avec l'islam"), espère que face à l'islamisme mondialisateur va se dresser un modèle de démocratie musulmane porté par deux pays progressistes : Iran et Turquie. Autant pour ce dernier je dis pas, son besoin du soutien des USA et sa volonté d'entrer dans l'UE peuvent sans doute l'inciter à un certain pragmatisme. Mais l'Iran, pardon, avec ce barjo d'Ahmadinedjad qui reprend son programme nucléaire pour accélérer la solution finale en Israël ?!!
Malgré ça, la thèse de départ du bouquin sonne juste : le projet islamisme prend aujourd'hui le relai d'un projet pan-arabe qui a échoué. Il faut donc le remplacer, ou le faire renaître pour couper l'herbe sous le pied des radicaux. Mon idée, vague, d'unité arabe ce serait que justement c'est pas une unité musulmane. Si seulement ils pouvaient nous pondre une loi de séparation de la Mosquée et de l'Etat, et que la religion reste confinée à la sphère privée - parce qu'il y a partout des gens qui rêvent de démocratie, et la laïcité en est une condition - alors il faudrait trouver autre chose. Le monde s'organise aujourd'hui en blocs (USA, Europe, Chine...), l'espace arabe pourrait en être un autre. Prenons le cas de l'UE : ce bloc est porté par un projet politique en réaction à l'Histoire (la paix en Europe), organisé au départ surtout économiquement (CECA) et cimenté par une culture commune, religieuse certes (racines chrétiennes) mais pas seulement (féodalisme, Lumières...). De la même façon, pourquoi ne pas imaginer que le bloc arabe puisse être inspiré par le projet politique de retrouver sa grandeur passée, initié par des solutions concrètes à des problèmes économiques paralysants (eau, énergie), le tout dans le respect de son lien profond avec l'Islam, mais pas en son nom. Comme l'Europe, ça pourrait commencer par une alliance entre un petit nombre de pays "leaders", là ça rejoint peut-être l'idée d'A. Adler avec ses 2 gros pays qui peuvent s'apporter mutuellement pour servir ensuite de modèle, voire de locomotive, comme l'ont fait la France et l'Allemagne en leur temps.
Tiens faudrait voir si ça peut pas s'appliquer à l'Afrique aussi, mais là j'ai pas le temps, il faut que je rachète des yaourts.

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