Dimanche 28 mai 2006. Encore un de ces weekends tokyoïtes à regarder comme c'est moche une mégalopole sous la pluie. Heureusement il reste les merveilles de l'auto-suggestion : que diriez-vous d'un pti coup de méthode Coué ?
Vu sur la chaîne Internet Gyao (c'était LE grand titre de la catégorie "News/Business") : une nénette adorable et à la bonne humeur communicative nous annonce avec son sourire désarmant que, au cas où l'on aurait pas remarqué, il fait chaud et humide, avec des précipitations. C'est le phénomène Tsuyu, qui s'écrit "梅雨" (les caractères signifient littéralement "la pluie des prunes"), et se prononce "tsouillou", en fait la saison des pluies japonaise, qui s'entête à revenir chaque année pour qu'on lui souhaite "happy birthday Tsuyu" (je l'ai déjà faite, mais je ne m'en lasse pas...). N'est-ce pas charmant ? Alors qu'en français on appelle ça un temps de merde, ça encourage moins à mettre le nez dedans, je veux dire dehors.
Au Japon, au contraire, Miss Meteo nous annonce que ces conditions sont idéales pour la reproduction, la ponte et l'éclosion des lucioles, qui en raffolent. Comme des petites folles des idoles, elles se collent le popol en vol ou à même le sol et convolent loin des rigoles des mégapoles. Ces fripouilles grouillent dans les citrouilles où elles se papouillent la bouille et s'embrouillent sans trouille que ça mouille (un petit jeu au passage : quel est l'anagramme de "luciole"? indice dans la phrase précédente...). Les Japonais sont très sensibles au romantisme de ces bébêtes dont l'arrière-train s'illumine pour pouvoir observer les papillons dans l'obscurité.
Conclusion : la présentatrice finit par nous montrer elle-même son petit derrière, garni de deux grosses étoiles brillantes, en disant : "ça ne vous dirait pas de partir à la chasse aux fesses lumineuses?". On comprend que les Japonais, qui sont des gens très attachés aux détails, adorent méticuler les mouches.
Sunday, May 28, 2006
Thursday, May 11, 2006
Revue de presse
Une série de réflexions, plus ou moins légères, en réaction à l'actualité : coups de gueule, insolites, espoirs... Je ne suis pas sûr que ça ait vraiment un intérêt de les publier comme ça, tout d'un bloc, étant donné que l'inconvénient de l'actualité, c'est que ça se périme tout de suite, m'enfin je ne savais pas ou les placer. A lire tout d'un coup ça peut être indigeste, mais je vous invite à butiner de temps en temps...
4/05/06, JT France2 : élections au Tchad sur fond d'une menace de guerre civile depuis qu'on a découvert du pétrole là-bas. L'actuel Président IDRISS DEBY est sûr de se succéder (l'opposition ne participe pas au scrutin). Il porte blouson en jean et casquette blanche. Bien que louche, il bénéficie du soutien de la France qui a envoyé des militaires le soutenir contre la rébellion, pour l'instant non engagés officiellement dans des combats. Au passage, je savais pas que c'était francophone, le Tchad.
Et toujours pas de Big One.
7/05/06, JT France2 : premier titre : une gamine de 5 ans disparaît à Eyguières. Putain, elle était dans la classe de mon filleul. On apprendra plus tard son assassinat par étouffement. Le principal suspect est un ami de la famille, qui a tenté de se zigouiller pendant l'interrogatoire.
Leucodystrophie. Une maladie orpheline. Le gamin a 16 ans et son état mental se détériore depuis sa naissance. Il arbore le sourire des débiles mentaux, un sourire d'une effrayante ironie bien involontaire. Il est dans un fauteuil roulant et ses bras sont ceux d'une marionnette désarticulée. L'extraordinaire dignité de sa mère, qui s'occupe irréprochablement de son calvaire, consciencieusement aggripée au fol espoir que soit découvert un moyen de guérison. Le courage touchant de sa petite soeur, qui remporte un prix à l'école pour avoir fait connaître cette maladie. Et encore, si on en parle à la télé, c'est parce que le parrain de l'association c'est Zidane. Le même qui en intro du JT faisait de la pub pour des assurances. Une fois encore, l'argent est le nerf de la guerre contre le Mal, celui qui ronge les humains. Il en faudrait des fort-thunes pour financer la recherche, embaucher plein de jeunes chercheurs qui feraient des recherches utiles, relancer les filières de formation scientifique, poursuivre dans la connaissance des forces et faiblesses du mystère humain. Je me demande, entre la thune que les richissimes reversent à ce type d'oeuvres caritatives et celle qui leur est nécessaire à combler leurs véritables besoins, quelle part est la plus grande...
4/05/06, JT France2 : élections au Tchad sur fond d'une menace de guerre civile depuis qu'on a découvert du pétrole là-bas. L'actuel Président IDRISS DEBY est sûr de se succéder (l'opposition ne participe pas au scrutin). Il porte blouson en jean et casquette blanche. Bien que louche, il bénéficie du soutien de la France qui a envoyé des militaires le soutenir contre la rébellion, pour l'instant non engagés officiellement dans des combats. Au passage, je savais pas que c'était francophone, le Tchad.
Sur le calendrier Geo Jeunesse offert par Isa (oui, je sais c'est plus vraiment de la revue de presse) : l'Okapi. Chez cet animal, les pattes arrières, et seulement elles, sont rayées noir et blanc. C'est pour se faire enculer par les zèbres ?
28/04/06, France Inter : un juge des enfants qui s'appelle M. Salasse (phonétique).
17/04/06, France Inter : émission sur les mafias en Europe. Pourquoi Provenzano, le chef de Cosa Nostra, recherché depuis plus de 40 ans, n'a été arrêté que fin de semaine dernière ? Il était revenu depuis quelque temps en Sicile, mais pourquoi juste maintenant ? C'est parce que suite aux élections législatives italiennes et à la polémique sur les résultats, Berlusconi n'est plus vraiment au pouvoir et son adversaire Prodi ne l'est pas encore tout à fait : les mafias étant complètement imbriquées au système politique, quand on est dirigeant politique, il faut pouvoir se dédouaner pour limiter les représailles. Le reste de l'émission, que j'écoute en ce moment, est passionnant et évite les lieux-communs avec des réponses précises, des questions et des idées excellentes. En fin de compte assez déprimants : les intervenants sont très cyniques. Exemple : on connaît déjà le successeur de Provenzano, il s'appelle Matteo Messina De Naro. Toutes les grandes mafias ont plus d'un siècle et ont survécu à toutes les vicissitudes, le mal est complètement enraciné. 80% des commerçants de Palerme payent le racket, même niveau depuis longtemps. J'imagine que les 20% restants appartiennent directement à la mafia. Les 4 mafias du sud de l'Italie prélèveraient 30 milliards d'euros (estimation évidemment) sur l'économie. Certes, mais elles doivent bien réinjecter quelque part. Au Japon la crise financière s'est aussi appelée "Récession Yakuza" (perte de 16% du PNB !!), lesquels ont forcé les institutions bancaires à leur prêter de l'argent, prêts bidons qu'ils n'ont pu rembourser. Dans cette émission, on parle aussi de détournement de fonds publics par manipulation de marchés publics, de trafic de stupéfiants, de prostitution, mais pas de contrefaçon, tiens !
Le même jour, au Zapping de Canal+ : des trisomiques aident à encadrer... des autistes. Ils sont les seuls à pouvoir - non pas les encadrer...! mais - les toucher, à réussir à communiquer, jouer avec les autistes. Le journaliste pose la question : et si ces enfants mongoliens, dont la science traque la différence, trouvaient ainsi leur utilité ? La justification de leur existence sur Terre ?
14/04/06, JT France 2 : David Pujadas annonce la 1ère célébration de Pâques du Pape Benoît XVI "avec la cérémonie du lavement... (pause bien marquée) de pieds".
La moitié du ciment produit mondialement l'est pour la Chine. Les architectes français y sont très appréciés. L'Opéra de Shanghai a été réalisé par un Français. Mais les ouvriers chinois aussi on les aime : ils construisent 2 étages par semaine, contre 1 étage par mois en France.
Accident de la route (le lendemain de l'annonce d'une nouvelle campagne sécurité routière). 4 morts. J'allais dire "seulement"... En aurait-on parlé si l'accident n'avait pas eu lieu dans un bled qui s'appelle Mortel de Maille (phonétique) ?
Un jardinier qui recycle les ordures ménagères pour se faire du compost. En aurait-on parlé s'il n'avait pas eu un gros accent de plouc ?
Boutique pour touristes au nord de la Norvège : on y vend des peaux d'ours polaire... importées du Canada. Détail sympa : la Norvégienne qui témoigne est une Black !
6/04/06, France Inter : une témoin au procès du meurtrier de Sohane, brûlée vive, est appelée à la barre ; "sur le grill", précise le journaliste.
Le Monde : polémique pour savoir si Saddam Hussein doit être pendu tout de suite après le verdict de son procès qui se tient actuellement (massacre de 148 personnes d'un village chiite), ou bien s'il faut attendre le jugement des autres affaires, bien pires encore en nombre de victimes (ex : 100 000 Kurdes génocidés...). Si l'on attend, il aura besoin de vivre vieux...
4/04/06, extrait d'un bouquin de Hervé Kempf ("La Révolution Biolithique", 1998, http://franceweb.fr/ingirum/biolithique/) :
"Il y a quelques douze mille ans, les sociétés humaines ont commencé à passer d'un mode de subsistance basé sur la chasse et la cueillette à une économie reposant sur l'élevage et l'agriculture - en bref, du prélèvement à l'exploitation. Il devint possible de constituer des réserves alimentaires, de s'affranchir des contraintes écologiques. Cette mutation, qui a définitivement transformé l'organisation des sociétés humaines fut baptisée de révolution néolithique par l'archéologue australien Gordon Childe dans les années 1930." C'est le début de la propriété, et donc du bordel.
2/04/06. Ahhhhh, le CPE. Magnifique, le CPE.
Bien sûr, la droite au pouvoir c'est une belle saloperie pour le social. Mais elle ne fait rien d'autre qu'appliquer sa politique de droite. C'est le fonctionnement de la démocratie : on a les dirigeants qu'on mérite. Il y a une certaine ironie à entendre les jeunes gueuler parce que soit disant on décide sans eux. Mais où étaient-ils, les 9 et 16 juin 2002, quand on leur a demandé d'élire l'assemblée nationale actuelle ? Entre les deux tours de l'élection présidentielle, j'avais été ému par les réactions à l'accession de Le Pen : de nouvelles vocations étaient nées, les djeunz allaient prendre leur avenir en main, rien ne serait plus comme avant. J'avais osé croire à ce "sursaut citoyen". On avait fait pénitence : Chirac était élu à 82%, et par ceux-là mêmes qui le détestent, la couleuvre était dure à avaler. Mais moins de 50 jours après, on avait l'occasion rêvée de se rattraper et de passer à l'action : les législatives. Résultat ? 36% d'absention au 1er tour, 40% au 2ème, déroulent à l'UMP le tapis rouge. On s'est amputé un membre gangréné, mais on laisse crever le malade sans pansement. Alors tu penses, la rééducation... Certes la plupart des jeunes qui vont en chier à cause du CPE n'avaient pas encore le droit de vote à cette époque. Mais est-il intellectement honnête de croire qu'ils auraient eu une attitude fondamentalement différente, y compris en terme d'absentéisme, pardon, d'abstinence, pardon bis, d'abstention ?
Un article dans "Le Grand Soir" a failli m'avoir. Il cherche à démontrer que le chiffre d'1 jeune sur 4 au chômage martelé par le gouvernement est faux, puisqu'il ne tient compte que de la population active, soit un peu plus d'1/3 chez les 15-24 ans, alors que Villepin prend l'air de s'adresser à tous les jeunes, seuls 8% de cette classe d'âge est victime directe du chômage. Le problème est que l'auteur compare ensuite choux et carottes, en disant que ce 8% est même inférieur au taux de chômage national... dont la définition est bel et bien la population active non employée.
Le véritable problème est en fait le chômage des jeunes non-qualifiés, pour lesquels le système scolaire a échoué. Alors, pourquoi le CPE ne deviendrait-il pas une mesure d'exception, qui s'adresse à ces cas particuliers mais pas négligeables ?* Je ne dis pas que ces jeunes en échec méritent la précarité, d'ailleurs il est inacceptable que le CPE n'exige aucune justification aux licenciements, et que la période d'essai puisse dépasser 12 mois, ce qui est déjà trop long. Je ne présage pas non plus de l'efficacité d'une telle mesure, qui resterait marginale car ce sont les mentalités qu'il faut changer pour qu'un patron accepte d'embaucher un jeune "difficile". L'échec scolaire ne présagera jamais d'une vie facile, si l'on veut rester dans le cadre légal. Alors plutôt que de pousser au crime en maintenant ces jeunes à l'extérieur de notre système de répartition des richesses, il faut leur donner une "deuxième chance". Y compris à ceux qui s'en sont exclus d'eux-mêmes, mais veulent se rattraper.
Julien Dray, sur France Inter, rappelle que le CPE était censé être une solution suite aux émeutes dans les banlieues fin 2005. C'est d'autant plus décourageant de voir des jeunes de banlieues frapper sur les manifestants qui revendiquent aussi pour eux.
30/03/06 (LeMonde) : "Abbas [Mahmoud, président de l'Autorité palestinienne] rejette "catégoriquement" la séparation unilatérale prônée par Kadima [le nouveau parti centriste qui vient de remporter les élections législatives en Israël]" ; certes, mais "unilatéral" ça veut justement dire qu'on ne te demande pas ton avis !
Extrait d'un mail à Ben : tu as sans doute eu vent (hahaha) de cet article : "Le bruit des éoliennes menace-t-il la santé des riverains ? Cette question a priori surprenante est souvent soulevée par des associations opposées à l'implantation de ces machines de plus de 100 mètres de haut. A la suite d'une requête de l'Association pour la protection des sites des abers (Finistère) en mars 2005, l'Académie de médecine a étudié le sujet. Son rapport, rendu le 23 mars, devrait amener les milieux éoliens à se poser des questions." (la suite sur : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3228,36-755690@51-755822,0.html). Entre ça et l'intox (re-hahaha) sur la fumée de oinj plus nocive que celle des cigarettes, j'ai l'impression qu'il y en a qui profitent de ce que vous retenez le CPE à la porte, pour rentrer par la fenêtre...
29/03/06 (JT F2) : Un Chilien irradié subit a première vue avec succès une greffe de cellules souches qui doit permettre à sa peau nécrosée de se régénérer. Pour l'instant, la douleur, en principe impossible à calmer même à la morphine, aurait complètement disparu.
24/03/06 (JT F2) : Un Afghan condamné à mort pour s'être converti à une autre religion (le catholicisme). Dénoncé par ses parents, sympa. Une religion dont on ne peut sortir librement, c'est une secte.
Une bonne nouvelle : l'ETA annonce "un cessez-le-feu permanent". Espoir.
Enorme prise de cocaïne par des policiers. Enfin, mieux vaut dire "saisie", parce que "prise" ça prête à confusion (alors les gars, on soigne un petit coup de blues ?).
8/03/06 (JT F2) : chats touchés par la grippe aviaire. Seul le premier en est mort, chez les 3 suivants le virus a disparu et le chat a guéri. Ca sert d'avoir 7 vies.
Deux nutritionnistes font une découverte extraordinaire en faisant les courses : ça alors, les produits moins chers sont moins bons pour la santé. Le plus abruti des deux, qui est aussi le plus imbu de lui-même, dont le bouquin est passé en images subliminales au début du reportage, balance : "ça veut dire que les pauvres mangent moins bien que les riches ?" La recherche avance. Et ce rebelle de lancer à la face des méchants, depuis son fauteuil de cabinet-où-qu'on-voit-papy-mamy-qui-payent-beaucoup-pour-maigrir-un-peu : "[faire attention à ce que l'on mange] même si ça ne fait pas plaisir à certains, c'est augmenter sa longévité et sa qualité de vie". Le Florent Brunel de la bouffe.
Parité des femmes : en France malgré les beaux discours ça n'évolue pas beaucoup. Mais pour faire du journalisme objectif, on va comparer avec l'étranger : au hasard... l'Arabie Saoudite !! Histoire de rabattre le caquet de bobonne qui commençait à lâcher sa serpillère parce qu'elle écoutait le JT !
Abandon de la licence globale sur Internet.
Scoop scientifique : découverte d'une nouvelle espèce, une première : un crustacé velu ! La fibre scientifique germe dans l'esprit des enfants en primaire. S'ils continuaient à s'y intéresser par la suite, ils sauraient que la moule poilue existe depuis longtemps.
Et pour rester dans le registre, on clôture par l'annonce d'un film sur l'écrivain gay Truman Capote. L'un dans l'une dans l'autre...
28/02/06 (JT F2) : sans transition après le sujet sur Mme Humbert qui vient de bénéficier d'un non-lieu après avoir euthanasié son fils, on passe aux canards qui se font piquer... une vaccination contre la grippe aviaire.
24/02/06 (Gyao business) : Hiroshi MIKITANI, président fondateur en 1997 de RAKUTEN. A fondé aussi, en 2004, une équipe de baseball (les Sendai Eagles). Comme Horiemon, souvent présenté comme son rival, il ne porte pas la cravate.
14/02/06 (Gyao business) : Kazumasa TERADA, 41 ans, patron de SAMANTHA THAVASSA, qui a été listé à la Bourse de Tokyo (Mothers) en décembre. Prétention de devenir une marque mondiale. A fondé l'etp en 1994, parce qu'il en avait marre de travailler pour les marques des autres (importait des "petites" marques étrangères). Utilise Victoria Beckham pour la promo. Avantage par rapport aux marques "historiques" (LV, Hermes...) = possibilité d'une activité de vente par téléphonie mobile. Un autre Horiemon ? Prône une croissance "sans compromis" et porte la chemise 2 boutons ouverts. Poignée de main virile entre Japonais.
(je sais plus quelle newsletter en anglais sur le Japon ) : le Japon, laboratoire du monde : la délinquance juvénile recule, mais ce qui augmente, c'est la délinquance... sénile ! : désormais 10% des délinquants ont plus de 65 ans. La plupart du temps les délits commis par cette population qui se paupérise le sont pour l'argent.
9/02/06 LeFigaro/LeMonde : putain de Figaro. Histoire d'accompagner la nouvelle loi de Sarkozy, ils te balancent, en Une, et sans même faire semblant d'être neutres "EN 2005, 81 285 étrangers se sont installés en France pour motifs familiaux et seulement 11 467 pour motifs professionnels". Croisement avec les données du Monde : on s'aperçoit qu'en valeur absolue, les regroupements familiaux n'augmentent pas, et auraient même fortement diminué sur les 15 dernières années (loi Pasqua de 1993 et loi Sarkozy de 2003). De plus, plus d'un RF (non, c'est pas "République française"...) sur deux concerne uniquement le conjoint. Seulement 1 sur 4 conjoint + enfants. Par contre, les mariages donnant droit à un titre de séjour sont en explosion (dont combien sont des mariages blancs?).
Autre exemple : version Figaro = "Nicolas Sarkozy [...] pour un meilleur contrôle des flux migratoires" ; version Le Monde "Selon un rapport gouvernemental, l'immigration s'est stabilisée depuis 2004". Vraiment trop des bâtards !! L'approximation au service de l'idéologie. En fait, grâce à sa natalité dynamique, la France est, parmi les grands pays d'Europe, le seul où l'immigration ne joue pas un rôle majoritaire dans la croissance démographique.
Et Villepin qui n'a rien entendu des protestations dans la rue (c'est comme ça depuis Raffarin Ier...), décide de recourir au 49-III pour faire passer sa saloperie de CPE. BATARDS je vous dis !
6/02/06 Zapping : une personne prononce le mot "bombe" dans un stade de Manille. 73 morts, plus de 400 blessés dans la cohue qui s'est ensuivie. Putain faudrait que la mort ait la décence d'arrêter l'humour noir.
2/02/06 Figaro : le président de Mittal Steel (numéro1 de la sidérurie), le racheteur potentiel d'Arcelor (numéro2) est un indien qui s'appelle vraiment Monsieur Mittal. En tous cas il est pas doué en orthographe. Par ailleurs, le groupe Nippon Steel (numéro3) pourrait être le "Chevalier Blanc" d'Arcelor pour le sauver de cette OPA agressive. On a fait mieux, comme blanc. Un peu pisseux. En tous cas après Danone l'an dernier, c'est à nouveau le front commun, patriotisme économique et tout. Que va coûter cette mobilisation ? (au demeurant louable car elle pourrait permettre de sécuriser des emplois) Les cellules qui composent le capitalisme essaient de s'entretuer. Tendance du capitalisme à s'autodétruire ?
A part ça, l'Iran se fout de la gueule des "grands", pas du tout intimidé par les pressions pour qu'il abandonne son programme nucléaire. On apprécie toute l'efficacité du récent discours de Chirac sur les frappes nucléaires françaises (cf. 20/01/06).
31/01/06 France Inter, le 13h : juste après avoir annoncé que les chances de retrouver l'alpiniste Jean-Christophe Lafaille, le journaliste parle de la Coupe Dévisse... Et juste après encore, annonce de la rediffusion des Bronzés font du ski (comme promo des Bronzés 3). PUTAIN c'est pas possible que ce soit pas fait exprès !
30/01/06 France2 ; "L'Abbé Wiel refuse de participer à la curée [de l'audition du juge Burgaud, de l'affaire d'Outreau]"
29/01/06, France Inter, "Rue des Entrepreneurs". Une révélation : l'économie sociale. Si j'ai bien compris, ce sont des entreprises qui s'insèrent très bien dans l'économie de marché, sont viables économiquement, mieux, font des profits, MAIS la grosse différence avec le capitalisme "pur" (kapital über alles), c'est l'utilisation de ces profits : ils ne rémunèrent pas des actionnaires uniquement motivés par l'augmentation de leurs ressources, mais sont réinvestis pour servir une stratégie de moyen/long terme. Les salariés sont sociétaires : ce sont eux qui détiennent le capital de la société, ils élisent leur personnel dirigeant.
Ex : Chèque-déjeuner, les mutuelles... Ex d'une etp où les non cadres sont rémunérés au dessus du marché et les cadres en dessous. Ils l'acceptent car font partie d'un projet commun qui les séduit, auquel ils participent, qui les écoute et les respecte.
Ce modèle économique n'a pas vocation à remplacer le capitalisme classique, avec lequel il peut tout à fait être en concurrence par ailleurs, mais à cohabiter avec lui, ainsi qu'avec le secteur public, qui reste indispensable pour réguler et s'occuper de secteurs non rentables. Mais l'économie sociale a jusqu'ici été trop discrète, car n'a pas cherché à communiquer aussi bien que l'économie capitaliste et n'a pas su se doter de structures de financement aussi performantes.
Il faut lire davantage Alternatives Economiques.
C'est à rapprocher des entreprises capitalistes qui s'achètent une image en finançant des actions humanitaires, mais en fin de compte ne changent rien à leurs méthodes et leur raison d'être qui est de dégager le profit maximum pour rémunérer leurs actionnaires. La cause humanitaire est ainsi un moyen (=budget pub) et non un but. Ex : Danone, Microsoft, McDonald's... Au forum de Davos aujourd'hui (Le Monde), Bill Gates a aligné 600 millions de dollars pour la lutte contre la tuberculose, et Bono convainc les entreprises de financer les actions contre le sida en Afrique, en échange d'un label "humanitaire" sur leurs produits. C'est une façon cynique, et efficace -du moins à court terme- de profiter du système capitaliste pour servir des causes justes. Bien mieux que des belle paroles et intentions non suivies d'actes. Mais le capitalisme porte intrinsèquement en lui l'aggravation des disparités de revenu, qui sont à l'origine des injustices et frustrations, et la recherche de la richesse pour elle-même qui incite les détenteurs du pouvoir à maintenir les autres dans la merde. Ce n'est donc pas satisfaisant.
Triste mais à noter : "L'alpiniste Lafaille est porté disparu dans l'Himalaya". On peut dire qu'il est tombé dedans quand il était grand.
28/01/06 : beaucoup de battage en ce moment à propos de la législation française sur le téléchargement gratuit. Toute fin 2005, le Parlement a voté contre le projet du gouvernement de mise en place d'une "licence globale" = droit à payer pour pouvoir télécharger tout ce qu'on veut. Un équivalent de la redevance télé. L'argent de la licence serait redistribué à tous les artistes et maisons de disques pour compenser la perte des droits d'auteurs et ventes de disques (idem pour la vidéo). Je n'ai pas encore entendu l'argument que c'est injuste car tout le monde n'utilisera pas la licence (et parmi ceux qui le font, pas de la même façon), ça veut peut être dire que l'achat de la licence se fera sur une base volontaire, et pas automatiquement au moment de chaque contrat avec un fournisseur d'accès. De toute façon il semble qu'il s'agisse d'une mauvaise loi (définition d'une mauvaise loi : qui ne satisfait personne) et qu'elle doive être rediscutée.
Moi je ne téléchargeais pas jusqu'à récemment, mais je m'y suis mis cette semaine. Voilà comment je pense garder ma conscience propre : en musique, je ne télécharge que des titres individuels, pas d'albums complets. Et j'ai remarqué un truc avec certains morceaux téléchargés gratuitement : lorsque je les joue sur Media Player, en bas à droite s'affiche un lien qui me permet d'acheter l'album. Ainsi quelqu'un (les majors ? auto-discipline?) a trouvé pour le peer to peer une mesure pour moi tout à fait acceptable car non répressive et la pub est supportable. Les séries qui sont déjà passées à la télé ("24"), même si à la télé leur "gratuité" est réservée à ceux qui ont la chaîne Fox, et qui doivent se taper les pubs. Et des films de cul, pour les producteurs desquels je ne vais pas pleurer.
-sinon je viens de lire dans L'Express : le rite de tremper son croissant dans le café vient de la défaite de l'armée turque ("la Horde") à Vienne, fin XVIIe.
25/01/06, JT 13h France2 : vague de froid en Europe ; la production française de mimoza endommagée ; ah, et aussi, on allait oublier : 53 morts en Pologne
Très fort : le pétrole est devenu tellement cher que les forages français (ex : Seine et Marne) deviendraient rentables ! (coût d'exploitation = 2 MEUR / mois)
Energies renouvelables : géothermie : des tuyaux à 60cm de profondeur dans la terre suffisent pour capter sa chaleur ; utilisé comme énergie de chauffage
Le tourisme va bien, et encore mieux ; la France est toujours la 1ere destination mondiale, 75 millions de visiteurs / an ; tourisme culturel
Tennis : "Jean qui rit et Jean qui pleure" = Sébastien Grosjean et... Amélie Mauresmo.
20/01/06 : Ben Laden menace à nouveau les USA mais leur propose une trève sous conditions ; réponse des USA sans surprise : "on ne négocie pas avec les terroristes, on les anéantit". Vas-y, on te regarde. Et Chirac qui réaffirme l'importance de la force de dissuasion nucléaire de la France, au moment même où ce fou de Bachar-Al Hassad (Syrie) accueille à bras ouvertrs ce barge d'Ahmadinejad (Iran), en l'encourageant dans sa politique nucléaire.
Dans la série "des fois aussi y'a bon dans l'actu" :
JT FR2 19/01/06 : Un reportage sur la culture de la coca en Bolivie ; le journaliste s'appelle "Coq" / L'école de la 2ème chance pour se rescolariser quand on n'a pas le bac (1/3 de réussite) / La sonde New Horizons vient de décoller de Cap Canaveral direction Pluton ; arrivée prévue en 2015.
17/01/06. Et si les partisans du retour de la monarchie votaient Ségolène Royal ?
Putain de bordel de merde, la droite fait tout pour qu'on s'enferme dans un duel Sarko/Villepin, histoire de nous refaire le coup de 2002 avec un choix impossible au 2eme tour.
Lu dans "L'Express" du 17/11/05", interview d'un dignitaire du régime Jordanien : "Les fantassins auteurs d'atrocités sont le plus souvent les fruits pourris d'une majorité silencieuse". Le reste est du même acabit : très lucide et intellectuellement rafraîchissant.
Vu dans "Le Monde" interactif le 22/12/05 : un article signé "Philippe ASKENAZY". Je le propose pour le Guiness dans la catégorie "nom paradoxal" : ashkénaze ou nazi, y'a un moment il faut choisir son camp.
Matin du 20/12/05 toujours : hier j'ai vu dans le JT de France 2 un reportage sur les clowns d'hôpitaux, qui viennent coller leur nez rouge à celui des enfants pour leur faire oublier leurs malheurs par le rire ; qui est une thérapie excellente, valable pour plein de maladies.
Autre chose qui pourrait soulager très, très efficacement l'esprit des patients mâles en âge de procréer, ce serait un soutien sexuel : des infirmières ou plutôt des professionnelles extérieures à l'hosto (pour éviter tout un tas de problèmes) câlineraient, masturberaient et plus-si-affiniteraient les patients.
En dérivant le concept, au maximum du cynisme, les nazis auraient pu envoyer des clowns dans les camps de concentration pour soulager la détresse psychologique des déportés. Et pour ceux qui rigolent pas : une séance de chambre à gaz hilarant. Après tout "les Juifs ont de l'humour".
Matin du 20/12/05 : mamaji ; en tamil, "tonton" se dit "mama" et "ji" ajouté à la fin est une marque de respect ; en japonais, "ji" signifie "tonton" et est utilisé avec 2 marques de respect, une devant et une derrière (comme la queue), pour donner "ojisan". Et "mama" signifie "maman.
Dans la série "des fois aussi y'a bon dans l'actu" :
JT FR2 20/12/05 : les clowns d'hôpitaux, qui viennent coller leur nez rouge à celui des enfants pour leur faire oublier leurs malheurs par le rire.
JT FR2 12/12/05 : une Pakistanaise vient d'être sortie vivante de sous les décombres de sa baraque, détruite par le séisme qui a dévasté le Cachemire IL Y A DEUX MOIS. Sacré coup de pub pour Allah.
Actu du 11/12/05 : Sommet de HongKong (OMC). Sortie de KingKong (Peter Jackson). Dans les deux cas, c'est à la fois un jeu et beaucoup de cinéma. Mais l'un est voué à l'échec, l'autre au succès.
A 2 pas de là (Canton), la police chinoise tire sur des paysans qui manifestent, dans la répression la plus violente depuis Tiananmen. La France vient de fourguer 120 Airbus à Pékin. Vive la mondialisation.
News du 29/11/05 :
-des jeunes dans une cité dégradent un ascenseur. Sarko promet de réduire la fracture... sociale, elle.
-encore 2 séismes meurtriers dans le monde (Iran et Chine), faisant plus d'une dizaine de morts chacun ; et le Japon, jusqu'ici, ça va, jusqu'ici, ça va... Comme la vie : on passe la sienne à s'inquiéter pour elle en se foutant de celle de ceux qui crèvent pour de vrai.
Automne 2005 : A quelque chose malheur est bon : l'atterrissage en catastrophe du vol Air France au Québec, et la mort de 152 Martiniquais dans le crash d'un avion de la West-Caribbean, nous auront au moins permis d'entendre des accents français rigolos trop souvent boudés par les media.
Sunday, April 30, 2006
Friday, March 10, 2006
Sunday, February 19, 2006
L'Internationale des croûtons
Autre unité qu'il faudrait organiser : celle des vieux. Il ne me paraît pas normal qu'avec autant de personnes qui ont des problématiques communes (maladie, proximité de la mort, pensions...), leur pouvoir d'achat et la part du gâteau gâteux électoral qu'ils représentent, ils soient autant marginalisés. On ne les entend pas. Je veux dire : au niveau national. Ils ne défilent pas dans la rue, n'ont pas de lobby particulier qui défende leurs intérêts. Ca ne les empêche pas de râler, mais en général c'est contre leur belle-fille plutôt que contre le gouvernement ou le grand capital, pour des histoires assez mesquines concernant les effets néfastes de la météo sur leurs articulations rouillées ou contre la marmaille du quartier qui joue bruillamment au foot contre le mur de leur chambre. Ils ont pourtant forcément des revendications plus nobles et collectives. Mais j'ai l'impression que quand on vieillit, il s'opère un repli individualiste. Je peux comprendre ce choix individuel, à défaut de l'accepter : pour la plupart d'entre eux, ils sont fatigués, désabusés, et n'ont pas d'intérêt rationnel à se battre pour l'avenir. A leur âge, mieux vaut nourrir une espérance égoïste dans l'existence d'une vie après la mort, qu'une aspiration à l'amélioration collective de la vie terrestre.
Mais quand même, ils manquent sérieusement d'organisation collective. J'espère que ça viendra maintenant que les baby boomers arrivent en retraite. Cette génération a pris l'habitude de revendiquer - même si elle n'a pas vraiment connu le manque - et a été celle qui a le plus rêvé à un avenir pacifiste au milieu d'éternels champs de fraises.
Mais quand même, ils manquent sérieusement d'organisation collective. J'espère que ça viendra maintenant que les baby boomers arrivent en retraite. Cette génération a pris l'habitude de revendiquer - même si elle n'a pas vraiment connu le manque - et a été celle qui a le plus rêvé à un avenir pacifiste au milieu d'éternels champs de fraises.
Ce n’est spas par pur altruisme gérontophile que j’en appelle à une plus grande considération envers les vieux dans notre société mais surtout parce que ce serait du gâchis qu'ils soient parvenus jusqu'à cet âge si tout ce qu'ils ont vécu et appris ne servait à rien : autant de ressources en terme d'expérience, de savoir faire, de mémoire, de sagesse… Brassens a cette chanson célèbre "l'âge n'y fait rien à l'affaire : quand on est con, on est con". Offspring aussi (oui, j'ai des goûts musicaux assez variés...), dans son morceau "Elders", interpèle nos aînés qui passent leur temps à nous dire quoi faire mais qui feraient mieux de commencer à suivre eux-mêmes leurs propres conseils : "how does it feel to be like you?".
Je suis donc pour l'utilité sociale des vieux. Sinon on ne va pas les supporter ! Ni nos nerfs ni nos finances. L'idée est bien de les faire bosser après l'âge de la retraite. Ca les aiderait déjà à se maintenir en forme mentale. Et ils y trouveraient sans doute une certaine fierté. Je suis sûr qu'il y a plein de vieux qui se sentent inutiles et dépassés, et qui croient qu'ils ne peuvent plus rien apporter à la société. D'ailleurs s'ils n'ont pas conscience qu'ils sont une charge, il faudrait le leur dire pour les inciter à vouloir continuer d'apporter leur contribution positive. Sans aucune obligation bien sûr. En contrepartie, pour ceux-là qui ont envie d'aider, il faut leur leur faciliter la tâche. Ne serait-ce qu'en les faisant témoigner. Evidemment, pas de travaux physiques pénibles, ni de grandes responsabilités, ni d'horaires contraignants. Ca pourrait être des boulots de formation (soutien scolaire, intervenants dans les classes, les entreprises, les ANPE, les "banlieues"... les maisons de retraite aussi !), d'aide humanitaire de proximité, d'animation culturelle... Je pense que ça se fait déjà à une certaine échelle, mais le principe serait d’institutionnaliser et de faciliter ce système. Et même s'ils n'ont pas la pédagogie, les vieux peuvent être des témoins extrêmement précieux, ils sont des trésors vivants, grands ou petits, forts ou faibles, succès ou échec, ils ont tous un vécu dont on peut forcément apprendre. Comme chaque être humain, mais eux ils ont accumulé en moyenne plus de "valeur".
Je suis donc pour l'utilité sociale des vieux. Sinon on ne va pas les supporter ! Ni nos nerfs ni nos finances. L'idée est bien de les faire bosser après l'âge de la retraite. Ca les aiderait déjà à se maintenir en forme mentale. Et ils y trouveraient sans doute une certaine fierté. Je suis sûr qu'il y a plein de vieux qui se sentent inutiles et dépassés, et qui croient qu'ils ne peuvent plus rien apporter à la société. D'ailleurs s'ils n'ont pas conscience qu'ils sont une charge, il faudrait le leur dire pour les inciter à vouloir continuer d'apporter leur contribution positive. Sans aucune obligation bien sûr. En contrepartie, pour ceux-là qui ont envie d'aider, il faut leur leur faciliter la tâche. Ne serait-ce qu'en les faisant témoigner. Evidemment, pas de travaux physiques pénibles, ni de grandes responsabilités, ni d'horaires contraignants. Ca pourrait être des boulots de formation (soutien scolaire, intervenants dans les classes, les entreprises, les ANPE, les "banlieues"... les maisons de retraite aussi !), d'aide humanitaire de proximité, d'animation culturelle... Je pense que ça se fait déjà à une certaine échelle, mais le principe serait d’institutionnaliser et de faciliter ce système. Et même s'ils n'ont pas la pédagogie, les vieux peuvent être des témoins extrêmement précieux, ils sont des trésors vivants, grands ou petits, forts ou faibles, succès ou échec, ils ont tous un vécu dont on peut forcément apprendre. Comme chaque être humain, mais eux ils ont accumulé en moyenne plus de "valeur".
Pour finir, méditons l’expérience du Japon, laboratoire du monde en ce qui concerne les sociétés vieillissantes : les statistiques notent que la délinquance juvénile recule, mais ce qui augmente, c'est la délinquance... sénile ! Désormais 10% des délinquants ont plus de 65 ans... La plupart du temps les délits commis par cette population qui se paupérise le sont pour l'argent. Faites passer le message : ne laissons pas les vieux sur le bord du chemin, sinon ils vont nous rendre la vie impossible !
Inch' Allah by Allah Inc.
Alexandre Adler, le géopolitologue qui pède plus vite que son ombre, dans le bouquin qu'il a écrit pour que mes grands parents puissent me l'offrir ("Rendez-vous avec l'islam"), espère que face à l'islamisme mondialisateur va se dresser un modèle de démocratie musulmane porté par deux pays progressistes : Iran et Turquie. Autant pour ce dernier je dis pas, son besoin du soutien des USA et sa volonté d'entrer dans l'UE peuvent sans doute l'inciter à un certain pragmatisme. Mais l'Iran, pardon, avec ce barjo d'Ahmadinedjad qui reprend son programme nucléaire pour accélérer la solution finale en Israël ?!!
Malgré ça, la thèse de départ du bouquin sonne juste : le projet islamisme prend aujourd'hui le relai d'un projet pan-arabe qui a échoué. Il faut donc le remplacer, ou le faire renaître pour couper l'herbe sous le pied des radicaux. Mon idée, vague, d'unité arabe ce serait que justement c'est pas une unité musulmane. Si seulement ils pouvaient nous pondre une loi de séparation de la Mosquée et de l'Etat, et que la religion reste confinée à la sphère privée - parce qu'il y a partout des gens qui rêvent de démocratie, et la laïcité en est une condition - alors il faudrait trouver autre chose. Le monde s'organise aujourd'hui en blocs (USA, Europe, Chine...), l'espace arabe pourrait en être un autre. Prenons le cas de l'UE : ce bloc est porté par un projet politique en réaction à l'Histoire (la paix en Europe), organisé au départ surtout économiquement (CECA) et cimenté par une culture commune, religieuse certes (racines chrétiennes) mais pas seulement (féodalisme, Lumières...). De la même façon, pourquoi ne pas imaginer que le bloc arabe puisse être inspiré par le projet politique de retrouver sa grandeur passée, initié par des solutions concrètes à des problèmes économiques paralysants (eau, énergie), le tout dans le respect de son lien profond avec l'Islam, mais pas en son nom. Comme l'Europe, ça pourrait commencer par une alliance entre un petit nombre de pays "leaders", là ça rejoint peut-être l'idée d'A. Adler avec ses 2 gros pays qui peuvent s'apporter mutuellement pour servir ensuite de modèle, voire de locomotive, comme l'ont fait la France et l'Allemagne en leur temps.
Tiens faudrait voir si ça peut pas s'appliquer à l'Afrique aussi, mais là j'ai pas le temps, il faut que je rachète des yaourts.
Friday, February 17, 2006
Pourquoi je déteste les chainmails
Extrait d'un mail écrit à un pote...
(...) à la fin, comme TOUTES les "chaînes", t'incite à propager la chaîne pour qu'il t'arrive plein de trucs super, ça encore à la rigueur OK, mais en plus si tu fais pas ce qu'ils te disent ils te menacent carrément (genre "vous n'allez plus jamais niquer"). Je comprends tout à fait qu'on diffuse des blagues marrantes, j'aime bien même, mais les chaînes pour superstitieux, ben moi ça me gave, et j'explique pourquoi, et c'est pas la 1ère fois.
(...) à la fin, comme TOUTES les "chaînes", t'incite à propager la chaîne pour qu'il t'arrive plein de trucs super, ça encore à la rigueur OK, mais en plus si tu fais pas ce qu'ils te disent ils te menacent carrément (genre "vous n'allez plus jamais niquer"). Je comprends tout à fait qu'on diffuse des blagues marrantes, j'aime bien même, mais les chaînes pour superstitieux, ben moi ça me gave, et j'explique pourquoi, et c'est pas la 1ère fois.
Déjà la superstition c'est prendre les gens pour des cons, et ça m'énerve de voir que mes amis (qui ne sont pourtant pas des cons) se laissent prendre. Tant que ça reste leur problème, à la rigueur tant pis pour eux j'ai rien à dire, mais le principe même du "chain mail" c'est exactement comme un virus, il t'incite à polluer la boîte aux lettres des autres pour pouvoir bénéficier des effets "magiques" du mail. Si on réfléchit 2 secondes, ça revient à FAIRE CHIER LE MAXIMUM DE MONDE POUR SERVIR SON SEUL INTERET PERSONNEL. C'est donc même pas question d'y croire ou pas (et personnellement je suis convaincu que c'est de la connerie, j'en ai la preuve), c'est une simple question de RESPECT. Au passage, comme par hasard, les gens qui passent ce genre de mail sont en général ceux qui ne donnent jamais de nouvelles et ne répondent pas (ou peu) aux mails perso...
Voilà c'est dit !
Voilà c'est dit !
Sunday, January 29, 2006
Confidences de salon
La tisannière, satisfaite de son mari : "il est très bien mon thé", aurait-elle déclaré.
Saturday, January 28, 2006
TN 2006
(en photo : le marché de L'Isle-sur-la-Sorgue - cliquez dessus pour agrandir!)Et walla, walla, nouvelle année, une bonne résolution : un nouveau Tokyo News.
Qui débarque sans prévenir. Pourquoi maintenant et pas avant ? ou plus tard, ou jamais ? Ce sont des très mauvaises questions, je ne me remercie pas de me les être posées. Sans doute que j'attendais l'inspiration, et j'ai fini par me lasser. C'est toujours la même question au moment de s'atteler à la tâche : par quoi commencer ? C'était déjà terrible avant, devant les copies d'examen, m'enfin au moins il y avait une limite au temps imparti, à la quantité d'encre, au papier bien délimité avec ses carreaux et sa marge. Mais là, devant cette page virtuellement infinie, ces millions de pixels blancs, je vous dis pas l'angoisse. Alors rien à faire, il faut se lancer, laborieusement d'abord, puis de même que l'appétit vient en mangeant, que l'anémie vient en mangeant pas, que l'appéritif revient en rotant, que la petite vient en pleurant, l'"a" petit revient quand on désactive la touche "majuscules", que l'Amérique viendra en Iran, que l'amnistie vient en pardonnant, que l'amnésie vient en... euh, en quoi faisant, déjà ? que la bêtise vient trop souvent, et l'à-peu-près vient aux feignants, l'inspiration, elle, vient au tournant. En plus ce coup-ci c'est facile, il me suffit de commencer par vous souhaiter tout plein de bonnes choses pour 2006. Je crois que je ne vais plus écrire qu'une fois par an. Donc voilà, je vous souhaite, et de tout coeur, une magnirificobolante année à tous, je vous souhaite d'avoir plein de projets heureux et de vous donner les moyens de les atteindre et de recevoir le petit coup de pouce, de pied ou de cul, qui pousse au train quand on traîne les pieds.
Mon année à moi a commencé sous de belles étoiles. Celles du ciel pur et glacial de Provence, vitrifié par le Mistral qui gagne, rince la nuit et la fige dans un marbre polaire, au dessus de la terre bleutée de pleine lune pâle. A Lagnes, la baraque des parents est magnifique, enfin complète. Bien bourge et décorée avec bon goût. Le jour de l'an c'était le ski où qu'on s'caille, le chalet chaleureux, et le resto de montagne où qu'on s'éclate la rate à la raclette. Bref, la récidive de l'an dernier, avec quelques absents et des nouvelles têtes : Miss Fantastic (la femme invisible, qu'on a pu voir parce qu'elle était en vacances) et les jumelles (la rouge et la blanche). Mes autres souvenirs de ce séjour français sont noyés de festins hospitaliers : la fondue savoyarde chez les tailladés, le couscous chez les autres tailladés, la galette chez les cousins, le chili de l'anniv de Nini. Sans compter les restos, pas en reste, et le reste justement c'était tournée de la famille. Le dernier jour, visite au marché de l'Isle sur la Sorgue pour rapporter en souvenir des bouts de Provence à caler dans ma valise. Une fois encore, toutes mes confuses à ceux que je n'ai pas eu (ou pris) le temps de voir : Mehdi t'es toujours à Martigues ? Benjy, Bordeaux c'est pas tout près non plus faut dire, Cyril et Glad on est pas passés loin cette fois...
J'ai repris le taf mercredi. Comme je rentrais après tout le monde, il fallait raccrocher le train en marche mais l'activité est, disons, raisonnable. Il y a du neuf dans mon équipe : Nicolas, notre volontaire international / veilleur stratégique, après 2 ans à la ME (il était arrivé peu après moi), vient d'être remplacé par un autre jeune, Benoît. Première impression plutôt bonne. En plus de ça, on vient de prendre un stagiaire, qu'il va falloir gérer pendant 3 mois, mais il a l'air assez débrouillard. Sinon les 3 assistantes, Akiko, Asako, et Yoko, alias mes chères Charlie's Angels, sont toujours fidèles au poste. Je suis plein de bonnes résolutions à leur égard, alors j'espère que cette année se passera encore mieux que l'an dernier. Quant à ma boss Sylvie, son départ est prévu en avril, je devrais la remplacer au moins provisoirement jusqu'en septembre. Vous aussi, vous aimeriez bien savoir ce qui se passera après ?
Pour l'instant mon principal souci est d'encaisser le décalage horaire. Classique, je sais qu'il me faudra 2 semaines avant de m'en remettre complètement, mais pour l'instant ça me permet d'être sur pied à 4h du mat. Un peu dur quand il y a des réceptions au bureau où on a du mal à virer les Japonais qui s'accrochent aux petits fours jusqu'à dix heures du soir. Durant cette semaine déjà bien entamée, la ME organisait deux petites sauteries, une où mon bigboss, qui s'appelle Jean-Yves (comme Cousteau ou Lafesse, mais en moins marrant), nous a présenté ses voeux ; et l'autre c'était la même chose mais avec nos contacts extérieurs VIP, là un vieux Japonais m'a tenu la jambe, c'était même pas moi qui l'avais invité (il bosse pour la filiale locale d'Europcopter) et maintenant il veut m'offrir à boire le coup chez lui, paraît-il que je lui ai ouvert les yeux sur le fait que les femmes japonaises étaient matérialistes... Le weekend arrivé, j'ai dormi 18 heures d'affilée. 1 tour de cadran et demi. Je me suis réveillé samedi en fin d'après-midi tout dépité de découvrir ce qui me restait du weekend, avec cette compensation de voir Tokyo sous la neige, bien 10cm de coton, et ça continuait à tomber dru. Première fois, de mémoire, que ça tient aussi bien. La mégalopole y gagne en esthétique, ce qui n'est pas qu'un moindre mal.
La vie au Japon n'étant pas seulement synonyme de boulot -dans mon cas du moins, parce qu'il y a des énergumènes par ici... - je vais aussi pouvoir reprendre des activités sympas : taekwondo, foot sale (mini-football à 5 contre 5) avec Masa et ses collègues de bureau, cours de japonais avec ma prof/amie Kako, enseignement du français à sa fille (si ça continue je vais devenir ami avec toute la famille, il manque plus qu'ils me présentent la grand'mère, paraît-il "la plus mignonne mémé du monde"), et, avec un peu de motivation, tarot avec les copains. Enfin, ne boudons pas les plaisirs simples : en ces temps de frisquette, j'ai découvert le bonheur de se poser dans un café avec un bon bouquin, histoire de se réchauffer les extrémités (je vous en prie...), y compris le bout de la langue qu'on se brûle délicieusement en sirotant son "caramel macchiato" ou en lapant son "caffè (sic) latte". Un vrai remède au spleen, il suffit de se laisser couler dans l'ambiance feutrée par la buée sur les vitres, les boiseries dorées et les volutes du café (si seulement ça avait le goût de son odeur!). Quand on refait surface et qu'on lève le nez de son bouquin, y a de quoi se distraire rien qu'à regarder les gens vivre : jeunes femmes qui gloussent en se repoudrant leur petit bout de nez, lycéens gouailleurs et débraillés, hommes d'affaires somnolents, couples muets enamourés, songeurs ou absorbés chacun par leur téléphone portable. Personne ne s'engueule, on ne sent aucune tension. Si la folie pointe parfois, elle est douce. Aucune agressivité nulle part, même pas -surtout pas- de la part des employés. Le service est invariablement aimable, rapide, efficace et discret. Avec la petite phrase qui fait plaisir : "prenez votre temps". Souverain. J'en ai fait 3 rien qu'aujourd'hui.
Côté lisage (ou lecturation), récemment 3 bouquins qui se lisent bien :
-L'Histoire de Pi (de Yann Martel) : le fils d'un directeur de zoo indien raconte son aventure sur un canot de sauvetage seul avec un tigre adulte ; c'est savoureux tout plein, drôle, inventif, avec une fin extrêmement étrange, troublante...
-Le bizarre incident du chien pendant la nuit (de Mark Haddon) : un enfant autiste mène une enquête ; ça peut s'apprécier à tous les âges, et ça a le mérite de vulgariser la maladie : l'autiste est le héros mais pas le sujet de l'histoire.
-Les Ritals : Cavanna, fils de maçon italien, raconte son enfance dans la banlieue Est des années 30. Ah le petit Chianti qu'on boit dans les ruelles, en maniant la truelle, du côté de Nogent ! Je n'ai pas encore fini de lire. C'est poésie, nostalgie, déconnade, le style est un pur délice, j'ai vérifié dans le dico, le vrai mot que je veux dire c'est "truculent". A souhait. C'est Zola vu par un Doisneau égrillard, Pagnol cuisiné à la tomate et au basilic arrosé au Fernet Branca, la guerre des boutons sur les pavés, pour la plage tu repasseras, le tout dans une idéalisation nostalgique proche du Big Fish de Tim Burton. Comme disait Coluche, "c'est beau la misère, surtout quand c'est bien fait..." (avant d'ajouter "...pour eux!")
Coïncidence (?), ces 3 bouquins, fictions ou biographie romancée, ce sont 3 ados qui racontent chacun leur vie.
Côté visionnage, j'ai essayé de profiter du cinoche, comme à chaque retour en France. Lord of War (avec Nicholas Cage) était bien décapant. L'histoire d'un marchand d'armes prétexte d'un docu-fiction édifiant sur ce trafic qui ne connaît pas la crise. Plusieurs de mes potes ne l'ont pas trouvé assez cynique... c'est que je dois être bien naïf, mais faut pas exagérer, on a vu des productions hollywoodiennes plus angéliques. A propos, vous êtes allés voir le dernier Besson ("Angel A") ? C'est l'arnaque, hein ! Pas étonnant qu'il crève de trouille devant la critique au point d'avoir entretenu le mystère marketing. Pas con, Besson : empêcher les critiques de voir le film c'est en assurer la promo à risque à zéro, pour un produit qui vaut à peine plus, et vole tellement bas qu'il ne parvient à enculer que les mouches à merde qui daignent se poser sur lui. Bon, je m'énerve, mais je l'ai eue mauvaise d'engraisser à la fois Pathé et Besson pour cette double bouse (même si j'aime bien Jamel) !
Histoire de terminer sur une note positive, voici mes projets pour les semaines à venir : partir au ski (snowboard plutôt), m'essayer à l'enseignement du français commercial à des Japonais, trouver des potes qui voudront bien partager ces quantités gastronomiques de saucisson que j'ai réussi à passer à la douane, ranger ma piaule, nettoyer ma cuisine, répondre aux dizaines de mails en retard et classer diverses paperasses administratives.
Des brouettes de bisous à tous
Inch'Allah !!
Tuesday, January 17, 2006
Sahel
Il est tellement maigre, on peut même pas dire que c'est un squelette : y'aurait pas la place pour la moelle.
Sunday, December 25, 2005
ET N'OUBLIEZ PAS D'ETEINDRE LE FEU DANS LA CHEMINEE !

Konnichiwa les gens !
J'espère que ça roule et que tout le monde s'apprête à passer un bon Noël.
Comme vous le savez peut-être, dans un Japon qui compte moins de 1% de chrétiens, Noël est une fête absolument pas religieuse... mais très importante. Ce pays s'est approprié sans problème pas mal de fêtes complètement extérieures à leur culture : Noël, St Valentin, Halloween... A chaque fois, c'est la grand messe marketing. Ils sont forts ces Ricains. OK les consommateurs ici sont naïfs et influençables, mais on va éviter de se moquer d'eux, vu que l'image du Père Noël tel qu'on le connaît aujourd'hui, c'est quand même Coca Cola qui nous l'a imposée. Et puis si c'est si bien passé, c'est aussi que les Japonais sont preneurs de toute occasion de faire la teuf, institutionnalisée de préférence.
... qu'ils adaptent ensuite à leur sauce (de soja). La spécificité de Xmas (c'est comme ça qu'ils appellent Noel), c'est qu'ici la coutume veut qu'on le passe en couple. Célibataire, tant pis pour ta gueule ! Depuis quelques jours, la Tour de Tokyo, symbole phallique s'il en est, s'habille par intermittences d'un coeur rose. Si Noël est bien une fête de l'amour, ce n'est pas celui de Dieu avec les hommes, c'est celui des humains entre eux. Et moi qui croyais que le X de "Xmas" était une simple abréviation pour le Christ (en croix), il semble surtout que ça présage de la fin de la soirée. Bref, c'est un Noël pas pour les enfants ! D'ailleurs on ne voit pas de bon Papa Noël barbu et ventripotent dans les rues commerçantes, mais des jeunes filles habillées de bonnets et de costumes rouges à fourrure blanche, très courts, je vous dis pas les courants d'air en plein décembre. Une façon d'inciter le célibataire à consommer aussi (tu vois, on t'oublie pas!).
Heureusement pour cette année, j'ai trouvé un plan de rattrapage : je réveillonne avec une poignée... de Français (et francophones). On va faire les courses ensemble l'après-midi, puis cuisiner, s'offrir des cadeaux et se faire rire le bide avec tout plein de bonnes choses. La journée du 25, je vais peut-être aller voir Masa et sa petite famille, histoire de goûter à la chaleur d'un vrai foyer (sniff !).
Ensuite le 26 je bosse, je dois bien ça à la France... avant de partir en vacances la rejoindre pour une petite vingtaine de jours ! Pour la première fois, je vais prendre British Airways, j'aurai peut-être même le temps de croiser une copine à Londres, au milieu de mon changement entre les aéroports Heathrow et Gatwick (c'est un peu comme Roissy et Orly), ça va être simple ça encore...
Un petit mot du temps. La capitale seule semble avoir été épargnée par des chutes de neige exceptionnelles sur l'ensemble du pays. Une fois encore, tout le monde se plaint du froid. Moi je trouve que ça va bien, on a des journées magnifiques et même la nuit la température ne descend pas en dessous de zéro. Il fait bon dans mon petit appart, baigné chaque matin d'un soleil qui se prend pour l'ami Ricoré à s'inviter chez moi au petit déjeuner.
Mercredi dernier c'était test de Taekwondo. Vu ma souplesse de rhinocéros arthritique, c'était pas brillant, mais j'espère quand même qu'ils me fileront la ceinture jaune. Résultats le mois prochain. Le prof et l'ambiance sont sympa et je ne veux pas abandonner malgré des progrès jusqu'ici ridicules.
Je viens de terminer une biographie de Romain Gary. Un type qui a écrit plus d'une trentaine de romans et est le seul à avoir reçu 2 fois le prix Goncourt, en prenant un pseudonyme : Emile Ajar. Si vous ne connaissez pas encore cet auteur, jetez-vous sur "La vie devant soi" (écrit sous ce même pseudo). La biographie de ce type que j'admirais aveuglément m'a laissé perplexe. D'abord le personnage n'est pas du tout aussi sympathique que son génie littéraire me l'avait fait croire. C'était un affabulateur, un manipulateur, un mythomane égocentrique et hypocondriaque, un séducteur pathologique qui a cocufié ses femmes sans s'embarrasser de trop de scrupules, et qui lorsqu'il était Ambassadeur, a menti avec talent en défendant pour la France un discours colonialiste profondément à l'encontre de ses convictions.
Mais c'était aussi un angoissé chronique qui habillait d'humour sa véritable désespérance du genre humain et de la marche du monde, ce qui me le rend plutôt sympathique. S'il a fini par se suicider, je crois que c'est parce qu'il avait peur de vieillir, mais aussi c'est parce qu'il avait le sentiment d'avoir terminé son oeuvre, d'avoir accompli ce pour quoi il était venu à la vie. Ses tous derniers mots : "Je me suis bien amusé. Au revoir et merci." C'est ce qui s'appelle réussir sa sortie, non ?
Bon, perso heureusement, j'en suis pas encore là !
J'espère voir un maximum d'entre vous lors de mon passage en France (du 27 décembre au 17 janvier). En attendant...
Je vous souhaite à tous UN EXCELLENT NOEL avec de vrais morceaux de marrons dans le cul de la dinde et des éviers pas trop bouchés !
Aurélien
Les Juifs ont (intérêt à avoir) de l'humour
En cette journée de Noël, inspiratrice d'amour de l'humanité, me vient une définition de "l'Hollocauste" : système de voyages organisés par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale ; ça a surtout attiré les Juifs paske c'était pas cher. D'où le nom : "le low cost".
Thursday, December 08, 2005
Friday, September 30, 2005
Tuesday, September 20, 2005
Marche pas dans la mode, ça porte malheur
La mode a commencé lorsque les vassaux de tout poil ont cherché à imiter les atours du roi, inconsciemment pour s'approprier l'apparence du pouvoir, consciemment pour se faire bien voir de celui-ci. A part ça, rien ne prouve que la mode est affaire d'arrivistes et de lèche-culs.
Saturday, September 10, 2005
Tuesday, July 19, 2005
Tokyo News, HS juin 2005





Dans l’épisode précédent, votre héros se préparait à venir passer 2 semaines de vacances en Provence, soit le quota annuel de congés payés d’un Japonais. Il faut dire que, grâce à un sentiment de culpabilité savamment entretenu vis-à-vis des collègues, ils ne peuvent concevoir de passer plus de 3 jours consécutifs sans travailler. Moi-même, je culpabilise tellement que je me sens contraint à tenir une comptabilité rigoureuse de mes vacances : depuis 3 jours que je suis rentré, la température extérieure oscille entre 36 et 39 degrés. J’ai dormi en moyenne 9 heures par jour. Je me suis fait inviter 3 fois à la piscine, 1 baignade en bord de rivière, 2 barbecues. J’ai au compteur 2 indigestions, 3 insolations, et 1 méga coup de soleil cancérigène fluorescent dans le dos. Le bilan est nettement moins brillant côté fiesta et débauche : 0 gueule de bois à déplorer, 0 conquête féminine à célébrer. Je me rattrape par les loisirs : 5 films en salle. Il faut dire qu’avec la fête du cinéma, les places sont 6 fois moins chères qu’au Japon. J’ai vu, par ordre croissant d’intérêt : Brice de Nice (même ratage lors du passage à l’écran que Mr. Bean), Batman Begins (bof malgré la première partie), Les Poupées Russes (sympa en tous cas pour un célibataire qui approche la trentaine, vit entre deux pays, et doute sérieusement d’arriver un jour à se fixer sentimentalement), Garden State (un film américain mais beau et touchant), Sin City (à déconseiller aux personnes sensibles, mais terriblement réussi et original).
Mais place à votre feuilleton de l’été : voici le récit d’un récent périple de 4 jours avec 2 amies japonaises, chez les parents de l’une d’elles, qui habitent Kyushu (prononcer « kiouchou »). Des quatre îles principales du Japon, Kyushu est la plus méridionale, avec ce que ça implique de mer, de proximité culturelle avec la Chine et la Corée, et d’accent plein de soleil... C’est la terre de Fukuoka, de Nagasaki, l’autre martyre de la bombe 3 jours après Hiroshima (pour le message subliminal, c’est pile la date mon anniversaire^^). C’est le Japon où ont accosté les premiers étrangers occidentaux ayant visité ce pays (contrairement à une idée répandue, il y en a eu avant Saint François-Xavier, ce missionnaire du XVè ou XVIè, euh… arrondissement ?). L’île est à 6 heures de Tokyo en shinkansen, alors il vaut mieux prendre l’avion, c’est d’ailleurs moins cher. Les parents de cette amie japonaise, mi-fonctionnaires locaux, mi-agriculteurs, sont des Japonais des champs. Ils habitent ce que les Japonais des villes nomment « do-inaka » (= la « campagne profonde », avec la même légère connotation péjorative). Les habitations sont quand même regroupées en hameaux, rarement isolées.
La maison familiale est posée au milieu des rizières. Non loin, un torii (vous savez, ces portiques à l’entrée des lieux de culte shinto, un peu en forme de « pi (3,14) ») planqué dans un bosquet mène à un sanctuaire de bois sur pilotis, reconstruit après avoir brûlé à cause de collégiens maladroits qui y fumaient en cachette (je soupçonne l’histoire d’être suffisamment romancée ou rabâchée pour sa valeur morale). Le paysage général ne manque pas de charme, sans être non plus d’une beauté époustouflante : c’est plat, boueux, et en fait de végétation, au début j’ai cru qu’ils faisaient pousser des pylônes électriques. Quand donc se décideront-ils à enterrer les fils ? Pas demain selon toute apparence : outre les considérations de coût et les contraintes sismiques, les Japonais ne se montrent pas concernés outre mesure. Mes compagnons de voyage prétendent ne même plus voir les fils (ici, ignorer un problème suffit souvent à le résoudre ; c’est la méthode nia-coué, qui consiste à ignorer les inconnus dans un métro bondé pour rendre cette promiscuité supportable, ou encore ignorer collectivement un collègue pour le pousser à la démission). Ce qui n’empêche pas les cartes postales d’être retouchées pour ne pas voir tous ces câblages disgracieux.
Au Japon, la plupart des maisons individuelles sont entièrement reconstruites tous les 20 ou 30 ans, sur leurs anciennes fondations. Celle-ci a été refaite il y a 6 ans. Franchement grande pour un habitué des cages à lapins tokyoïtes. Le style est un savoureux compromis entre traditionnel et contemporain. La pièce dans laquelle nous dormons est sans doute la plus représentative du premier aspect : fusuma (portes coulissantes en bois) à chaque issue, décoration et mobilier minimalistes, omniprésence du bois, tatami (et les futons qui vont avec), butsudan (autel bouddhiste pour révérer les ancêtres) surplombé de grands portraits sepia des récents défunts de la famille, alcôve (dont j’ai oublié le nom technique) où l’on dispose certains objets de décoration en laque et de la décoration florale (ikebana). A côté de ça, ils ont des toilettes ultra modernes avec siège chauffant et jets nettoyeurs, un furo (baignoire) qui signale par quelques notes de musique que l’eau est à la bonne température, un détecteur à l’entrée qui gazouille pour accueillir tout visiteur (vite énervant vu les passages intempestifs du voisinage), de petites lumières à la base des marches qui s’allument automatiquement lorsqu’on s’approche de l’escalier... Cette « maison intelligente » est adaptée aux vieux « personnes à mobilité réduite », ce qui tombe bien car en plus des parents, elle abrite la grand-mère (« O-bâchan »). Enfin, le logis est protégé par deux chiens soi-disant de garde, sauf qu’ils sont remisés à l’arrière de la maison. Luna et Leo sont deux bons bâtards frère et sœur, gentils comme toutout. Pour l’anecdote, Leo c’est le verlan de mon diminutif japonais (Aurélien --> Auré --> Olé --> Leo). Ca a l’air tordu comme ça, mais la grand mère semblait prendre un malin plaisir à faire la confusion, par dyslexie ou taquinerie, je n’ai jamais trop su... Il faut dire que je suis vraiment très poilu pour les standards japonais (français aussi en fait).
Cette demeure très accueillante est un grand lieu de passage régulièrement visité par la famille (mon amie a un frère et une sœur, qui habitent dans le coin) et les voisins et amis qui y viennent pour échanger les derniers potins et troquer deux litres de lait contre un sac de riz ou es aubergines qui sont la fierté de la grand-mère et de son potager (en un seul mot). Outre la qualité de l’accueil qui m’a été personnellement réservé (d’autant plus touchant que je les devinais aussi intimidés que moi, sinon plus), j’ai apprécié ces relations si précieuses, cette économie « parallèle », loin des considérations de marketing et de rentabilité dans lesquelles je baigne au quotidien. Durant ces 4 jours, nous ne sommes pas restés cloîtrés dans la baraque. Certes ce fut le lieu de quelques agapes, siestes gratinées et autres sommeils de plomb même pas dérangé par la coassophonie des grenouilles alentours (avez-vous déjà entendu un crapaud qui fait le même bruit qu’un portable sur vibreur ? très déstabilisant…).
Mais nous avons aussi pas mal visité la région. 1er jour, la côte nord-ouest et Fukushima : balade en voiture le long des côtes découpées, déjeuner dans un petit port de pêche avec restaurant de fruits de mer obligatoire. Quelques tables surélevées sur tatami (pas assez de recul et de souplesse pour m’asseoir confortablement), autour d’un bassin où barbote un élevage de seiches. Nouvel essai : le « ikizukuri » de seiche. La pauvre bestiole est préparée et dévorée vivante ! C’est paraît-il une preuve de fraîcheur très appréciée des Japonais. Comme les huîtres chez nous. Sauf que c’est déjà pour ça que je ne mange pas d’huîtres crues (il faut dire que je n’ai jamais eu l’occasion non plus). Alors que le mollusque nous dévisageait de son œil humide et lançait des SOS en agitant les tentacules, les 3 Japonaises qui m’accompagnent se régalaient en grappillant de leurs baguettes les morceaux prédécoupés de sa couche supérieure blanche et caoutchouteuse. Moi je n’ai pas eu le cœur et ai attendu qu’il nous revienne en tempura (beignets frits).
2ème jour, le Mont Aso : le grand air, le grand vert, sans câbles électriques, si ce n’est ceux du téléphérique qui mène au sommet de ce volcan en activité. Là nous attend une vue spectaculaire : l’intérieur du cratère, ceint par la caldeira, une découpe naturelle particulière dans le rocher multicolore. Le lac quasi-asséché laisse apparaître le fond du cratère, d’où émanent des fumées épaisses et menaçantes. Un responsable du site nous explique que cela fait une dizaine d’années qu’il n’avait observé une telle activité. Une partie de la visite est fermée au public, car le vent y a porté ce matin des gaz toxiques. A midi, on essaie une spécialité locale, le « curry-volcan » : le riz est en forme de cratère, d’où déborde la sauce. Très bien pour faire manger les gamins. Je me suis régalé.
3ème jour, les canaux de Yanagawa : descente bien agréable sur une barque, chargée d’une douzaine de touristes et menée par un gondolier intarissable de chansons et d’histoires sur tel arbre à fleurs, telle muraille, tel jardinet… Nous sommes accompagnés d’une autre amie japonaise et de ses deux petites filles de 2 et 4 ans, Yui et Mami, assez sages et pour tout dire adorables. On me les colle dans les bras et je ne saurais dire lequel était le plus mal à l’aise. Pour le déjeuner, passage obligé dans un restaurant dont la spécialité est l’anguille. Après la seiche, c’est la deuxième fois que je mange un plat auquel je m’étais pourtant juré de ne plus goûter, et que je suis agréablement surpris.
Le dernier jour, la jeunesse a été un peu mise à contribution pour la culture du riz. Il s’agissait juste de transporter les plants de riz (« ine ») élevés en pépinière jusqu’aux rizières (« tambo »). Etant l’un des rares initié aux vitesses manuelles, on m’a fait conduire un « keitora » (de « kei » qui signifie « léger » et « truck », camion ; encore un exemple de l’appropriation de l’anglais par le japonais pour créer quelque chose de complètement nouveau). Cette camionnette a deux places à l’avant et une benne à l’arrière (important pour la suite). Je fais mon baptême de conduite en vitesses manuelles avec volant à droite (on s’habitue vite, une fois qu’on a remonté et descendu 2 ou 3 fois sa vitre en cherchant à passer la seconde). Les copines m’ont assuré qu’il n’y avait aucune chance de se faire arrêter, il n’y a pas de policiers dans le coin. Ca faisait environ 3 minutes que je conduisais, j’avais déjà pris assez d’assurance pour faire des zigzags à 80 sur une route limitée à 40 pendant qu’une amie faisait l’idiote dans la benne à l’arrière, lorsque « pippipîîî », coups de klaxon : un motard qui nous fait signe de nous ranger sur le bas-côté. Sa mobylette crottée fait penser à un postier, si ce n’est la boîte en plastique posée sur le porte-bagages où est écrit « POLICE ». Il est ce qu’on appelle « O-mawari-san », l’îlotier protecteur d’une zone déterminée, et qui, dans cette campagne, doit sérieusement se tourner les pouces. Il commence à réprimander la copine dans la benne et demande les papiers du véhicule et du conducteur. Lorsque je descends, il pâlit : je dois être le premier étranger qu’il voit d’aussi près. Pour vous donner une idée, mon amie est une célébrité dans son village pour avoir vécu à l’étranger (Monaco) et parler anglais et français. O-mawari-san, qui ne doit pas avoir plus de 20 ans, a plutôt une bonne tête (pâle) mais je n’en mène pas large : complètement en vacances, j’ai laissé à la maison tous ces trucs qui d’habitude ne me quittent jamais : montre, téléphone portable et papiers. De toute façon, je n’ai que la photocopie d’une traduction de mon permis de conduire, dont je sais pertinemment qu’elle est périmée. Le policier commence à vouloir noter mon nom sur un calepin, mais il se décourage dès le prénom (déjà imprononçable pour les Japonais francophones). Puis il bafouille quelque chose à propos du permis international et avance timidement l’idée qu’il faudrait peut-être faire les vérifications qui s’imposent. Il appelle des renforts mais la voix féminine à l’autre bout de son portable, si elle l’interroge sur mes nationalité, sexe, profession… (toutes considérations dont j’imagine mal en quoi elles rentrent en compte dans le code de la route) ne semble pas plus au courant que lui de la marche à suivre dans ce cas particulier. C’est bientôt l’heure du déjeuner et O-mawari n’a pas l’air motivé pour faire le déplacement jusqu’à la maison, surtout pour effectuer un contrôle dont il nous avoue « ne pas très bien connaître » les tenants et aboutissants. La menace est passée. Reste au policier à sauver la face : il nous annonce sans rire que s’il nous laisse partir sans contravention, il s’agit bien d’un avertissement. Nous voilà rassurés sur l'efficacité de la police. Et moi qui ai failli croire que son incompétence et sa feignantise l’avaient lamentablement incité à fermer les yeux sur une série d’infractions flagrantes ! Nous nous empressons d’acquiescer en chœur. Il était temps de repartir, car inquiétée par notre retard, O-bâchan était déjà partie à notre rencontre dans sa « mémémobile », une chaise électrique améliorée, avec phares, clignotants, rétroviseur, panier à provisions, qui lui assure une bonne mobilité jusque dans les champs alentours ! Tout est bien qui finit bien, et on s’est marrés tout l’après-midi en se remémorant l’épisode.
Voilà c’était un TN un peu spécial, un hors-série « Lagnes News » (pour ceux qui ne connaissent pas, Lagnes c’est le petit village provençal où habitent mes parents, mon « do-inaka » à moi). J’espère que ça vous a plu, et vous dis à bienture pour de nouvelles aventôt.
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